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180 mds USD pour adapter le réseau électrique US au changement climatique : de quoi rendre Trump moins sceptique

Elément que le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump n’avait pas pris en compte … selon des chercheurs, le réseau électrique US pourrait à terme être grandement affecté par le changement climatique … et pourrait même d’ici la fin du siècle ne plus être en mesure de répondre à la hausse des journées de canicule générée par les perturbations du climat.

Selon une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l’académie des sciences (PNAS), l”investissement nécessaire pour accroître les capacités des infrastructures électriques du pays pourrait atteindre 180 milliards.

Ironie du sort en quelque sorte pour celui qui estime même comme incongrue l’idée d’un réchauffement climatique …. sauf quand cela pourrait impacter ses biens personnels et notamment son complexe hôtelier et son golf situés dans un village irlandais et impactés par l’érosion liée au changement climatique, nous y reviendrons.

“Dans la mesure où le réseau électrique est construit pour répondre à une demande maximale, les résultats de notre étude ont des implications importantes pour la construction des futures capacités nécessaires pour répondre à ces poussées de consommation”, souligne ainsi une étude dirigée par des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley. Laquelle Californie cherche à faire sécession soit dit en passant  …

Leurs analyses ont également permis d’établir que la consommation électrique varierait selon les régions des Etats-Unis, deuxième plus gros producteur et consommateur d’électricité après la Chine à l’heure actuelle.

Si l’on peut s’attendre à une baisse de la demande dans le nord-est du pays, compte-tenu de la diminution prévisible de jours très froids en hiver, elle devrait en revanche s’accroître dans le sud et le sud-ouest, régions qui devraient être confrontés à des périodes de canicules de plus en plus nombreuses.

Au final, selon le modèle mathématique utilisé par les scientifiques, la consommation moyenne annuelle d’électricité devrait augmenter d’environ 2,8% d’ici 2100.

Les chercheurs estiment ainsi que si la consommation de pétrole et de charbon maintient son rythme actuel, sans qu’aucun effort ne soit fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en découlant, les besoins électriques des Etats-Unis pour faire face à cette poussée de la demande pourraient augmenter de 18% d’ici la fin du siècle par rapport à aujourd’hui. Situation qui devrait nécessiter un investissement de 180 milliards de dollars pour pouvoir y faire face, les coûts ainsi calculés intégrant la production d’électricité elle-même mais également la capacité, le stockage et le transport.

“Ces estimations montrent bien que les études actuelles qui se concentrent exclusivement sur la consommation électrique ignorent une grande partie des coûts probables du changement climatique”, soulignent encore l’étude. Laquelle estime par ailleurs que l’exploitation grandissante de l’énergie solaire peut permettre de satisfaire une partie de cette hausse de la demande électrique.

Une étude qui devrait faire réfléchir Donald Trump qui a qualifié le réchauffement climatique de « canular » …. Le jour même de son arrivée à la Maison Blanche, le nouveau président américain avait déjà entrepris d’enlever des sections complètes du site web de la Maison-Blanche. Certaines priorités du gouvernement Obama comme les droits civiques ou les changements climatiques ne figurent plus dans la section Issues («enjeux») du site officiel du gouvernement américain.

- Quand Trump veut bâtir un mur … en Irlande pour lutter contre les éléments et  le changement climatique 

Reste tout de même que le milliardaire sait reconnaître l’existence du réchauffement climatique quand cela arrange ses « affaires ».

Pour protéger ses installations – complexe hôtelier et golf en Irlande – de l’érosion liée au changement climatique, Donald Trump projetait ainsi de construire un mur colossal. Mais le groupe Trump a du reculer face aux opposants, la plage de Doughmore, sur la côte ouest de l’Irlande, étant un site très apprécié des surfeurs et des amoureux de l’Irlande sauvage. Les militants ont expliqué que la construction de cette barrière allait « détruire l’habitat que représente la dune sableuse, restreindre les possibilités d’accès du public, affecter la qualité des vagues, et, à terme, faire disparaître la plage ».

Grâce à leur mobilisation, le « mur de Trump » ne défigurera pas la plage de Doughmore. Avec 2,8 km de long, 5 m de haut, 200.000 tonnes de pierre, pour un coût de 10 millions d’euros, l’ouvrage devait protéger le golf du milliardaire de l’érosion provoquée par les tempêtes atlantiques. Mais le 6 décembre 2016, le directeur du Trump International Golf Course  a du se résoudre à annoncer l’abandon du projet, arguant que les études scientifiques demandées par les autorités locales retarderaient la construction « de trois à quatre ans », alors que la « menace » de l’océan n’attendait pas.

