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Israël frappée par une pénurie d’eau douce, le lac de Tibériade au plus bas

L’information pourrait paraître presque anecdotique parmi le flux immense de nouvelles dont nous sommes assaillis chaque jour, et pourtant …. Un responsable de l’Autorité de l’Eau d’Israël a indiqué mardi que le niveau du lac de Tibériade – la principale réserve d’eau douce du pays – avait atteint son niveau le plus bas depuis un siècle après plusieurs années de sécheresse. De quoi impacter la géopolitique mondiale alors que la bataille de l’eau  constitue d’ores et déjà un des enjeux cruciaux du 21ème siècle.

“La situation est grave, après quatre années consécutives de pénurie de pluies, le lac est descendu à son niveau le plus bas depuis un siècle”, a ainsi affirmé Amir Givati, de l’Autorité de l’Eau à la radio militaire. La pénurie d’eau touche surtout “l’agriculture, l’environnement et la nature” dans le secteur situé autour du lac. Le niveau de l’eau est même est à 20 cm en dessous de ce que les experts qualifient de “ligne rouge”, et considèrent comme le niveau minimal. Le lac de Tibériade s’étend sur 160 km2. Il est situé à 200 mètres au-dessous du niveau de la mer. Un projet pour alimenter toute cette partie du nord d’Israël est en cours d’examen a tenu à préciser Amir Givati, estimant que cela constituait le défi des années à venir.

Mais situation plus redoutable encore, cette sécheresse “régionale affecte l’ensemble du Moyen Orient” selon le responsable. Le pays puise dans ses réserves en eau douce, qui souvent alimentent aussi ses voisins, créant des tensions régionales. La question de l’eau revêt en effet un caractère géopolitique notable dans les relations entre Israéliens et Palestiniens et constitue un enjeu de premier plan dans la résolution du conflit.

Le Proche-Orient est une zone géographique qui connaît ce que les experts appellent, une situation dite de « stress hydrique », c’est-à-dire un déséquilibre structurel entre son capital en eau limité et sa consommation, en très forte croissance compte tenu de son rythme démographique et de son développement économique.

La question de l’eau influe grandement sur les relations entre Israël et les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, les tensions prenant leur origine dans une disparité flagrante de consommation entre ces deux communautés qui partagent les même sources d’approvisionnement en eau.

Certes le problème demeure moins préoccupant pour le reste d’Israël, cinq usines de dessalement de l’eau de la mer y ayant été construites le long de la côte méditerranéenne. Cette eau est ensuite acheminée par un réseau de canalisations dans l’ensemble du pays à l’exception de la région du lac de Tibériade, compte-tenu de ses potentialités. Les trois quart de l’eau potable consommée par les ménages israéliens proviennent de ces usines de dessalement. L’objectif affiché est une augmentation de la production des usines de désalinisation de plus de 50% entre 2015 et 2020.

A elle seule, l’usine de Sorek, inaugurée en 2013 au sud de Tel-Aviv, couvre 20% des besoins du pays. En partie financée par des fonds européens, il s’agit de la plus grande usine du monde, avec une capacité de 150 millions de mètres cubes d’eau potable par an. Mais cette technologie coûte jusqu’à dix fois plus cher que de pomper l’eau dans les nappes phréatiques. Elle est aussi très gourmande en énergie : il faut au minimum 3,2 kilowattheures pour obtenir 1000 litres d’eau potable, ce qui représente la moitié des coûts de production. En outre, l’usine génère chaque jour plus de 30 tonnes de déchets, des saumures dont la plupart sont mises en décharge et 7% rejetées à la mer.

Sources : AFP, 24heures.ch

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4 commentaires

  1. Elisabeth Studer 9 mars 2017 à 14:54

    Attention à la pénurie aussi en France
    A cause d’un déficit de 50% de la pluviométrie par rapport aux normales saisonnières, la Préfecture du Gers demande aux habitants et aux professionnels d’être vigilants sur leur consommation d’eau. Les débits des cours d’eau et les recharges en eau sont également en baisse.

    Si vous habitez dans le Gers : économisez l’eau ! C’est le message de la préfecture. Depuis le début de l’automne les précipitations sont 50% inférieures aux normales.

  2. Elisabeth Studer 9 mars 2017 à 14:54

    La situation est particulièrement préoccupante dans le nord et l’est du Gers, notamment sur des secteurs à cheval sur le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne et les Landes.

    Ce déficit se voit par la recharge des nappes en dessous des normales, et “l’indice d’humidité du sol n’est pas à la hauteur”, explique Guillaume Poincheval de la DDT (Direction des territoires).

    Les réserves de haute montagne et de coteaux permettent aujourd’hui d’alimenter normalement les cours d’eau mais sur les bassins versants autonomes comme l’Auzoue, la Gélize, le Midour ou la Douze, les ressources en eau sont moindres car elles ne sont pas en relation avec le canal de la Neste plus à l’ouest.

    La sécheresse se mettra en place en fonction de l’hydrologie du printemps.

    Rien de grave pour l’instant, mais s’il ne pleut pas suffisamment dans le semaines qui viennent la situation sera très préoccupante avant même la période estivale. La Préfecture lance un appel à vigilance dès aujourd’hui, alors que l’an dernier, c’est au mois d’août qu’on demandait aux Gersois d’économiser l’eau.

    Une utilisation économe de l’eau

    La Préfecture, mais aussi la Chambre d’agriculture et le Conseil Départemental recommandent donc aux professionnels (agriculteurs, entreprises) mais aussi aux particuliers d’avoir une utilisation économe de l’eau (jardinage, loisirs).

  3. ES 11 mai 2017 à 12:55

    merci à celles et ceux qui ont fait remonter l’info !!!
    encore une fois un dossier stratégique passé aux “oubliettes” de bon nombre de medias.

  4. ES 11 mai 2017 à 12:58

    mais article très lu sur le blog à l’heure actuelle, merci encore !!! car le sujet risque d’etre très virulent !!!

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