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Quand Trump menace Toyota de ses foudres douanières … et se trompe

Non satisfait d’être bientôt le président des Etats-Unis, Donald Trump semble désormais vouloir influer sur la politique industrielle du Japon.
Après s’être attaqué en début de semaine à GM, le fougueux milliardaire  - et néanmoins futur homme d’Etat – a menacé menacé jeudi Toyota de ses foudres douanières si le constructeur persistait à vouloir construire une usine à Baja, au Mexique, en vue d’y fabriquer des voitures destinées au marché américain. A ce niveau là, ce n’est même plus du protectionnisme mais il faudra bientôt inventer le terme de trumpisme !

 » NO WAY ! (PAS QUESTION ! ) Construisez des usines aux Etats-Unis ou payez d’importantes taxes à la frontière« , a tweeté Donald Trump, toujours égal à lui-même dans son franc parler. La volonté par Toyota de construire une nouvelle usine d’assemblage au Mexique pour y fabriquer des modèles Corolla déplaît en effet  fortement au nouvel homme fort des Etats-Unis.

Mais au delà de ses propos menaçants, le futur président (et/ ou ses ses conseillers) n’a (ont)  semble(nt)-t-il(s) pas tout à fait fouillé le dossier à fond … puisque quelques recherches sur internet nous confirment ce que précise non sans humour la presse canadienne.

A savoir que si en avril 2015 Toyota a annoncé officiellement son intention d’investir 1 milliard de dollars dans une nouvelle usine mexicaine capable de produire 200 000 Corolla par année, le site qui doit ouvrir ses portes en 2019, est cependant en construction dans l’État de Guanajuato, et non dans celui de Baja … Mieux encore la firme japonaise a posé la première pierre de son usine de Apaseo el Grande … en novembre 2016. C’est ce qu’avait alors annoncé lors d’une conférence de presse, Mike Bafan, président de Toyota Motor Manufacturing de Guanajuato …. et Baja. Ce qui n’avait pas échappé au site mexicain de Forbes. La presse canadienne précise encore que si Toyota a bel et bien une usine dans l’État de Baja …  le constructeur y construit des pick-up  Tacoma.

Il sera donc difficile pour Toyota d’annuler ce projet d’expansion au Mexique, et ce, contrairement à Ford qui vient d’annoncer avoir changé son fusil d’épaule avant que la décision d’établir un nouveau site sur le territoire mexicain ne soit entérinée.

Anticipant d’éventuelles menaces de Trump, le PDG de Toyota, Akio Toyoda, avait déclaré plus tôt  jeudi, lors d’une rencontre réunissant des professionnels du secteur à Tokyo, qu’il n’envisageait pas de réduire sa production au Mexique. « Nous étudierons nos options quand nous verrons quelle politique le nouveau président choisira », s’est-il contenté de répondre à une question sur le sujet.

Le président de Honda, Takahiro Hachigo, avait alors exprimé la même opinion. « Nous produisons des voitures au Mexique pour des marchés comprenant l’Amérique du Nord et l’Europe, et nous n’avons pas de plan dans l’immédiat pour changer cela« , a-t-il déclaré.

Le Mexique se trouve donc particulièrement ciblé, Trump ayant particulièrement du mal à digérer les investissements de Ford et GM au Mexique. Si l’on pouvait un tantinet admettre que la délocalisation des constructeurs US puisse heurter l’âme sensible du futur président, son ingérence dans la politique économique et industrielle du Japon semble quant à elle quelque peu outrancière. Sans parler de la remise en cause des accords internationaux passés avec les différents Etats  impactés par le dossier.

Précisons enfin qu’en avril 2015, Toyota avait annoncé son intention de déménager la production de la nouvelle Corolla du Canada – et non pas des Etats-Unis – vers le Mexique. La presse canadienne avait alors rapporté que deux mille emplois seraient créés sur le nouveau site lorsque la production aura atteint sa pleine capacité. Toyota avait parallèlement indiqué qu’il allait continuer à investir dans son usine de Cambridge, en Ontario (Canada). Le transfert annoncé fait partie d’un vaste plan mondial de transition des activités de production du groupe nippon.

