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Géorgie : Ivanichvili, nouveau Premier ministre, invite l’Otan pour remercier les USA pour leur soutien ?

Une manière pour Ivanichvili de remercier les USA pour le financement de sa campagne ou de  s’attirer  un  soutien politique  bien utile …  si ce n’est déjà fait ? Allez savoir  … une forte odeur de pétrole  et de gaz  pouvant encore  une fois  roder  dans les  environs  …

Quoi qu’il  en soit le nouveau premier ministre géorgien Bidzina Ivanichvili  a  déclaré  mercredi  à Bruxelles   que Tbilissi proposait à l’Otan de créer un groupe de travail pour prendre part à l’enquête contre les ex-hauts responsables de l’armée et du gouvernement géorgien.

A  surveiller  de  près, les Etats-Unis  pouvant  user de ce moyen pour « occuper » à leur façon un pays hautement stratégique en terme de transit gazier.

- Quand   le secrétaire général de l’Otan  critique ouvertement la Géorgie

En tout état   de cause, cette  « proposition »  fait suite  aux critiques  prononcées  officiellement  par le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen, lequel avait pointé du doigt  les  autorités géorgiennes suite à  leur décision d’arrêter l’ex-ministre de la Défense et de l’Intérieur Batcho Akhalaï et le chef d’état-major interarmées Gueorgui Kalandadze, ces derniers  étant  accusés d’abus de pouvoir et de mauvais traitements.

Selon M.Ivanichvili, l’arrestation de responsables hauts placés constitue « une honte » pour le pays, et la réaction de l’Occident face à la situation en Géorgie est « naturelle et adéquate ».

« Les anciennes autorités géorgiennes, dont le président actuel, cherchent à présenter ces arrestations comme un règlement de comptes, mais ceci n’est pas le cas », a par  ailleurs souligné le chef du gouvernement géorgien.

Rappelons  que le 25  octobre  dernier,  le parlement  de Géorgie a approuvé le nouveau gouvernement du pays, ce dernier ayant désormais  à sa tête le premier ministre Bidzina Ivanichvili, leader de la coalition Rêve géorgien. Laquelle  a remporté les élections législatives le  1er octobre  dernier.

Après la victoire de la coalition Rêve géorgien aux législatives, le président Saakachvili a annoncé qu’il passait dans l’opposition.

Selon  le  site  Medianews, repris  par Courrier International, le 14 novembre  dernier, huit hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, dont le directeur du Département de la sécurité constitutionnelle, Levan Kardava, ont été arrêtés pour “séquestration illégale”  – enlèvement et séquestration d’un garde du corps de Bidzina Ivanichvili en septembre – destruction de biens d’autrui – dommages causés avant les élections du 1er octobre à des biens appartenant à Kartou Group, détenu par Ivanichvil -  et outre-passement de prérogatives. 

- La  Géorgie : un  enjeu géopolitique  majeur 

Alors que la Géorgie voit arriver à sa tête un nouvel homme politique, milliardaire issu du monde des affaires et que les élections présidentielles américaines viennent de  permettre à Obama  de rester à la Maison blanche, il n’est somme toute pas tout à fait inutile de rappeler l’ampleur qu’avait revêtue le pays lors des précédentes élections aux Etats-Unis.

Si la Russie a dépensé 12,5 milliards de roubles (347 millions d’euros), lors des cinq premiers jours d’hostilités dans la zone de conflit en Ossétie du Sud, les Etats-Unis « ne sont pas en reste » avais-je ainsi indiqué en août 2008.

Précisant que George Bush allait débloquer 5,75 millions de dollars pour l’aide à la Géorgie. Objectif affiché alors par la Maison Blanche : aider le pays à faire face aux problèmes de réfugiés générés par le conflit avec la Russie. Dans un mémorandum adressé à la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, M. Bush indiquait ainsi que cette aide visait à répondre « aux besoins humanitaires des victimes du conflit et de ceux qui ont été déplacés par les récentes violences en Géorgie« .

Le président américain ajoutant alors que l’argent sera prélevé sur le Fonds américain d’urgence d’assistance aux réfugiés. Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) estimant parallèlement à plus de 118.000 le nombre de personnes déplacées par le conflit.

- L’implication des Etats-Unis

Mais quelle est l’implication exacte des Etats-Unis dans le conflit ? Soutien, guerre froide, ou guerre via Géorgie interposée ? m’étais-je alors interrogée. Rappelons que Vladimir Poutine – alors premier ministre de la Russie – avait accusé les Etats-Unis d’avoir interféré dans le conflit en Géorgie, affirmant que sur le terrain des « ordres » étaient donnés par les Américains, La Maison Blanche avait quant à elle réfuté l’accusation « non rationnelle » de Vladimir Poutine, selon qui les Etats-Unis auraient orchestré le conflit en Géorgie pour des raisons de politique intérieure. Le premier ministre d’alors avait préalablement déclaré qu’il soupçonnait Washington d’avoir encouragé la Géorgie à attaquer l’Ossétie du Sud et avait suggéré que cela pouvait avoir un rapport avec l’élection présidentielle US. « Si mes supputations sont confirmées, on peut alors soupçonner que quelqu’un aux Etats-Unis ait consciemment créé ce conflit dans le but d’aggraver la situation et de créer un avantage (…) pour l’un des candidats dans la bataille pour le poste de président des Etats-Unis » avait-il ajouté ….

