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Les conserveries de Bretagne mises en danger par une pénurie de poissons en cascade

Pour un peu, la nouvelle semblerait anodine, et pourtant ….elle laisse entrevoir l’état de notre pauvre planète. La conserverie Chancerelle de Douarnenez, dans le Finistère est en difficulté.

Encore un coup de la concurrence internationale et de la mondialisation me direz-vous ? Que nenni .. ! (enfin presque)  … la cause aux sardines … ou plutôt au manque de sardines, lesquelles font grandement défaut dans les ports de Bretagne, les débarquements ayant baissé de 37 % cette saison.

-  Des sardines de plus en plus petites et des anchois absents 

La raison d’une telle situation : si les bancs de sardines sont bien au large, les pêcheurs côtiers ont du mal à localiser et donc à capturer … car les poissons sont devenus tellement petit qu’il passe entre les mailles des filets de pêche. Ceux qui sont pris dans les filets obligent toutefois les conserveries à plus de manutentions … augmentant le coût de revient.

Désormais, les pêcheurs bretons préfèrent se concentrer sur l’anchois,… lesquels anchois manquent à Collioure ..  S’ils sont encore cuisinés et mis en boite dans le port catalan, ils ont été néanmoins pêchés en Argentine ou ailleurs  … faute de matières premières.

L’anchois fait particulièrement défaut depuis la campagne 2014, en Méditerranée …. mais également dans le golfe de Gascogne comme en Argentine. Si le phénomène date du début des années 2000, la baisse des volumes pêchés est particulièrement sensible depuis quelques mois. «La ressource est devenue très rare en Méditerranée. Cette pénurie est venue s’ajouter à l’absence de résultats en Argentine qui, péniblement, devrait pêcher à peine la moitié des 17 000 à 20 000 tonnes mises sur le marché habituellement. Et encore avec énormément d’anchois de petite taille qui sont difficiles à travailler à la main» expliquait en 2014 un membre de la famille Roques de Collioure, le plus important conditionneur d’anchois en France (200 tonnes).

- Une situation inquiétante pointée du doigt par l’IFREMER

Au final, c’est bien la mondialisation, la pêche à outrance mais également le stress dû aux ondes envoyées par certains bateaux, notamment pour la recherche pétrolière et l’impact de l’homme sur son environnement qui pourraient être en cause.

Selon un rapport alarmant des scientifiques de l’IFREMER, les sardines et les anchois ne grandissent plus. En dix ans, la biomasse des sardines a été divisée par trois, inquiétant fortement les pêcheurs. Les experts pointent désormais du doigt la mauvaise qualité du plancton, sa teneur nutritive ayant chuté.

Certes, on tente de nous rassurer en indiquant que les sardines ne semblent pas être menacées en tant qu’espèce …. car c’est la seule en France qui n’est pas soumise à un quota de pêche.  Mais cela est au contraire fort peu rassurant …

- Une pénurie de sardines qui impacte grandement l’emploi 

En tout état de cause, la conserverie Chancerelle est belle et bien pour sa part en situation de grande pénurie : il va ainsi lui manquer 75 % du volume habituel de sardines, les volumes pêchés étant en forte baisse.

Des produits de la célèbre marque Connétable sont d’ores et déjà en rupture et les choses ne devraient pas s’arranger. Si plus de cent intérimaires ne vont pas être reconduits, du chômage technique est également envisagé pour le début de l’année 2017 selon ce qui a été annoncé lors d’un récent comité d’entreprise.

L’affaire est loin d’être accessoire – même si elle n’a été que très peu traitée par la presse nationale – alors que la plus grosse entreprise de Douarnenez, emploie près de 500 personnes en CDI et produit plus de cent millions de boîtes par an … et que les conserveries de thon, sardines, maquereaux représentent pas moins de 8.000 emplois directs et indirects sur 16 sites en Bretagne pour un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros.

« La sardine représente 80 % de notre métier, mais nous n’en trouvons plus, et en l’état des stocks, nous ne pourrons plus travailler début 2017 » , déclarait en septembre le P-DG de Chancerelle Jean-François Hug, affichant une grande inquiétude.

- La pénurie provoque l’envolée des prix 

D’autant plus que qui dit pénurie … dit envolée des prix à laquelle les mareyeurs peuvent mieux faire face que les conserveurs. Il faut dire que le prix a augmenté de 50 % par rapport à 2015, avec une pointe à 72 % au mois d’août ! Or, la conserverie Chancerelle ne peut se tourner vers les sardines étrangères qui ne présentent pas le taux de matière grasse nécessaire pour les conserves à l’ancienne. Difficile également de répercuter la hausse des prix auprès des principaux clients, les grandes surfaces.