« Cette redéfinition stratégique de la façon dont nous construisons nos produits et de leur lieu de production ouvrira de nouvelles perspectives à notre société, à nos partenaires commerciaux et aux membres des équipes de toute la région » avait alors ajouté Toyota dans un communiqué.

Sources : AFP, CNW, Presse canadienne

Elisabeth Studer – 5 janvier 2017 – www.leblogfinance.com

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14 commentaires

  1. Elisabeth Studer 6 janvier 2017 à 19:08

    Le Mexique, cible de Trump, est devenu un grand de l’automobile
    AFP

    Le Mexique, où le président américain élu Donald Trump veut réduire les investissements des grands groupes automobiles américains ou japonais, est devenu ces dernières années un géant du secteur.
    Le Mexique est le quatrième pays exportateur de véhicules légers dans le monde et le septième fabricant mondial de voitures, selon des chiffres professionnels.
    Le secteur automobile représente dans ce pays un chiffre d’affaires annuel de 52 milliards de dollars et plus de 875.000 emplois directs, indique le ministère de l’Economie mexicain.
    Le Mexique ne compte pas de constructeur automobile national mais 80% des véhicules assemblés dans ce pays sont destinés à l’exportation, principalement vers les Etats-Unis (72,2% des exportations) et le Canada (10,5%).
    Le boom de l’industrie automobile au Mexique s’explique notamment par des salaires relativement bas, la proximité de ce pays avec l’immense marché nord-américain et les traités de libre-échange signés par Mexico avec 46 pays dans le monde, autant d’éléments qui attirent les grands constructeurs mondiaux.
    L’accord de libre-échange (Aléna) signé en 1994 avec le Canada et les Etats-Unis permet ainsi, sous certaines conditions et sans droits de douane, d’exporter vers les Etats-Unis des marchandises produites au Mexique. Pendant la campagne électorale, cet accord a été inlassablement attaqué par M. Trump, qui a promis de le renégocier ou de le dénoncer purement et simplement.
    Donald Trump a menacé jeudi le géant de l’automobile japonais Toyota de représailles douanières s’il poursuivait un investissement au Mexique, maintenant une pression sans précédent sur les grands groupes industriels pour qu’ils restent aux Etats-Unis.
    M. Trump avait déjà sommé mardi General Motors, le premier constructeur américain, de fabriquer aux Etats-Unis ses voitures destinées au marché américain, sous peine de payer une « lourde taxe frontalière ». Egalement critiqué par M. Trump pour ses délocalisations, le groupe américain Ford avait renoncé mardi à construire une usine au Mexique, pour investir dans une installation déjà existante aux Etats-Unis.
    Pour l’ensemble des onze premiers mois de 2016 (derniers chiffres connus), General Motors est le numéro un des exportations automobiles en provenance du Mexique avec 495.790 véhicules exportés, devant Nissan (464.877), Fiat Chrysler America (404.160) et Ford (351.691), selon l’Association mexicaine de l’industrie automobile. Toyota arrive seulement au neuvième rang avec 124.439 voitures exportées.

  2. Elisabeth Studer 6 janvier 2017 à 19:14

    Face à Trump, Toyota et consorts dégainent les preuves de fidélité à l’Amérique
    AFP
    06/01/2017

