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Pas de changement au capital de Renault-Nissan tant que l’Etat y sera présent selon Ghosn

Qualifiant lui-même de soap opera l’affaire des des droits de vote doubles et la discussion avec le gouvernement qui en a découlé, Carlos Ghosn vient de déclarer que la structure du capital de l’alliance de Renault-Nissan ne changerait pas tant que l’Etat français resterait au capital du constructeur, Nissan s’y étant très clairement opposé. Selon lui, les Japonais n’accepteront jamais de faire partie d’une entité où l’Etat français serait actionnaire d’actifs japonais.

Il répondait ainsi aux interrogations concernant d’éventuels changements dans la structure de l’alliance lors d’une conférence de presse avec des analystes financiers, en marge de la présentation des résultats de Renault pour 2016.

Carlos Ghosn a toutefois affirmé que si l’Etat français décidait de se retirer, tout était « ouvert », laissant même entendre que cela « ne traînera pas. »

Ces propos font suite au véritable bras de fer auquel se sont livrés Renault- Nissan et son principal actionnaire durant l’année 2015, suite à la décision de l’Etat en avril 2015 de porter sa participation dans Renault de 15% à 19,7 % en vue d’obtenir les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.
L’opération avait fortement déplu à Nissan qui, compte-tenu de la réglementation ne dispose pas de droits de vote chez Renault, même si son activité représente à l’heure actuelle environ le double de celle de son partenaire.

Si le climat s’est quelque peu apaisé depuis décembre 2015 grâce à l’obtention d’un compromis, le PDG de Renault estime toutefois que la relation demeure compliquée, la qualifiant néanmoins de constructive.

Pour rappel, Renault et Nissan, alliés depuis 1999, demeurent deux entreprises distinctes. Renault détient 43,4% du capital du groupe japonais, tandis que ce dernier contrôle 15% de Renault. Ce montage très peu fréquent dans le monde automobile est à l’origine de fréquentes spéculations sur un rapprochement plus étroit, la formation d’un groupe consolidé étant souvent envisagée, un tel scénario semblant encore plus probable depuis que Nissan s’est emparé de Mitsubishi.
Depuis 2014, Renault et Nissan partagent les fonctions ingénierie, fabrication et logistique, achats et ressources humaines, un partage qui aura permis en 2015 des gains de synergie de 4,3 milliards d’euros .

Désormais le statu-quo est de mise : si l’Etat a promis de céder les titres acquis pour l’occasion, il conserve néanmoins le bénéfice des droits de vote doubles uniquement dans le cadre des sujets stratégiques et pas en ce qui concerne les questions opérationnelles. Nissan a parallèlement obtenu des engagements sur l’influence future de la partie française.

Reste que dans un rapport publié le 25 janvier dernier, la Cour des comptes a sévèrement jugé la politique de l’Etat actionnaire, y compris chez Renault, son président, Didier Migaud, regrettant notamment que « l’Etat continue souvent de confondre tutelle et actionnariat ».

Sources : Reuters, AFP

Elisabeth Studer – 12 février 2017 – www.leblogfinance.com

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2 commentaires

  1. retrouvé le retour 13 février 2017 à 22:08

    Banzaï, c’est quoi cette affaire libanonippone ? Il suffit de trouver des exemples malins pour mettre en grande difficulté cet argumentaire nigaud. Existe-t-il d’autres états qui sont partie prenante dans des entreprises nippones ? Dans le nucléaire par exemple ?

  2. retrouvé le retour 13 février 2017 à 22:12

    On oublie, Okinawa et ses femmes violées par les boys !! et surtout  » l’ Oriental Exclusion Act « 

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