Espagne : réunion Zapatero / BTP reportée sine die

Jose-Luis-Zapatero-espagne.jpgMauvais signe ? Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a renvoyé sine die la tenue d'une réunion programmée initialement mercredi entre les patrons des entreprises de construction du pays.

Le sujet qui devait être évoqué : la cure d'austérité qui sévit actuellement dans leur secteur. Les raisons de ce report n'ont pas été précisées.

Préalablement à cette annonce, les économistes laissaient entendre que Madrid disposait de peu de liquidités pour pouvoir soutenir le secteur de la construction, lequel demeure en difficulté depuis l'explosion de la bulle immobilière.

Pour eux, l'Etat espagnol devrait davantage mettre la priorité sur la réduction du déficit public. Rappelons en effet que la semaine dernière, Jose Manuel Gonzalez-Paramo, membre du directoire la Banque centrale européenne, avait indiqué que Madrid devrait faire encore réduire son budget 2011.

Avant que l'Etat espagnol n'annonce officiellement le report de cette réunion, des sources proches du dossier avaient indiqué que « les Présidents des six plus grands groupes de construction avaient été appelés à rencontrer le gouvernement le 18 août à 11h30" suite à une demande faite par le ministre des Infrastructures.

Selon la presse espagnole, auraient dû être présents les présidents des groupes ACS (Florentino Pérez), Acciona (José Manuel Entrecanales), Ferrovial (Rafael del Pino), FCC (Baldomero Falcones), Sacyr (Luis del Rivero) et OHL (Juan Miguel Villar Mir).

Le 22 juillet dernier, le ministre de l'Equipement et des Transports, José Blanco, avait annoncé une réduction du budget de son ministère de 6,4 milliards d'euros pour 2010 et 2011, entraînant un gel pour une durée allant d'un à quatre ans, de 199 travaux de routes, d'autoroutes et de chemins de fer, et l'annulation de 32 appels d'offres déjà attribués par l'Etat.

Toutefois, la semaine dernière, M. Zapatero avait déclaré qu'il prévoyait d'ici "dix à quinze jours" d'"alléger" ces mesures d'austérité, pour maintenir "certains" des travaux gelés.

Si l'on en croit la presse espagnole, le montant des projets sauvés ainsi in extremis serait proche de 500 millions d'euros.

Les spécialistes de la construction s'inquiètent également du fait que certaines mairies très endettées soient en retard dans leurs règlements de travaux et services réalisés. Dimanche, le quotidien El Pais affirmait ainsi dans ses colonnes que les mairies espagnoles devaient encore 3,5 milliards d'euros aux groupes de construction.

A noter également que fin juillet, les entreprises du BTP, inquiètes de ces restrictions budgétaires avaient demandé au gouvernement la mise en place d'un plan d'aide au secteur, sous forme de crédits ou de mesures fiscales. L'instauration d'un fonds de soutien similaire à celui du secteur bancaire avait été également suggéré.

Alors que l'Espagne est confrontée à un taux de chômage sans précédent, les syndicats avaient protesté, estimant que les coupes budgétaires envisagées allaient entraîner une perte de 100.000 emplois. Rappelons que si la construction avait pu constituer un secteur-phare du pays pendant les années de croissance, elle subit de plein fouet l'éclatement de la bulle immobilière survenue en 2008 en Espagne ainsi que la crise financière.

Sources : AFP, Reuters, Presse espagnole

 

 

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