    Nouvelle cible de Donald Trump pour ses projets d’expansion au Mexique, Toyota a rappelé son engagement de longue date aux Etats-Unis, et le gouvernement japonais lui-même a apporté vendredi son soutien au géant et à ses compatriotes.
    « L’industrie automobile nippone emploie 1,5 million de personnes aux Etats-Unis et apporte ainsi une importante contribution à l’économie américaine », a réagi le ministre du Commerce, Hiroshige Seko, lors d’un point presse régulier.
    « Il est important que les entreprises le fassent savoir et le gouvernement doit également le souligner si cela s’avère nécessaire », a-t-il insisté.
    Le porte-parole de l’exécutif s’est également immiscé dans le débat. « Toyota s’est toujours efforcé de se comporter en entreprise citoyenne auprès des Etats-Unis », a déclaré Yoshihide Suga.
    Et d’ajouter: Donald Trump est « un homme d’affaires. Il a travaillé à l’étranger, donc il devrait être au fait de telles choses ».
    De son côté, Toyota, qui domine le secteur automobile mondial depuis plusieurs années, s’est défendu en dégainant des chiffres. Vingt-cinq millions de véhicules produits aux Etats-Unis sur les 30 dernières années, 10 usines et 136.000 salariés: « Toyota fait partie du tissu social américain depuis près de 60 ans », a détaillé le constructeur dans un communiqué.
    Avant même que le milliardaire ne se livre à un tweet rageur pour dénoncer la construction d’une usine au Mexique et brandir la menace de représailles douanières, le PDG Akio Toyoda avait insisté, en marge d’une réception à Tokyo, sur l’apport de son groupe aux Etats-Unis, via les impôts et la création d’emplois.
    Mais le président élu américain vise lui les véhicules assemblés au Mexique et exportés vers les Etats-Unis, sous certaines conditions et sans droits de douane, en vertu de l’accord de libre-échange Alena conclu entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.
    Toyota se dit là aussi exemplaire, assurant être « le plus petit importateur » d’automobiles made in Mexico, avec seulement 78.000 pick-up Tacoma acheminés de l’autre côté de la frontière en 2015.
    - ‘Pragmatiques’ -
    En revanche, il n’a pas été en mesure de préciser dans quelle mesure son nouveau site mexicain, qui devrait ouvrir ses portes en 2019, approvisionnera le marché nord-américain. « Rien n’a été décidé pour l’heure », a commenté une porte-parole.
    Son rival Nissan n’a pas encore essuyé les foudres de Donald Trump, mais c’est sans doute « le plus vulnérable » du fait de sa forte implantation au Mexique, estime un analyste japonais, sous couvert d’anonymat.
    Au total, 830.000 véhicules sortent de ses usines, dont de nombreuses berlines Sentra et Versa à destination des Etats-Unis. Le partenaire de Renault dispose en outre dans ce pays latino-américain, où il est présent depuis 50 ans, d’une usine commune avec l’allemand Daimler, actuellement en construction.
    Honda est aussi très bien implanté, avec une capacité de production d’environ 260.000 unités, tout comme Mazda. Le petit constructeur japonais ne possède aucune usine aux Etats-Unis, alors qu’il y vend quelque 300.000 véhicules, assemblés au Mexique et au Japon.
    Pour l’heure cependant, les menaces de Donald Trump ne semblent guère inquiéter le secteur automobile nippon.
    A la Bourse de Tokyo, les actions des différents constructeurs ont certes toutes fini dans le rouge vendredi, mais l’heure n’était pas à la débâcle: Toyota a perdu 1,68%, Nissan 2,20%, Honda 1,90% et Mazda 3,16%.
    « Toyota dispose de sites de production partout dans le monde et, comme les autres compagnies, il pourra donc répondre avec flexibilité » aux décisions politiques du futur chef d’Etat américain qui a promis, pendant sa campagne, de renégocier l’Alena, selon l’expert automobile contacté par l’AFP.
    Le PDG de Nissan, Carlos Ghosn, tient le même discours rassurant. « Nous sommes pragmatiques, nous nous adapterons à n’importe quelle situation, à la condition que ce soit la même règle pour tous », a-t-il assuré depuis Las Vegas, où se tient le salon d’électronique grand public CES.
    Et lui aussi d’afficher sa fidélité au marché américain. « Nous avons la plus grande usine, non seulement des Etats-Unis, mais des Amériques, dans le Tennessee », a-t-il assuré, avec 650.000 unités fabriquées par an, pour une production totale de Nissan sur le sol américain de près d’un million et 22.000 emplois directs.
    Honda a également calmé le jeu. « L’administration Trump n’est pas encore entrée en fonction, et nous estimons qu’il est prématuré de réagir à ceci ou cela », a souligné un responsable, Yoshiyuki Matsumoto, sur la télévision nippone.

  3. retrouvé le retour 6 janvier 2017 à 19:24

    « Fca: boom in Borsa, +7%
    Aiutano banche d’affari e attese su Detroit, in top list Goldman » mama mia
    Goldman saxophone et pipo !! : Tout va très bien en zone $ !!

  4. retrouvé le retour 7 janvier 2017 à 11:10

    Le « Président qui ne devrait pas être élu » !!! C’est un peu une cible, comme « Bachar qui ne devrait pas être de ce monde » ou Kadhafi ou d’autres !!

