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Hans Dieter Pötsch : de la direction financière de VW au conseil de surveillance

Enième épisode de la lutte qui oppose Ferdinand Piëch à Martin Winterkorn aux commandes de VW. Les membres les plus influents du conseil de surveillance, qui avaient proposé mercredi de reconduire Martin Winterkorn à son poste de président du directoire  jusqu’en 2018, ont proposé jeudi de nommer Hans Dieter Pötsch – l’actuel directeur financier de Volkswagen – à la présidence du conseil de surveillance, un poste laissé vacant depuis le départ pour le moins mouvementé de Ferdinand Piëch au printemps dernier. Ce dernier avait dû démissionner  après avoir formulé expressément son désaccord avec Martin Winterkorn.

« M. Pötsch se distingue par sa vision stratégique, sa profonde connaissance de l’industrie automobile et son expertise en matière de marchés financiers », justifie quant à lui l’ancien dirigeant syndical Berthold Huber, qui assure actuellement l’intérim à la tête du conseil.

La nomination de Hans Dieter Pötsch, directeur financier de VW depuis 2003 devra toutefois être soumise à l’approbation des 20 membres du conseil de surveillance… parmi lesquels figure Ferdinand Piëch. Porsche Automobil Holding SE, l’actionnaire de contrôle de VW, a d’ores et déjà fait savoir que Pötsch bénéficiait du soutien de l’ensemble du conseil de surveillance.

Si Martin Winterkorn pourrait sembler être de prime abord le grand vainqueur de la bataille, les choses ne sont pas aussi simples, car le scénario qui se profile à l’horizon pourrait être totalement à l’inverse de qu’il était en droit d’espérer comme fin de carrière à 68 ans. Il aurait bien aimé finir en beauté comme président du conseil de surveillance, en cédant éventuellement le côté opérationnel à Hans Dieter Pötsch. Mais au final, c’est bien lui qui pourrait bien être contraint d’aller au front contrôlé par son ancien numéro deux. Le cas échéant, ce dernier devra toutefois relever le défi de maintenir le soutien des parties prenantes souvent divisées, tout en améliorant la rentabilité du constructeur automobile.

Rappelons que le groupe Volkswagen a déjà démontré par le passé être l’une des entreprises les plus difficiles à gérer, des réformes radicales pouvant être bloquées par des représentants syndicaux – lesquels détiennent la moitié des sièges au conseil surveillance – et l’Etat de Basse-Saxe, qui contrôle 20 % de la société.

Selon Automotive News, Poetsch, âgé de 64 ans, aurait été choisi jeudi pour assurer le rôle de président du conseil de surveillance, compte-tenu justement de sa relative neutralité et de son caractère « non menaçant ». Autre de ses atouts : contrairement à certains autres hauts ingénieurs de VW, il a évité de se montrer comme trop redevable à l’ancien président évincé Ferdinand Piech ou le PDG Martin Winterkorn.

Si le comportement apaisant de Poetsch devrait l’aider à détendre les tensions du groupe fortement secoué par le choc entre Piech et Winterkorn, certains analystes se demandent toutefois si une approche axée sur le consensus est ce dont VW a véritablement besoin à l’heure actuelle.

Sources : Automotive News, Reuters, les Echos

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com –  05 septembre 2015

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2 commentaires

  1. retrouvé le retour 23 septembre 2015 à 13:09

    On lutte pour être à la tête? et ensuite pour sauver sa tête!!

  2. Elisabeth S 23 septembre 2015 à 23:19

    tete perdue …