« Les ruptures de stocks vont s’amplifier jusqu’en fin d’année et nous n’aurons plus de poisson dès janvier prochain », annonce déjà le P-DG, qui craint que le consommateur ne trouvant plus sa boîte de sardines en rayon se détourne du produit.

Difficile également pour la conserverie de se tourner vers d’autres espèces, leurs prix ayant eux aussi fortement augmenté. Alors que les pêcheurs de Norvège et Ecosse ont limité leurs productions, le tarif du saumon a grimpé de plus de 60 % ! Le développement de la pêche durable dans les océans Indien et Atlantique limite quant à lui les prises de thon albacore, et pèse sur le prix, en hausse de 38 %.

Sources : FranceInfo, AFP, Le Télégramme,Francetvinfo, DDM

Elisabeth Studer – 19 octobre 2016 – www.leblogfinance.com

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30 commentaires

  1. Elisabeth Studer 20 octobre 2016 à 21:15

    A douarnenez, on n’a plus de sardines mais on a des idées !! :-)
    http://www.dailymotion.com/video/x4ta6bv_medecins-venez-vous-installer-en-pays-de-douarnenez_news

  2. Elisabeth Studer 20 octobre 2016 à 22:26

    avril 2016
    Anchois et sardines faméliques en Méditerranée, la faute au plancton ?
    Claire Saraux, L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer)

    Dans le golfe du Lion, le nombre de tonnes d’anchois et de sardines a considérablement chuté ces dernières années, entraînant une crise profonde de la pêcherie. On a en effet observé une diminution de la taille et du poids de chaque poisson : anchois et sardines grandissent moins vite et ont moins de réserves qu’avant ; pour une même taille, ils sont plus légers. Chez la sardine, espèce la plus touchée par ces changements, s’ajoute la disparition des individus les plus âgés. Alors qu’une sardine peut vivre jusqu’à 7 ans en temps normal, nous ne retrouvons quasiment plus aucun individu de plus de 2 ans, ce qui explique la disparition des plus gros individus.

    Le nombre de sardines s’est toutefois maintenu, voire a augmenté. En résumé, les poissons, bien que nombreux, sont plus petits et moins gras qu’auparavant, ce qui explique en partie la chute de l’effort de pêche et des captures. Ces petits poissons maigres sont, en effet, très peu valorisables commercialement et de nombreux marchés ont été perdus, les conserveries préférant désormais s’approvisionner ailleurs, par exemple en Adriatique

    Dans le golfe du Lion, les captures de sardines sont quasiment réduites à néant : on ne pêche actuellement dans cette zone que 600 tonnes par an, contre plus de 12 000 tonnes il y a 10 ans. Une étude rétrospective des pêcheries dans le golfe du Lion a en outre montré que les quantités pêchées ces dernières années étaient les plus faibles depuis 150 ans, alors même que les navires sont bien mieux équipés.

    [...]

    Où sont passés les gros individus ?
    D’un point de vue scientifique, la disparition des gros individus surprend. Les populations de sardines et d’anchois sont en effet réputées pour fluctuer fortement partout dans le monde, en général à cause de problèmes de survie des plus jeunes stades (œufs, larves ou juvéniles). Quand les conditions sont défavorables, le recrutement – c’est-à-dire le nombre d’individus entrant dans la population adulte – peut être quasi nul, privant la population d’une classe d’âge et donc de son renouvellement. Ces espèces ayant une durée de vie relativement courte, la suppression d’une classe d’âge peut impacter assez fortement le nombre de poissons. Or la situation est ici inverse : le nombre de poissons est important, beaucoup de jeunes intègrent la population, mais ils disparaissent très vite.

    En travaillant avec nos collègues espagnols, nous avons pu montrer que cette diminution de la taille des sardines et des anchois était valable tout le long de la mer catalane.

    Le projet EcoPelGol a permis de montrer que la pression de pêche n’avait pas été très importante au cours des 20 dernières années, et surtout que la chute de biomasse observée ne faisait pas suite à une période où la pêche avait été particulièrement forte. S’il ne faut pas négliger l’effet de la pêche, surtout sur une population déjà diminuée, il apparaît très clairement qu’elle n’est pas à l’origine des problèmes observés.

    De même, nous nous sommes intéressés à l’impact potentiel des thons rouges, principal prédateur des anchois et des sardines adultes en Méditerranée. Nous avons en outre pu montrer que ces derniers ne prélevaient pas plus de 1 à 2 % maximum des populations d’anchois et de sardines dans le Golfe du Lion, quantité négligeable pour expliquer la dynamique de population de ces espèces.

    Enfin, une étude vétérinaire recherchant de potentiels virus, parasites et bactéries sur plus de 1 000 sardines a permis de montrer la faible présence de pathogènes. Ainsi, aucun virus ou macroparasite n’a été relevé. Deux groupes de bactéries ont été observés, mais sur un très faible nombre de sardines et aucun dommage n’a été remarqué sur les tissus correspondants. [...]