    « « Nous ne pouvons pas laisser des esprits partisans exploiter ce rapport pour délégitimer la victoire du président désigné »!!!
    Paul Ryan

  5. retrouvé le retour 7 janvier 2017 à 11:16

    Espérons qu’il sera mieux protégé des  » ses propres services »que « Khenedi »

  6. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:22

    je pense qu’il est loin d’etre protégé , au contraire, par contre , il s’entoure de militaires

  7. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:25

    a noter également, comme quoi Trump peut être fin :

    Le choix très stratégique de Donald Trump sur la nomination du nouveau patron du renseignement, Dan Coats
    Le président élu américain a choisi un homme visé par des sanctions russes.
    ETATS-UNIS – Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a confirmé ce samedi 7 janvier son intention de nommer l’ancien sénateur Dan Coats, 73 ans, au poste stratégique de directeur du renseignement national, alors que l’homme est visé par des sanctions russes.

    « Je suis certain que le sénateur Dan Coats est le bon choix », a déclaré dans un communiqué Donald Trump. Il « guidera la vigilance permanente de mon administration envers ceux qui cherchent à nous nuire ».

    Cette nomination est très sensible pour Donald Trump, en pleine polémique avec les services de renseignement américains sur les cyberattaques attribuées à la Russie durant l’élection américaine.

    Donald Trump a fait publiquement part de son scepticisme sur cette ingérence, alors que le renseignement a publié vendredi un rapport accusant nommément Vladimir Poutine d’avoir lancé des opérations de désinformation et de piratage pour faire élire Donald Trump et dénigrer Hillary Clinton.

    Le républicain est revenu à la charge tôt samedi sur Twitter pour dénoncer « la grave négligence » du parti démocrate qui a permis selon lui à des pirates de dérober des milliers de messages de hauts responsables du parti.

    « Les renseignements indiquent très fortement qu’il n’y a absolument aucune preuve que le piratage ait affecté les résultats de l’élection. Les urnes électroniques pas touchées! » a aussi écrit le milliardaire.

    En fait, le rapport ne s’aventure pas sur le terrain de l’impact des piratages de responsables démocrates sur le résultat du scrutin. Mais il confirme effectivement l’assertion des responsables américains selon laquelle les systèmes électoraux eux-mêmes n’ont pas été manipulés: « les types de systèmes ciblés ou piratés par les acteurs russes n’étaient pas liés au comptage des voix », conclut le rapport.

    Ambassadeur en Allemagne sous Bush

    Le choix de Dan Coats, 73 ans, sénateur républicain sortant de l’Indiana, comme maître-espion devrait rassurer tous ceux qui soupçonnent une indulgence du président élu envers la Russie.

    Dan Coats est l’un des six sénateurs américains et trois responsables de la Maison Blanche interdits de séjour en Russie par Moscou en 2014, en représailles aux sanctions américaines après l’invasion de la Crimée. A l’époque, le sénateur s’était dit « honoré » d’être ainsi pris pour cible par le Kremlin.

    Le directeur du renseignement, dont le poste a été créé après les attentats du 11-Septembre, coordonne l’activité des 16 agences de renseignement américaines, dont la CIA, le FBI ou la NSA.

    Sans avoir à proprement parler d’autorité sur ces agences, il s’assure que l’information circule entre elles et qu’elles ne dupliquent pas leurs efforts. Son bureau est aussi chargé d’élaborer chaque jour le briefing confidentiel au président américain.

    James Clapper, le détenteur du poste depuis 2010, vieux briscard du renseignement, a mis en garde en termes voilés le président élu contre toute polémique publique avec ses services de renseignement, après que le milliardaire a brocardé les analystes américains pour s’être trompés sur l’existence d’armes de destruction massive dans l’Irak de Saddam Hussein.

    Dan Coats a aussi été ambassadeur en Allemagne de 2001 à 2005, sous l’administration de George W. Bush. Il était membre de la commission du Renseignement au Sénat.
    http://www.huffingtonpost.fr/2017/01/07/donald-trump-dan-coats-renseignement-americain-etats-unis/

  8. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:27

    Il ne se fait pas que des copains du cote des services de renseignement

    Piratage russe: Trump désavoue les services de renseignement et soutient Assange

    Selon le site Wikileaks, la Russie n’est pas à l’origine des piratages informatiques dans la campagne électorale. Une thèse appuyée par le président élu Donald Trump

    Donald Trump a désavoué à nouveau mercredi les services américains de renseignement qui ont conclu à une interférence de la Russie dans la présidentielle, et apporté du crédit au site Wikileaks selon lequel Moscou n’est pas à l’origine des piratages informatiques dans la campagne électorale.

