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Rockwell veut privilégier les ventes directes à Airbus et Boeing

Supprimer les intermédiaires tels que les compagnies aériennes, telle semble vouloir être la nouvelle stratégie mise en avant par l’équipementier aéronautique Rockwell.

Souhaitant également profiter de sa nouvelle position de taille après l’acquisition de B/E Aerospace, pour négocier directement avec les géants que sont Airbus et Boeing, Rockwell Collins va s’efforcer de vendre davantage de sièges et d’intérieurs directement aux constructeurs aéronautiques plutôt qu’aux compagnies aériennes. C’est en effet ce qu’a déclaré jeudi son directeur général Kelly Ortberg.

S’exprimant dans le cadre d’un entretien à Reuters, le dirigeant a ainsi déclaré qu’il s’agissait
d’un domaine où Rockwell pensait « pouvoir proposer davantage d’équipements standard aux constructeurs”, aéronautiques. Il estime par ailleurs que son entreprise « peut faire plus avec Boeing », le géant menant actuellement une étude en vue de déterminer quelles parties d’intérieurs pourraient être standardisées. “J’ai l’intention de proposer des offres d’équipements standard à tous nos constructeurs”, a ajouté Kelly Ortberg.

Pour rappel, en 2016, Boeing a sélectionné Lift, une entité du groupe californien EnCore, comme fournisseur exclusif de sièges pour sa famille 737, dont le 737 Max 9, lequel a effectué jeudi son premier vol d’essai, nous en reparlerons.

Si jusqu’à présent il revenait aux compagnies aériennes d’acheter les sièges des appareils, les retards récurrents dans les livraisons ont amené Boeing à réaliser lui-même cette opération pour permettre de pouvoir les installer à temps. Mais qui dit moins d’intermédiaires, signifie également volumes de vnets plus important permettant de peser dans les négocations. De plus, dans un contexte de réductions des coûts et de tentative de maintien des marges, cette stratégie s’avère plus payante pour les équipementiers, sans compter sur les gains de productivité inhérents à une fabrication à grande échelle.

Cette déclaration intervient à l’annonce faite jeudi de la finalisation de son acquisition de B/E Aerospace pour 8,6 milliards de dollars (8,1 milliards d’euros), opération qui renforce son exposition sur ce marché. Via cette opération, Rockwell Collins étoffe ainsi son offre de produits pour l’aviation civile et l’aviation d’affaires, élargissant parallèlement sa base de clientèle à l’international.

Les produits des deux groupes sont complémentaires. Rockwell est spécialisé dans l’avionique et surtout connu pour ses systèmes de contrôle de vol et de connectivité des cabines, tandis que B/E Aerospace, concurrent du français Zodiac Aerospace, est un fournisseur de sièges et d’autres équipements pour la cabine. Compte tenu du faible recoupement de leurs lignes de produits, Rockewell privilégie ainsi la diversification de son portefeuille d’activités à la recherche de synergies. Ces dernières sont néanmoins estimées à 125 millions de dollars après impôts, plus «un gain annuel de 60 à 90 millions de dollars sur les coûts d’approvisionnement pendant six ans».

Certains analystes considèrent toutefois cette stratégie quelque peu risquée alors que la nouvelle structure ainsi constituée devra faire face à un ralentissement de la demande de la part de Boeing ou Airbus, après des années de commandes records.

Reste que les pressions sur les prix exercées par ces mêmes grands avionneurs accélèrent à l’heure actuelle les rapprochements de leurs équipementiers. En l’absence de nouveaux programmes d’avions et compte-tenu de la faiblesse relative prix du baril - n’incitant pas à se tourner vers de nouveaux appareils moins consommateurs d’énergie –  les compagnies aériennes sont peu enclines à commander de nouveaux appareils. Dans un tel contexte, les avionneurs cherchent davantage à se différencier via le prix de leurs avions. Pour ne pas être contraints de réduire leurs marges, ils exercent une pression accrue envers les équipementiers. Ces derniers n’ont alors d’autres choix que de se regrouper pour pouvoir absorber cette baisse des prix.

« En l’absence de nouveaux programmes, la compétition au cours des prochaines années va se faire sur les prix et donc sur les gains de compétitivité », déclarait ainsi en mars 2016 Patrick Daher, président de l’équipementier aéronautique Daher. Ajoutant alors que « Airbus et Boeing » avaient « déjà fait savoir qu’ils attendaient de leurs fournisseurs des baisses de prix de l’ordre de 10% à 20% à un horizon de 3 à 5 ans. »

Sources : Reuters, Rockwell, La Tribune, Les Echos, Challenges

Elisabeth Studer – 14 avril 2017 – www.leblogfinance.com

A lire également :

Rachat de B/E Aerospace par Rockwell : l’UE devrait donner son aval sans conditions

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4 commentaires

  1. retrouvé le retour 10 juin 2017 à 22:51

    Je déteste les sièges baquets de tous types !! Si c’est cette pourriture qui est vendue par cette équipe de pingouins, je cherche une compagnie pour voyager debout !!

  2. Elisabeth Studer 11 juin 2017 à 00:44

    les pingouins ne peuvent pas s’asseoir !!!!!!!

  3. Elisabeth Studer 11 juin 2017 à 00:47

    sur le sujet, un livre que je vous recommande !!!
    http://aucafelitterairedeceline.over-blog.com/article-le-pingouin-d-andrei-kourkov-114890466.html

    a lire entre les lignes …. :-)

  4. retrouvé le retour 11 juin 2017 à 10:57

    Le problème c’est que sur les longs trajets les sièges du Boeing sont des destructeurs de colonne vertébrale et pas uniquement dans la “bétaillère” et là encore personne ne sent rien !!

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