Le directeur du Trump International Golf Course a indiqué à l’Irish Times que le nouveau projet de protection du golf sera bien plus modeste et « ne se verra pas ». Reste que selon les arguments invoqués par les représentants du groupe Trump auprès des autorités locales pour défendre leur mur, le golf doit être préservé des conséquences du changement climatique, notamment « l’augmentation du niveau de la mer et de la fréquence des tempêtes ».

Sources : AFP, reporterre, Presse irlandaise

Elisabeth Studer – 7 février 2017 – www.leblogfinance.com

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9 commentaires

  1. SimonB 8 février 2017 à 16:01

    Je tombe des nues…si je m’attendais à ce que ce blog d’habitude emprunt de discernement et si peu prompt à suivre la masse tombe dans le “Trump bashing” le plus élémentaire…
    Tout d’abord, l’étude dont question comporte pas mal de “si”, ce qui la rend éminemment interprétable; ensuite, le passage des réseaux électriques traditionnels (en arborescence) vers un format “grid” indispensable à la prise en compte des productions individuelles via panneaux solaires m’apparaît comme grandement responsable des surcoût que les transporteur auront à subir à l’avenir (et qu’ils n’hésiterons pas à nous refacturer). Enfin, l’hystérie entourant la sortie du nucléaire en Europe aura pour conséquence directe un recours accru aux centrales thermiques (gaz et charbon), les alternatives éoliennes et solaires étant loin de pouvoir jamais prendre la relève. Bref, à force de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes au niveau des solutions envisagées, on se dirige de plus en plus aveuglément dans le mur (perte d’autonomie énergétique, surcoût liés non seulement l’évolution des réseaux, mais également des besoins électriques croissant dont le transport tout électrique ne sera pas le moindre responsable. Mais, bien sûr, “tout ça c’est la faute à” Trump…et à Poutine qui lui voit certainement d’un bon œil nos besoins grandissant en gaz russe!

  2. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 18:24

    je ne dis pas que c’est “la faute à Trump” mais qu’encore une fois , il ferait mieux d’étudier les dossiers avant de dégainer.

  3. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 18:24

    et revoir sa vision concernant le réchauffement climatique

  4. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 18:25

    en attendant les Chinois vont-ils racheter le réseau électrique US ? that’s the vraie question

  5. ES 8 février 2017 à 21:35

    Climat: deux anciens secrétaires d’Etat républicains proposent une taxe carbone

    Washington – Deux anciens secrétaires d’Etat républicains et plusieurs personnalités du même camp proposent l’instauration d’une taxe carbone pour lutter contre le changement climatique, dans des tribunes publiées mercredi dans le Wall Street Journal et le New York Times.

    George Shultz et James Baker, respectivement secrétaires d’Etat de Ronald Reagan et de George Bush, font valoir dans le WSJ que “les preuves de plus en plus nombreuses de problèmes avec l’atmosphère terrestre sont trop irréfutables pour être ignorées”.

    “L’étendue de la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique peut être matière à débat mais les risques résultant du réchauffement à l’avenir sont tellement graves qu’ils devraient être contenus”, ajoutent-ils.

    La plupart des études scientifiques et des climatologues s’accordent à dire que la planète se réchauffe depuis le début de l’ère industrielle en grande partie à cause des activités humaines.

    Une taxe carbone est présentée comme une solution des conservateurs au problème du climat, car elle est fondée sur le principe de la liberté du marché et elle évite des réglementations imposant une réduction des émissions des gaz à effet de serre des centrales électriques à charbon et du secteur des transports, mises en place par l’administration Obama.

    Les deux anciens chefs de la diplomatie américaine préconisent une taxe carbone progressive qui “pourrait commencer à 40 dollars la tonne et être augmentée graduellement”.

    Selon eux, une telle taxe pourrait lever de 200 à 300 milliards de dollars par an, qui seraient redistribués aux consommateurs sous forme de “dividende carbone” pouvant représenter environ 2.000 dollars par an pour un foyer de quatre personnes.

    Ce plan prévoit également des “ajustements frontaliers” sous forme de droits sur les produits importés de pays n’ayant pas de système de taxe carbone.

