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Turquie / Syrie : vers un prochain conflit pour le gaz de Léviathan ?

Qu’est-ce qui motive donc le conflit actuel entre Turquie et Syrie ? La politique certes … Ankara ayant le soutien de l’Otan, tandis que Damas a le soutien de la Russie, mais encore une fois la géopolitique  pourrait grandement influer sur la donne.

N’oublions pas en effet que la région contient un immense champ gazier récemment découvert au large de côtes maritimes on ne peut plus sensibles.

« Annonce qui pourrait une nouvelle fois enflammer la région » avais-je annoncé d’ores et déjà en décembre 2010 sur le www.leblogfiance.com .

Ajoutant alors que selon le groupe américain Noble Energy, société basé à Houston, Texas et principal opérateur du site, les réserves du gisement offshore de gaz naturel au large d’Israël baptisé Léviathan étaient estimées à 450 milliards de m3. Ce gisement ainsi que celui de Tamar constituent deux sites offshore très prometteurs découverts ces dernières années au large d’Israël.

Cette nouvelle estimation confirmait alors les précédentes estimations qui tablaient sur un passage du site de Léviathan du deuxième au premier rang des champs gaziers exploités par l’Etat hébreu en Méditerranée.

Selon les estimations du groupe pétrolier, Tamar – qui se trouve à 90 km au large du port de Haïfa – possède pour sa part une capacité de 238 milliards de m3 de gaz. Il s’agit du plus important champ gazier au niveau mondial découvert ces trois dernières années. Il devrait être productif dès 2012. Selon les découvertes de Noble, Tamar représenterait environ 35 années des besoins d’Israël en gaz naturel. Pour mémoire, Tamar appartient pour 30% à Noble, 28.75% à Isramco Negev, et 31% à Delek Drilling. Ladite Delek Drilling appartient à la multinationale israélienne Tshuva, laquelle est détenue par Yitzhak Tshuva qui possède aussi la compagnie d’assurance Phoenix.

En tout état de cause, des ressources qui devraient permettre à l’Etat hébreu de devenir exportateur de gaz, avais-je alors indiqué. Reprenant les propos de David Stover, haut dirigeant de Noble Energy.

Le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau, avait quant à lui préalablement précisé qu’ Israël pourrait devenir un exportateur de gaz vers l’Europe. « Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre » , avait-il même déclaré.

Mais les voisins d’Israël ne l’entendent pas de la même oreille. Lesquels entendent bien eux aussi profiter de la manne gazière. En dehors d’Israël et de Chypre, la Turquie,  la Syrie, l’Egypte et le Liban comptent bien défendre leur potentiel gazier respectif en Méditerranée.

Rappelons en effet qu’en juin 2010, le président du Parlement libanais Nabih Berri avait affirmé que le Liban devait exploiter le potentiel en gaz et en pétrole au large de ses côtes, tout en mettant en garde contre un monopole israélien des réserves énergétiques dans l’est de la Méditerranée.

Or, un article publié dans le quotidien libanais As-Safir en 2010 indiquait d’ores et déjà que le site de Leviathan pourrait devenir une nouvelle source de conflit entre les deux pays.

L’analyste des affaires israélienne du As -Safir, Hilmi Moussa, s’appuyant sur des documents israéliens, rapportant ainsi que « la zone dans laquelle on a trouvé du gaz s’étend principalement à proximité des côtes libanaises et dans les eaux internationales entre la frontière maritime de Palestine et celle de Chypre. »

« Le Liban doit immédiatement prendre des mesures pour défendre ses droits non seulement financiers, mais également économiques politiques et souverains« , avait déclaré en retour à la presse le président du Parlement libanais Nabih Berri, en juin dernier.

« Israël s’est empressé de se présenter comme un Emirat pétrolier, ignorant le fait que, d’après les cartes, ce gisement s’étendait jusqu’aux eaux libanaises« , avait également indiqué M. Berri, se voulant ferme sur le sujet.