    Le fondateur du site Wikileaks «Julian Assange a dit «qu’un ado de 14 ans pouvait avoir piraté (John) Podesta» – alors pourquoi le parti démocrate a-t-il été si négligent? (Assange) a aussi dit que les Russes ne lui avaient pas transmis les informations», a écrit mercredi matin dans un tweet le futur président des Etats-Unis.

    Julian Assange dément
    La CIA est convaincue que ce sont les Russes qui ont donné les courriels à Wikileaks. Julian Assange a toujours démenti avec véhémence. Barack Obama a demandé un rapport aux services de renseignement détaillant le piratage et souhaite qu’il soit publié avant qu’il ne quitte le pouvoir le 20 janvier. Des auditions sont également prévues sur cette affaire au Congrès.

    L’équipe de Donald Trump avait aussi rejeté les conclusions de la CIA, jugeant que les analystes qui y sont parvenus «sont les mêmes que ceux qui disaient que (l’ancien président irakien) Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive».

    Mardi soir, Donald Trump a encore douté des conclusions des services de renseignement, suggérant qu’un briefing avec eux avait été reporté.

  9. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:29

    https://www.letemps.ch/monde/2016/12/11/donald-trump-jette-discredit-cia

    Donald Trump jette le discrédit sur la CIA

    L’ingérence russe dans la présidentielle américaine avait bien pour but de favoriser Donald Trump, révèle un rapport secret de la CIA. L’équipe du président élu balaye ces accusations en remettant en question le travail de l’agence, avec laquelle elle est pourtant censée collaborer

    Si l’ingérence russe ne semble pas faire de doute et a été confirmée par le Département de la Sécurité intérieure et la Direction du renseignement début octobre déjà, sa nature, son ampleur et ses effets concrets font l’objet de nombreuses spéculations. Le Washington Post lui-même précise que le récent rapport de la CIA, présenté à des sénateurs, ne relaie pas l’avis unanime des dix-sept agences de renseignement américaines. Reste que la légèreté de la réaction de l’entourage de Donald Trump a de quoi étonner. Elle interroge aussi sur la manière dont le futur président des Etats-Unis compte travailler avec les agences de renseignement et utiliser les informations sensibles qu’elles lui transmettront.

    Briefings de sécurité délaissés

    Cette curieuse ligne de défense, alors que de nombreuses zones d’ombre subsistent, contribue à décrédibiliser la CIA et les agences de renseignement. Donald Trump n’a d’ailleurs pas hésité à déclarer au magazine Time que les conclusions des agences sur l’interférence de Moscou pouvaient être «politiquement motivées». Et il ne juge pas nécessaire de participer quotidiennement aux briefings de sécurité des renseignements américains, comme le veut pourtant la coutume. Barack Obama y participe six fois par semaine, Donald Trump en moyenne une fois. «Avoir un président élu qui rejette des faits relayés par la communauté du renseignement simplement parce que cela entre en conflit avec ses hypothèses, c’est incroyable!», réagit, dans le New York Times, Michael V. Hayden, ex-directeur de la NSA puis de la CIA sous la présidence de George W. Bush.

    Dimanche, dans une interview exclusive accordée à la chaîne Fox News, Donald Trump a réaffirmé qu’il ne croyait pas aux conclusions de la CIA affirmant que Moscou a cherché à le faire élire. «Je pense que c’est ridicule. C’est encore un prétexte. Je n’y crois pas», a-t-il précisé, en laissant entendre que ces fuites ont été orchestrées par les démocrates pour lui nuire. Concernant les briefings de sécurité, le président élu a souligné qu’il n’avait pas besoin qu’on lui dise «la même chose et les mêmes mots pendant les huit prochaines années, car cela pourrait durer huit ans».

