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Grèce : la BCE exhorte les banques grecques à stopper leurs achats de dette nationale

Les banques grecques devraient stopper leurs achats de dette grecque. C’est en tout cas l’exhortation que la Banque centrale européenne (BCE) leur aurait adressée par écrit cette semaine, si l’on en croit une source proche du dossier.

Arguments invoqués : un tel agissement ferait peser un risque sur leur solidité financière. Sous-entendu : en achetant de la dette grecque, les établissements financiers ne font qu’accroître dangereusement leurs actifs toxiques, la Grèce étant très fortement susceptible de ne pas pouvoir honorer ses engagements financiers.

Des informations qui renforcent celles relayées par le Financial Times et le Wall Street Journal, lesquels avaient auparavant laissé entendre qu’une lettre avait été envoyée mardi aux banques grecques afin qu’elles agissent de la sorte.

Précisons qu’Athènes écoule les bons du trésor émis à intervalles réguliers essentiellement auprès des banques grecques. Une opération qui lui permet ses précédents engagements en une sorte de serpent qui se mord sans fin la queue. Processus qui lui a permis jusqu’à présent de ne pas sombrer en se maintenant à flot financièrement, alors que les caisses de l’Etat fondent comme neige au soleil.

Il n’en demeure pas moins que les agences de notation considèrent pour leur part la dette grecque comme un investissement « pourri », la probabilité que la Grèce puisse honorer ses engagements financiers étant mince à leurs yeux.
Au début du mois de février, la BCE a cessé d’accepter les obligations souveraines grecques comme garantie bancaire pour ses opérations hebdomadaires de prêts, alors que ces dernières constituaient pour les établissements une importante source de financement.

A noter que les banques grecques bénéficiaient auparavant d’un régime de faveur leur autorisant à apporter ces titres en garantie, mais l’arrivée au pouvoir d’Alexis Tsipras inquiète fortement la BCE, laquelle craint que les reformes promises par Athènes ne peinent à avancer.

A l’heure actuelle, les banques grecques se re-financent auprès de la banque centrale de Grèce via des prêts d’urgence et dans le cadre d’un mécanisme appelé ELA approuvé par la BCE. Il n’en demeure pas moins que ces emprunts s’avèrent plus onéreux pour elles, à la plus grande joie des finances internationales ….

Process telelment juteux que selon une source proche du dossier, la BCE aurait relevé à 71 milliards d’euros, contre 69,8 milliards précédemment, le plafond de ce financement d’urgence. Précisons que depuis février, la BCE relève ce seuil au moins tous les 15 jours, si ce n’est toutes les semaines.

Sources : AFP, Financial Times, Wall Street Journal

Elisabeth Studer – 26 mars 2015 – www.leblogfinance.com

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