La Turquie, ancien allié d’Israël, avait quant à elle protesté contre un accord de délimitation des zones économiques exclusives conclu le 17 décembre 2010 entre Israël et Chypre. Ce dernier est destiné à permettre aux deux pays la poursuite des recherches off-shore d’hydrocarbures de part et d’autre.

Alors que nous suggérions en janvier 2011 que l’attitude des Etats-Unis en vers l’Egypte – menaçant de réduire aides financières et militaires accordées au Caire – serait tant liée à une non adhésion à la politique répressive du gouvernement égyptien qu’à la volonté de ce dernier de contrôler l’hégémonie gazière d’Israël, les faits semblaient nous donner raison par la suite.

Le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources Minérales, Sameh Fahmi ayant en effet annoncé au journal égyptien « Al-Masry Al-Youm » étudier « la question de revendiquer la part de l’Egypte dans les gisements de gaz trouvés au large de la côte israélienne ».

Le ministre ajoutant par ailleurs que « déja trois autres pays, le Liban, la Turquie et Chypre considèr(ai)ent la possibilité de revendiquer le gaz des gisements exploités par Israël » .

Fait majeur, Sameh Fahmi avait par ailleurs déclaré que l’Egypte ne donnerait aucun permis d’exporter le gaz vers l’Europe, via la frontière israélo-égyptienne, scénario largement envisagé par la partie israélienne.

Si la Syrie semble concentrée actuellement sur des affaires internes, elle n’en demeure pas moins grandement préoccupée par le partage de l’immense champ gazier que représente Leviathan.

L’enjeu est double pour le pays : un enjeu international, ces nouvelles ressources étant susceptibles de remettre en cause sa contribution à l’approvisionnement de l’Europe toute proche, et un enjeu plus local, avec la mainmise sur les espaces maritimes riches en gaz et en pétrole souhaitée par les Alaouites http://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-Alaouites-et-la-crise.html .

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24 commentaires

  1. mehdi assem 6 octobre 2012 à 14:48

    La fin d’isra

  2. Elisabeth Studer 4 novembre 2012 à 14:26

    A lire et

  3. Elisabeth Studer 21 mars 2013 à 00:46

    La Grèce proteste contre des prospections turques dans ses eaux

    ATHENES – La Grèce va protester auprès des autorités turques contre la présence dans une zone relevant du plateau continental grec d’un bateau turc de prospection océanographique, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères.

    Les autorités turques ont annoncé que le bateau de prospection Bilim 2 (…) allait réaliser des recherches océanographiques entre les 18 et 21 mars dans les eaux internationales et dans une zone relevant du plateau continental grec en mer Égée, a déclaré le porte-parole du ministère, Grigoris Délavekouras.

    Pour entreprendre des prospections dans cette zone grecque, il aurait fallu, selon Athènes, notifier aux autorités grecques tout élément nécessaire, ce qui n’a pas été fait par les autorités turques, a expliqué M. Délavekouras, cité dans un communiqué après avoir été interrogé par des médias.

    L’ambassade de Grèce à Ankara va procéder à toute action nécessaire, conclut le communiqué.

    Athènes et Ankara se disputent au sujet de la délimitation du plateau continental de la mer Egée, qui inclut les fonds marins et leur sous-sol. La Grèce invoque en sa faveur les dispositions de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, dont la Turquie n’est pas signataire.

    La Grèce a saisi en février l’ONU pour garantir ses droits sur les fonds marins en mer Egée, après l’attribution par la Turquie de permis de prospection à la recherche d’hydrocarbures dans cette zone.

    En 2012, la Grèce a lancé les prospections d’hydrocarbures en mer Ionienne (ouest) en vue de profiter des ressources énergétiques face à la crise qui frappe le pays.

    A l’instar des ressources énergétiques découvertes dans les zones économiques exclusives (ZEE) à Chypre et en Israël, le Premier ministre grec Antonis Samaras a récemment indiqué qu’Athènes pouvait jouer un rôle important pour l’acheminement et la prospection des ressources énergétiques et appelé l’UE à étudier une politique européenne commune en la matière.

    (©AFP / 20 mars 2013 18h39)

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