    Les auteurs suggèrent ensuite l’élimination des réglementations de la présidence Obama pour réduire les émissions de CO2.

    MM. Baker et Shultz co-signent une autre tribune similaire dans le New York Times avec des personnalités comme Henry Paulson, ancien secrétaire au Trésor du président George W. Bush, l’ex-PDG de Walmart Rob Walton, et Ted Halstead, fondateur de l’ONG New America et du Climate Leadership Council.

    M. Baker devait rencontrer mercredi à la Maison Blanche le vice-président Mike Pence, le directeur du conseil économique national, Gary Cohn, le gendre et proche conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, ainsi que sa fille Ivanka.

    M. Trump avait émis des doutes durant sa campagne sur le changement climatique avant de dire après son élection avoir un “esprit ouvert” sur le sujet, recevant même le héraut de la lutte contre le changement climatique Al Gore.

    Mais il a ensuite nommé à la tête de l’Agence de protection de l’Environnement (EPA) et du département de l’Energie des responsables hostiles aux mesures réglementaires pour combattre le changement climatique.

    (©AFP / 08 février 2017 19h32)

  6. SimonB 9 février 2017 à 11:10

    Une chose est sûre, il est devenu impossible d’argumenter sereinement lorsque les tenants d’une “vérité/doctrine” assènent à jet continu les déclarations tonitruantes de groupes scientifiques dont la survie budgétaire/l’utilité dépend évidemment de la gravité des catastrophes annoncées et d’autant de politiques à l’agenda financier pour le moins opaque (Al Gore & co).
    Avec un peu de recul, il est pourtant certains faits qu’il est difficile d’ignorer; en vrac:
    - Les pays occidentaux ont construit leurs richesses en polluant abondamment la planète; ils entendent bien désormais faire payer cher aux nouveaux entrants leur droits à la modernité.
    - Les droits de polluer, gratuitement et forfaitairement alloués aux entreprises européennes les plus polluantes ont en fait constitué une forme de dumping ne disant pas son nom, pratique en pricipe condamnable.
    - Le nucléaire n’émet aucun rejets CO2 ni d’autres substances gazeuses nuisibles, à l’inverse de tout autre combustible; pourtant, au lieu d’investir sérieusement dans la recherche concernant le traitement des déchets radioactifs, on préfère depuis 40 ans laisser le parc vieillir et se tourner vers des alternatives pour le moins inefficaces quand elles ne sont pas scandaleusement nocives pour l’environnement:
    –> les biofuels, conçus à partir de culture clonées détruisant tout biotope et extrêmement vorace en eau
    –> les pellets, dont la combustion rejette non seulement du CO2 mais également quantité d’autres substances nocives dans l’atmosphère; quand à la sois-disant neutralité carbone du bois, il s’agit évidemment d’un tout de passe-passe prôné par les fameux “scientifiques” qui, visiblement, n’on jamais entendu parler de transformation d’échéances en finance; comment peut-on comparer une absorption de carbone par le bois sur une période de plusieurs années avec un rejet de ce même carbone (+ d’autres horreurs) sur le temps d’une combustion, soit quelques heures. Une malhonnêteté de plus.
    - Plus simplement et comme mentionné précédemment, le retour inéluctable aux centrales thermiques à charbon et au gaz, au vu de l’accroissement programmé de la demande électrique/destruction du parc nucléaire.
    A cet égard, le fait que Mme Merkel veuille le tout électrique à horizon 2050 et fasse venir en masse une main d’oeuvre étrangère (aux frais de l’Europe) n’est sans doute aucunement lié aux réserves gigantesques de charbon sur lesquelles l’Allemagne est assise.
    Pour finir, un exemple vécu lors d’une discussion avec un professeur-expert du GIEC qui, à bout d’arguments fini par me dire: le réchauffement climatique, c’est comme pour Dieu: “Peut-on se permettre de ne pas y croire”!

  7. retrouvé le retour 9 février 2017 à 12:10

    Vaste sujet !! Ceci dit un petit coup d’oeil dans “la rue” US suffit a voir la différence entre notre réseau électrique et le leur !!

  8. ES 9 février 2017 à 16:25

    tiens , oui, ca me rappele certains photos que j’avais prises …. ! et des cables qui traversent les rues de NY
    quant au nucléaire propre …. on oublie svt la pollution due à l’extraction de l’uranium et la guerre des mat 1eres qui en découle … :-(

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