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La BCE pourrait soutenir les marchés en cas de Brexit

L’inquiétude augmente alors que la date du referendum britannique sur une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne approche à grands pas. Désormais, selon Reuters, la Banque centrale européenne (BCE) s’engagerait publiquement à soutenir les marchés financiers aux côtés de la Banque d’Angleterre en cas de Brexit.

Selon des sources proches du dossier, la BCE ferait cette annonce au tout début de la matinée du 24 juin si les résultats du vote faisaient apparaître une victoire des partisans d’une sortie de l’UE. L’objectif serait de rassurer les investisseurs et de prévenir une déstabilisation des marchés. Selon un responsable d’une banque centrale, un communiqué serait alors publié afin de « prendre l’engagement de faire tout le nécessaire pour maintenir une liquidité adéquate des marchés ».

La BCE s’engagerait notamment à ouvrir des lignes de swaps avec la Banque d’Angleterre, en vue de faciliter les échanges d’euros et de sterling et donner de facto aux banques européennes l’accès à des financements illimités dans les deux devises.

Lors de la crise financière de 2008 et après les attentats du 11 septembre 2001, la Banque Centrale Européenne avait d’ores et déjà eu recours à des arrangements comparables avec la Réserve fédérale américaine, afin de débloquer des financements en dollars.

Néanmoins, les marges de manœuvre de la BCE demeurent limitées, un renforcement de de son programme d’achats d’actifs risquant d’être confronté à la raréfaction des titres éligibles et d’accroître les critiques de ses détracteurs tels que l’Allemagne.

Si la BCE et la Banque d’Angleterre se sont refusées à tout commentaire, rappelons que le mois dernier, la Banque d’Angleterre a déclaré qu’une « incertitude accrue » liée au référendum pourrait rendre plus compliqué pour les banques l’accès à leurs sources habituelles de financement en devises et qu’elle maintiendrait en conséquence ses opérations sous revue.

A la mi-mai, des sources proches du dossier avaient indiqué que la Banque centrale européenne avait demandé aux grandes banques de la zone euro de lui préciser les dispositions qu’elles prendraient dans le cas d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Informations confirmées par la suite par la BCE elle-même, laquelle a lancé une consultation écrite à ce sujet auprès des grandes banques européennes. Un porte-parole de la BCE avait alors précisé qu’il s’agissait de s’assurer en particulier que les banques ont pris la mesure des risques et qu’elles adaptent leurs moyens en vue d’y parer.

Rappelons que l’économie britannique se place au 5eme rang au niveau mondial et au 2eme rang en ce qui concerne l’Union européenne. A l’instar notamment de Deutsche Bank qui emploie 9.000 personnes à Londres, beaucoup d’établissements de la zone euro ont établi d’importantes capacités outre-Manche, surtout dans la banque d’investissement.

Toujours selon les mêmes sources, la BCE aurait notamment demandé à une grande banque allemande des renseignements sur son exposition à la livre sterling, ainsi que sur l’ exposition de ses activités boursières, obligataires et de crédit aux marchés britanniques. La Banque Centrale Européenne souhaiterait également connaître dans quelle mesure un Brexit affecterait le ‘business model’ » des établissements financiers de la zone euro.

Les personnes participant au « dispositif Brexit » d’autres banques allemandes avaient indiqué quant à elles que les discussions avec la BCE concernaient également des thèmes tels que le financement de l’import-export et les prêts accordés à des entreprises britanniques ou allemandes très présentes en Grande-Bretagne.

Nils Beier, un responsable du cabinet de conseil Accenture précise quant à lui que la plupart des banques réexaminaient actuellement attentivement leurs positions et s’employaient à les couvrir pour éviter des pertes de trading.

Le président du régulateur financier allemand Bafin, Felix Hufeld, a rappelé qu’une fois le référendum passé, au moins deux ans seraient encore nécessaires en vue de négocier les conditions d’une sortie éventuelle de la Grande-Bretagne de l’UE, avec les conséquences pratiques que cela pourrait avoir à terme pour les banques.

A noter par ailleurs que le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, doit rencontrer ses homologues européens et le président de la BCE, Mario Draghi, le 23 juin, le jour même du référendum britannique. Les gouverneurs des 19 banques centrales des pays membres de l’Union économique et monétaire auraient également prévu de tenir une conférence téléphonique au lendemain du vote. Un communiqué pourrait être publié à l’issue de cet échange. Enfin, les banquiers centraux de la planète se retrouveront en Suisse pour la réunion annuelle de la Banque des règlements internationaux, au cours du week-end suivant le vote.

Sources : Reuters, Les Echos

Elisabeth Studer – 16 juin 2016 – www.leblogfinance.com

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3 commentaires

  1. retrouvé le retour 16 juin 2016 à 09:12

    Le vif du sujet !! Réservons aux Anglais le statut réservé à “l’autre côté du détroit” par la Chine !! Tout le monde se sentira mieux !!

  2. retrouvé le retour 24 juin 2016 à 15:38

    Au boulot les copains :)

  3. ES 25 juin 2016 à 23:10

    c’est cela ! :-) mais derrière il y en a qui doivent amasser des fortunes. ne revons pas … et si tout ceci etait organisé pour cela …. pour pallier ‘leffet crise aux USA ? Allons savoir …

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