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Burkina Faso : un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis ?

Elisabeth Studer Actualités, Economie 4 commentaires

 Burkina  Faso : au final, il pourrait s’agir d’un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis, vous en doutiez ? Pas vraiment en ce qui me concerne et loin s’en faut …

Alors que nous soulevions ici-même récemment le fait que l’armée prenne le pouvoir dans un pays stratégique pour le transit de l’uranium du Niger et, qui plus est partenaire de l’Iran, certains medias n’y vont pas par quatre chemins, affirmant tout haut ce que nous laissions juste entendre à demi-mots.

Rappelons les faits : après 27 ans de pouvoir, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré a été aussi soudainement que rapidement renversé le 30 octobre dernier. Depuis 2011, une politique de répression lui avait permis de se maintenir à la tête du pays.

Ce qui a officiellement enflammée les foules : le président Compaoré venait d’annoncer son intention de modifier l’article 37 de la Loi fondamentale, en vue de pouvoir se représenter en 2015 et poursuivre son mandat.

Désormais, après avoir rapidement démissionné, il a fui le pays direction la Côte d’Ivoire, pays dont il détient la nationalité par son mariage. Si l’on en croit certains medias, l’Etat français pourrait l’avoir aidé à mener à bien cette opération.

Précisons que Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir, le 15 octobre 1987, en renversant et en éliminant son prédécesseur, l’anti-impérialiste Thomas Sankara. Il n’est pas totalement irraisonné de penser que son accession via un coup d’Etat a été préparé par la France, alors gouvernée en cohabitation par François Mitterrand et Jacques Chirac.

Et ce, d’autant plus que durant ses 27 années de pouvoir, Blaise Compaoré a soutenu les opérations néo-coloniales françaises en Angola, au Libéria, en Sierra Leone, au Mali, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

Quant au général Honoré Traoré, après la démission du président Compaoré, le chef d’état-major des armées, il annonce, le 31 octobre, qu’il assumera la transition durant les douze mois à venir. Mais, dès le lendemain, 1er novembre, il cède sa place au lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, cédant ainsi à la pression des États-Unis.

Or, des Etats-Unis, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida en est proche, voire très proche … puisqu’en 2012, il a suivi une formation contre-terroriste à la base aérienne de MacDill (Floride) et une formation de renseignement militaire dispensée par le Pentagone au Bostwana. Rien que cela …

Ajoutons qu’alors que la législation américaine impose à l’exécutif de sanctionner tout gouvernement issu d’un coup d’État militaire, le département d’État US a salué l’arrivée au pouvoir du lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida et lui a demandé d’installer au plus tôt un gouvernement civil.

Le motif d’une telle opération US aboutissant au final à ce coup d’Etat : freiner voire stopper la progression des grands groupes européens sur le territoire africain.

Rappelons ainsi que le 7 novembre 2013, le Président nigérien, Mahamadou Issoufou, et son homologue béninois, Boni Yayi, ont signé un Mémorandum d’Entente pour la réhabilitation, la construction et l’exploitation des chemins de fer reliant Cotonou à Niamey. Tronçon intégré dans la boucle ferroviaire qui doit relier Cotonou (Bénin) à Abidjan (Côte d’Ivoire) , via Niamey (Niger) et Ouagadougou (Burkina Faso ). La boucle ferroviaire devra permettra à terme de relier le Niger au Burkina Faso et à la Côte d’Ivoire, devenant ainsi l’une des plus longues lignes de chemin de fer de la région.
A cette occasion le patron du groupe Timis qui finance l’étude de faisabilité de la voie ferrée Dori-Niamey avait indiqué que la réalisation de ce projet aura « un impact économique certain pour le Niger et les pays de la région, en facilitant l’exportation de la production agricole, du bétail et des ressources minières, ainsi que l’importation d’autres produits. »
Sources : AFP, Associated Press,Voltaire.net

Elisabeth Studer – 07 novembre 2014 – www.leblogfinance.com

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Mali : la Chine va financer la construction de voies ferrées pour le transit des matières premières jusqu’au Sénégal

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4 commentaires

  1. ES 8 novembre 2014 à 10:47
  2. retrouvé le retour 8 novembre 2014 à 19:53

    Cela n’a pas beaucoup d’importance, faire parler anglais au Rouanda, semer la merde ici où là. Les USA, en pleine déroute, c’est le capitaine du Titanic qui tire sur ses propres chaloupes, rien que du petit, du ridicule. La machine coulera “in fine”!!

