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Bayer rachète Monsanto en pleine bataille sur Roundup, perturbateurs endocriniens et OGM

C’est fait ! Après avoir dû relever à plusieurs reprises depuis mai le montant de son offre, le groupe allemand Bayer vient d’obtenir l’accord de Monsanto pour un rachat d’un montant de 66 milliards de dollars soit 59 milliards d’euros. Cette opération voit le jour en pleine bataille du puissant groupe chimique américain pour le maintien sur le marché de son «célèbre » Roundup – affaire liée aux perturbateurs endocriniens  - et la bataille sur les semences OGM, autre produit « phare » de la société US.

« Bayer et Monsanto ont signé mercredi un accord de fusion ferme », au prix de 128 dollars par action en numéraire, a annoncé Bayer dans un communiqué. La tractation constitue l’acquisition la plus chère jamais payée par un groupe allemand.

Une opération qui attise notamment les craintes de Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence depuis quelques mois, cette dernière annonçant même en mai dernier avoir la ferme intention de pousser ses équipes à se pencher « très attentivement » sur les grandes manoeuvres capitalistiques en cours dans l’agro-industrie. Répondant ainsi à Martin Häusling et Sven Giegold, deux députés verts allemands qui avaient alors cherché à tirer la sonnette d’alarme sur le projet de fusion entre Bayer et Monsanto. Selon eux, cette accord pourrait nuire aux intérêts des consommateurs et des agriculteurs, en diminuant la concurrence sur un marché déjà concentré.

« Je peux vous assurer que mes équipes vont investiguer très attentivement les trois fusions annoncées dans le secteur des semences et des produits agro-chimiques (Dow Chemical-Dupont, ChemChina-Syngenta et Bayer-Monsanto) », avait alors déclaré Margrethe Vestager.

Seront notamment à suivre avec la plus grande vigilance  « les effets de la fusion sur les prix, la diversité et l’accessibilité des semences ainsi que la recherche et l’innovation ».

Pour le député Sven Giegold, alors que le « marché des semences agricoles est déjà extrêmement concentré », il «  est vraiment inquiétant de voir que les agriculteurs sont de plus en plus à la merci des semenciers ».

D’après une étude commissionnée par son groupe parlementaire, 5 entreprises se partageraient 75% des semences de maïs vendues en Europe, le même nombre de structures assurant 95% de celles de légumes. Pire encore, si les trois projets de rapprochement étaient validés, le nombre de grands acteurs mondiaux passerait de 6 à 3.
Bayer, de son côté, argue que les activités des deux groupes seront complémentaires, l’un étant spécialisé dans la chimie et les pesticides, l’autre dans les semences.

Sources : AFP, Bayer, Les Echos

Elisabeth Studer – 14 septembre 2016 – www.leblogfinance.com

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