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BCE : Draghi prévient des conséquences financières d’un Italexit

Alors que la finance internationale s’avère largement secouée par les effets du Brexit, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, s’attaque désormais aux éventuelles conséquences d’une sortie de l’Italie de l’Union européenne.

Dans une lettre adressée à deux députés européens italiens, Mario Draghi a en effet déclaré que tout pays qui souhaiterait quitter la zone euro devrait au préalable solder ses comptes avec le système de paiements commun.

« Si un pays devait quitter l’Eurosystème, ses avoirs sur ou ses dettes à la BCE devraient d’abord être réglés en totalité », a-t-il écrit sous la forme d’une menace à peine voilée ….

Pour l’Italie, un tel solde représenterait 358,6 milliards d’euros à payer, si l’on tient compte des éléments fournis par la base des données à fin novembre du système de paiements Target 2, qui enregistre tous les flux de paiements entre les pays membres de la zone euro.

La menace de défauts sur des dettes transfrontalières est souvent mise en avant comme un facteur de cohésion de la zone euro. Les paiements n’étant généralement pas soldés, les économies les plus faibles, dont font partie l’Italie, l’Espagne et la Grèce, ont accumulé d’importants soldes débiteurs envers Target 2, alors qu’a contrario, l’Allemagne affiche un solde créditeur de 754,1 milliards d’euros.

Mario Draghi explique par ailleurs dans son courrier que ces déséquilibres sont dus en partie aux achats d’obligations de la BCE, une part importante de ces achats étant effectués auprès de vendeurs basés en Allemagne.

En novembre dernier, le résultat d’une enquête publiée par le cabinet d’études allemand Sentix avait indiqué que l’Italie s’avérait plus « menacée » d’une sortie de la zone euro que la Grèce. Les investisseurs interrogés évaluaient alors à 9,9% la probabilité d’une sortie de l’Italie au cours des 12 prochains mois, contre 8,5% pour la Grèce.

Pour la première fois l’Italie devançait  la Grèce depuis que l’enquête a débuté, en juin 2012. Maigre soulagement : le pourcentage attribué à l’Italie est certes bien loin de la probabilité de 70% qui était attribuée à une sortie de la Grèce au cours de l’année 2012, soit au plus fort de la crise de la dette.

Dans une interview avec le journal allemand Die Welt, l’américain Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef à la Banque mondiale et lauréat du prix Nobel d’économie, avait indiqué que l’Europe se dirigeait vers un «Italexit» ou Quitaly. Une situation qui selon lui peut être principalement attribué à l’euro et à la politique d’austérité allemande. Il estime que les Italiens sont de plus en plus déçus par l’euro, et qu’ils commencent à réaliser que l’Italie ne peut pas fonctionner dans l’euro ».

Sources : AFP, Euronews, France Inter, Die Welt

Elisabeth Studer –  22 janvier 2017 –  www.leblogfinance.com

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8 commentaires

  1. Bernard 16 février 2017 à 20:52

    Oui, ça deviendra un peu plus compliqué si d’autres pays décident de suivre l’Angleterre et sortent de l’Union. J’espère que ce ne sera pas le cas ! Bonne fin de journée !

  2. retrouvé le retour 17 février 2017 à 00:50

    « ces achats étant effectués auprès de vendeurs basés en Allemagne. » Je pensais que la dette italienne était détenue majoritairement par des Italiens, contrairement à la dette française

  3. Elisabeth Studer 17 février 2017 à 01:18

    plus inquiétant encore,
    http://www.planet.fr/actualites-dette-publique-qui-sont-les-creanciers-a-qui-la-france-doit-de-largent.939127.1557.html

    2015,4 milliards d’euros : c’est la somme, au 30 juin 2015, à laquelle s’élevait la dette publique de la France, soit 97,6% du PIB, selon le journal Le Figaro, qui s’est intéressé aux détenteurs de cette dette.

    A travers plusieurs infographies publiées par le quotidien mercredi, on découvre que la dette française est détenue à 10% par des établissements bancaires français, à 19% par des assurances françaises ou encore à 64% par des non-résidents. Mais qui sont ces derniers ?

    Selon des chiffres du Fond monétaire international (FMI) de 2014, ces détenteurs de la dette de long terme de la France sont tout d’abord *** l’Italie ***, les Pays-Bas et l’Espagne. Viennent ensuite le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Etats-Unis. Sur le court terme, c’est le Japon qui détient le plus de dette de la France, suivi par le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie et la Belgique.

  4. retrouvé le retour 17 février 2017 à 01:30

    Quand en Allemagne vous êtes malade et que vous avez un accent étranger on vous envoie vers le médecin ukrainien, l’idée d’un français n’est pas première!! Et alors la, comme pour la dette
    c’est un signe !!

  5. Elisabeth Studer 17 février 2017 à 01:32

    :-)

  6. Elisabeth Studer 17 février 2017 à 01:44

    notamment :

    La situation économique de la France a dorénavant dépassé la limite à laquelle la situation aurait pu être politiquement acceptable et gérable. Désormais, il est impossible de redresser la trajectoire. Pour le moment d’autres évènements internationaux cachent le pot rouge de la France. On peut citer à titre d’exemple, l’élection de Monsieur Donald Trump à la présidence Américaine, la Syrie et le moyen Orient, le Brexit de l’Union Européenne. Le ratio dette/PIB de la France est supérieur à 100% et pour la stabiliser, on a besoin d’une croissance au moins de 3% par an qui n’a jamais été atteinte en une décennie. M. Mario Draghi, Président de la Banque Centrale Européenne, en Juillet 2012 a affirmé que la France était “trop grande pour faire faillite”. Qu’il ferait “tout ce qu’il faudra” pour sauver l’euro ; puis en janvier 2016, que ses capacités d’actions n’avaient “pas de limites”. Mais, ces affirmations ne sont que des poudres aux yeux et sont complètement fausses. La France est incapable de rembourser le principal de sa dette et ne rembourse les intérêts qu’avec difficultés.

    Selon l’Agence française du Trésor (Mars 2015), 64,4% de la dette française est détenue par des “non-résidents”. Le gouvernement a placé le futur du pays dans des mains étrangères (des spéculateurs étrangers, des institutions bancaires, etc.). Le premier détenteur de dette Française à long terme est l’Italie avec son économie morose et très fragile. Il faut souligner que la dette publique de l’Italie est supérieure à 132% de son PIB et cela avec un taux de chômage au-dessus de 14%. Le premier détenteur de dette Française à court terme est le Japon dont le ratio dette publique / PIB est de 245% au minimum. Ainsi, les deux grands créanciers de la France, le Japon et l’Italie ont une économie comateuse. Et pourtant, ils sont les seuls remparts d’un système sur le point de couler.

  7. retrouvé le retour 17 février 2017 à 22:43

    Trump a brisé, non sans difficultés, le système de parti unique à deux têtes !!! Même s’il est théoriquement le candidat sorti de la « primaire » d’un des deux partis débiles qui sont à l’origine du désastre planétaire que nous connaissons actuellement, il est complètement hors du cadre.
    Le plus drôle c’est tous ces crétins de pseudo-ex-européens qui portent le deuil de cet ancien système.
    Ils vont mordre la poussière car la crise est là !!

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