    Tout le monde a bien compris que nous connaissons actuellement qu’un tout début de crise, du rikiki à côté de ce qui se prépare économiquement. La production de papier monnaie et la pêche en eau troubles sont le dernier refuge.
    Que les Indiens mangent ou pas, cela est-il important ? Voilà ce qu’en pense leur gouvernement.

    http://www.rts.ch/info/economie/6287492-l-omc-face-a-la-plus-grave-crise-de-son-histoire-previent-son-directeur.html

    Mais où est donc passé L’amy, notre frenchy jurassien anciennement chef de cette belle machine. Voilà maintenant que les Indiens réclament !!

  3. Elisabeth S 20 septembre 2015 à 09:42

    petit rappel
    scénario bien rode désormais
    stratégie du choc …. guerre des matieres premieres

  4. Elisabeth Studer 1 février 2016 à 01:25

    Burkina : les priorités d’Alpha Oumar Dissa, nouveau ministre des Mines et de l’Énergie
    15 janvier 2016 à 15h40 – Jeune Afrique

    Baisse des cours de l’or, amélioration des conditions d’exercice de l’orpaillage, préoccupations environnementales, attentes des populations, délestages récurrents… La tâche du nouveau ministre burkinabè ne sera pas de tout repos. Il a dévoilé ses priorités à “Jeune Afrique”.

    C’est à un jeune universitaire spécialiste des questions environnementales que le premier ministre Paul Kaba Thieba a confié le ministère des Mines, de l’Énergie et des Carrières. Alpha Oumar Dissa, 37 ans, est maître de conférences à l’université de Ouagadougou. Ce natif de Orodara, dans le Kénédougou à l’ouest du Burkina. Ses responsabilités au gouvernement s’inscrivent dans le prolongement du travail effectué durant la campagne : il a travaillé sur le volet énergie et mines du programme du nouveau président Roch Marc Christian Kaboré.

    Le nouveau ministre déborde d’ambitions pour le secteur minier, premier pourvoyeur de recettes du pays, avec un apport de 168 milliards de F CFA en 2014, soit 12 % des recettes fiscales, pour une production d’or en progression de 32 à 36,5 tonnes entre 2013 et 2014.

    « Il y a tellement de problèmes dans ce secteur que je n’ai pas envie de remuer le couteau dans la fourmilière », dit-il à Jeune Afrique, qu’il a reçu à Ouagadougou après sa nomination. Toutefois, Alpha Oumar Dissa compte mettre l’accent sur l’orientation des dépenses des revenus miniers vers les secteurs sociaux. Il n’exclut pas non plus de revenir sur certains aspects du code minier, modifié en juin dernier.

    Autre chantier de taille à l’agenda minier du ministre : la réorganisation de l’orpaillage dont une partie importante de la population burkinabè dépend. Instaurer une délivrance de permis aux mineurs artisanaux qui seraient un million à dépendre du secteur (sur une population totale de 18 millions de personnes), mettre un terme au travail des enfants dans cette activité et aux pollutions de l’environnement par le recours aux cyanure et au mercure, utilisés pour rendre l’or soluble. Les réformes, là non plus, ne manqueront pas.

    Accueil favorable

    Ce qui ne défrise pas les représentants des professionnels du secteur, qui accueille plutôt favorablement son arrivée.

    « Nous saluons cette nomination qui intervient dans un contexte (baisse de cours et des investissements, fortes attentes des populations locales ) où il faut réussir à relancer les activités. Pour nous, il faut encourager plus de mines à entrer en production. À défaut de revoir le code minier, cela passe par la révision de ses textes d’application », souligne le secrétaire général de la Chambre des mines, Aboubacar Sidikou.

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