    L’apparente hostilité de Donald Trump vis-à-vis de la CIA pourrait notamment être influencée par Michael Flynn, son conseiller en sécurité nationale. Ancien directeur de l’Agence de renseignement militaire (DIA), Michael Flynn, connu pour son franc parler et son caractère excessif, en avait été licencié alors que sa mésentente et rivalité avec la CIA était déjà consommée. C’est James Clapper, l’actuel directeur du renseignement national des Etats-Unis, qui était à l’origine de cette décision.

  10. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:32

    A la Maison Blanche, Donald Trump s’entoure de généraux
    La proportion sans précédent de militaires dans l’équipe présidentielle commence à soulever des inquiétudes politiques, notamment côté démocrate.

    LE MONDE | 09.12.2016 à 06h41 •

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/12/09/a-la-maison-blanche-donald-trump-s-entoure-de-generaux_5046045_829254.html#cs5H9bkYkJMrkh72.99

    Après avoir promis durant sa campagne de « renvoyer » un certain nombre de généraux américains qu’il jugeait incompétents, le président élu Donald Trump semble désormais enclin à recruter les membres de sa future équipe au sein de la hiérarchie militaire. Pas moins de trois généraux sont déjà pressentis à des postes stratégiques. Et d’autres nominations de militaires pourraient encore survenir. Une situation inédite qui commence à soulever des inquiétudes politiques, notamment côté démocrate.
    Le général John F. Kelly, choisi mercredi 7 décembre pour prendre la tête de la sécurité intérieure, est venu allonger la liste des gradés déjà sur les rangs pour entourer le président élu. Si sa nomination est confirmée, cet ancien marine, âgé de 66 ans, rejoindra le général James N. Mattis, nommé secrétaire à la défense, ainsi que le général Michael T. Flynn, conseiller à la sécurité intérieure.
    Craintes
    Et les noms de trois autres militaires de haut rang circulent pour d’autres fonctions stratégiques : le général David H. Petraeus et l’amiral James Stavridis demeurent dans la liste des personnalités auditionnées pour le poste de secrétaire d’Etat, tandis que l’amiral Michael S. Rogers pourrait devenir le directeur du renseignement national.

    Ces choix, puisés au sein d’une institution que le président élu connaît principalement par le biais de sa scolarité dans un lycée militaire, contrastent avec certains propos du candidat Trump, qui s’était montré critique envers l’armée et l’interventionnisme militaire des Etats-Unis à travers le monde.
    Mais ces profils divergent surtout de ceux choisis par ses prédécesseurs, au premier rang desquels Barack Obama, qui a eu davantage recours à des civils, venus du monde politique, universitaire ou judiciaire, pour assumer ces différentes fonctions. L’un des rares généraux nommés dans son entourage, James L. Jones Jr, au poste de conseiller à la sécurité nationale lors de son premier mandat, avait été remplacé au bout d’un an et demi, cédant sa place à un civil. Le président Obama a, durant ses deux mandats, entretenu des rapports compliqués avec les chefs militaires et le Pentagone.
    Si les qualités et l’expérience des hommes préférés par M. Trump ne sont pas mises en cause, le poids inégalé des militaires suscite des craintes. Ainsi, le sénateur démocrate Chris Murphy, membre de la commission des affaires étrangères, s’est déclaré « inquiet ». « Nous avons appris au cours des quinze dernières années que, lorsque l’on voit un problème mondial à travers une focale militaire, on commet de grandes erreurs », a-t-il rappelé.

  11. Elisabeth Studer 7 janvier 2017 à 20:35
  12. retrouvé le retour 8 janvier 2017 à 15:42

    Il existe ici aussi un véritable état dans l’état. Il touche principalement des fonctionnaires chargés de faire appliquer la loi. Il ne faut pas en avoir peur pour mener sa barque, car dans ce système tout ce petit monde traîne des casseroles !!
    Tout cette basse-cour va se retrouver coincée hors du donjon quand il faudra régler la crise !!!
     » Dans les poulaillers d’acajou, Les belles basses-cours à bijoux, On entend la conversation D’la volaille qui fait l’opinion. »

  13. retrouvé le retour 12 janvier 2017 à 00:55

    http://armenews.com/article.php3?id_article=136441

    La question des femmes de réconfort des japonais pourrait aussi être traitée avec un groupe de soldat nippon nus avec de toutes petites choses !!

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