Selon la Presse canadienne de 2008, depuis la chute de l’Empire soviétique en 1991, les Etats-Unis avaient à cette date débloqué 1,7 milliard de dollars (1,15 milliard d’euros actuels) pour aider la Géorgie « à bâtir des institutions démocratiques et à mener à bien les nécessaires réformes».

Entre 1998 et 2008, 277 millions de dollars (187 millions d’euros) ont servi à la formation de l’armée géorgienne, à la fourniture d’uniformes, véhicules et autres matériels, ainsi qu’à la formation des soldats qui ont rejoint, pour prix de ce soutien, les forces américaines en Irak.

Une « coopération » qui a dès le début provoqué l’ire de Moscou, alors que le patron du Pentagone estimait quant à lui que la Russie avait envahi la Géorgie surtout pour punir Tbilissi de son pro-occidentalisme et d’avoir oser aspirer à intégrer l’Otan. Dans un entretien avec la presse suisse, le politologue américain Daniel Warner n’y allait alors pas par quatre chemins pour sa part, estimant quant à lui que la guerre en Géorgie était tombé bigrement bien à pic pour doper la campagne de McCain.

A cette période, la Géorgie était ni plus ni moins que le second pays en termes d’aide financière américaine par personne, après Israël.   Tandis  que de nombreuses organisations américaines ont investi en Géorgie, comme USAID, Rand Corporation, Eurasia Foundation, Open Society, National Endowment for Democracy.

Warner précisant également que l’armée géorgienne est conseillée par des militaires américains et israéliens. L’Etat israëlien reconnaissant que des drones de fabrication israélienne avaient été acquis par la Géorgie.

Cerise sur le gâteau fournie sur un plateau par Daniel Warner : l’aide humanitaire américaine à la Géorgie n’était pas alors acheminée par l’OCHA (Office pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU), mais passait par Robert Gate, le ministre américain de la Défense. « Comment le Pentagone peut-il être responsable de l’acheminement de l’aide humanitaire? » s’interrogeait alors le politologue.

-  Ivanichvili : un nouveau premier  ministre pro-occidental

Perdu dans le magma informe de l’avalanche de nouvelles dont nous sommes abreuvées tous les jours, l’arrivée au pouvoir du milliardaire Bidzina Ivanichvili en Géorgie est pourtant loin d’être anodine. Le pays pourrait en effet être très rapidement une nouvelle source de conflit international, et qui plus est de conflit gazier …  avais-je déjà prévenu  en octobre dernier.

A   l’heure  qu’il est, le milliardaire a   d’ores et déjà assuré reprendre à son compte l’orientation pro-occidentale du pays.  Annonçant que son nouveau gouvernement ferait appel à plusieurs anciens diplomates, des vétérans de la politique issus du gouvernement de l’ex-président Edouard Chevardnadze, chassé du pouvoir lors de la Révolution de la Rose, et de nouveaux venus tels que la star du football géorgien Kakha Kaladzé, nommé ministre de l‘Energie.

Nomination pleine de symbole … En effet avoir recours à un « non-spécialiste » dirons-nous poliment, pour ne pas dire à un néophyte à une place aussi stratégique au niveau national … voire au niveau mondial … signifie clairement que le nouveau gouvernement entend bien tirer les ficelles sur ce domaine oh combien d’importance pour le pays et pour l’Europe toute entière.

-  La  Géorgie, pièce maîtresse  du gazoduc  AGRI pour  le gaz d’Azerbaïdjan

Rappelez-vous …

En avril 2010, la Roumanie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie ont signé un accord sur la construction de deux terminaux de gaz liquéfié au bord de la mer Noire, l’un en Roumanie, l’autre en Géorgie. Un projet dénommé AGRI qui se veut « complémentaire » à celui concernant le gazoduc européen Nabucco. Au grand dam de la Russie …

AGRI devrait être destiné au transport de gaz – via pipeline – en provenance d’Azerbaïdjan jusqu’à un port dans la mer Noire en Géorgie, en vue de sa liquéfaction. Le gaz devrait être ensuite transporté sur des bateaux-citernes jusqu’au port de Constanza (Roumanie)sur la mer Noire. De là, le gaz sera pompé via le système de gazoduc roumain vers la Hongrie et le reste du marché européen.

Le secrétaire d’Etat à l’Economie de Roumanie, Tudor Serban avait laissé entendre que la capacité des terminaux serait d’environ 7 milliards de mètres cubes de gaz, tandis que le coût du projet devrait être compris dans une fourchette de 2 à 4 milliards d’euros.

Le projet envisage la construction d’une usine de liquéfaction pour les exportations de GNL sur le terminal d’exportation de pétrole azerbaïdjanais de Kulevi en Géorgie, ainsi que la construction d’un terminal pour importer le gaz liquéfié vers une installation de re-gazéification en Roumanie.

Les partisans du projet AGRI affirment qu’il devrait s’agir du projet le plus rapide à mettre en oeuvre parmi ceux concernant le corridor sud pour le gaz.

Ses détracteurs affirment toutefois le port de Kulevi est « à deux pas » de l’Abkhazie séparatiste sous quasi-contrôle de la Russie et que l’implantation locale de troupes russes permettraient aisément à la Russie d’endommager le gazoduc si elle le souhaitait.

Sources : AFP, Presse Canadienne, hebdo.ch, Associated Press

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com – 18 novembre 2012 -

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13 commentaires

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