    Quid du rôle du plancton ?
    Nos premières études ont donc mis en évidence une surmortalité adulte, tout en réfutant la pêche, la consommation des anchois et des sardines par les thons rouges et les dauphins, ainsi qu’un grand nombre de maladies comme sources potentielles de cette mortalité.

    La baisse de croissance ainsi que de la faible condition des poissons semblent indiquer que ces populations pourraient souffrir d’un déficit énergétique. Pour étudier cela, nous nous sommes intéressés à l’alimentation des anchois et des sardines au cours des 20 dernières années. En parallèle, nous avons également étudié le régime alimentaire du sprat, une espèce similaire dans le réseau alimentaire du golfe du Lion, mais n’étant pas commercialisée et ayant vu sa biomasse plutôt augmenter ces dernières années. Ces trois espèces se nourrissent de plancton, ensemble d’organismes en suspension dans l’eau.[...]

    [...]. Enfin, il semblerait que la composition du plancton consommé actuellement soit différente de celle consommée avant la diminution de la taille des poissons. En particulier, la taille et le pouvoir calorique du plancton consommé auraient diminué. Ceci conforte l’hypothèse d’un apport énergétique plus faible, expliquant au moins en partie la diminution des réserves lipidiques de ces poissons.

    De façon générale, les animaux doivent répartir l’énergie qu’ils acquièrent au travers de leur alimentation entre les principales fonctions que sont la maintenance des fonctions vitales (respiration, digestion, etc.), la croissance et la reproduction. Face à la diminution d’énergie disponible, les sardines et anchois semblent avoir maintenu, voire augmenté, leur investissement reproducteur en commençant à se reproduire plus jeune et en développant des gonades (les organes reproducteurs) toujours aussi grosses proportionnellement à leur taille. Anchois et sardines semblent donc favoriser leur reproduction, au détriment de leur croissance, voire de leur survie.

    Il semble donc que les populations de sardines et d’anchois soient affectées par un changement du plancton qui serait constitué d’espèces moins énergétiques qu’auparavant, engendrant une baisse de l’énergie disponible pour les sardines et les anchois. Face à ce changement, ces poissons maintiendraient un investissement reproducteur fort.

    Reste à déterminer ce qui a pu entraîner les changements du plancton, les causes les plus probables étant des changements environnementaux comme la température de la mer, le débit du Rhône, des changements de régimes des vents ou encore la pollution.

  3. retrouvé le retour 21 octobre 2016 à 00:48

    Et la conserverie Minerve ?? Elle manquait de poissons ? Alors quelle mattait surtout en boite des légumes et des fruits ??

  4. Elisabeth Studer 22 octobre 2016 à 14:24

    LE DÉCLIN INEXPLIQUÉ D’UNE ENTREPRISE JUSQUE-LÀ SÉRIEUSE ET SOLIDE
    C’était une conserverie qui tournait depuis 1968. Elle mettait en boites des chataîgnes et des pousses de haricots mungo (improprement appelées soja vert) essentiellement vendu sous des marques de distributeurs. Deux salariés s’occupaient de produire le “soja” à partir de graines importées de chine. Les marrons venaient du Portugal.

    Jusqu’à l’arrivée du Groupe Branco en 2010 tout allait bien, le chiffre d’affaire grimpait jusqu’à 36 milions d’euros.
    En 2012 le groupe Branco devient actionnaire principal à 60% et l’ex PDG garde 40%.
    Fin 2013 le bilan affiche une perte de 4 millions d’euros et l’entreprise est rachetée cette fois par un groupe chinois.

    Vendredi les salariés ne se faisaient pas d’illusion sur un éventuel repreneur. “C’est peut-être le cas mais on n’y croit pas beaucoup et le projet ne sauverait qu’une trentaine de personnes” nous confiait Sandrine Jézéquel du CE :

    Maintenant les salariés regrettent de n’avoir pas fait nommer un expert pour savoir comment la trésorerie de l’entreprise a pu fondre si vite.”
    CE LUNDI LA DÉCISION DU TRIBUNAL DEVAIT TOMBER
    En attendant les salariés ont décidé d’occuper l’usine. Ils ont aussi discuté avec le comptable et le directeur financier de ce qu’a pu devenir la confortable trésorie de l’entreprise avant qu’elle ne soit revendue au groupe chinois.

    Ce qui nous rend fous c’est qu’ils vont s’en sortir ! il faut que le procureur ouvre une enquête”
    Aujourd’hui, les salariés voudraient bien retrouver disent-ils, quelques traces et peut-être quelques preuves de ce qu’ils soupçonnent.
    Dans l’après-midi une délégation a rencontré le sous préfet de Lorient.

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