Espagne : le solaire victime du déficit budgétaire

ims3.jpgL'état des finances publiques de l'Espagne semble avoir fait une nouvelle victime : l'énergie solaire.

Alors que le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé vendredi que le budget 2011 serait "restrictif et austère" - réaffirmant par ailleurs les objectifs de réduction du déficit public à 6% du PIB en 2011 et 3% en 2013 - Madrid a annoncé parallèlement son intention de réduire fortement les aides publiques à la construction d'installations de production d'électricité photovoltaïque.

Selon le projet de loi présenté par le ministère de l'Industrie, la baisse des aides concernant le secteur atteindra 45% pour les nouvelles centrales au sol, 25% pour les nouvelles installations de grande ampleur de panneaux solaires sur toit et 5% pour les installations sur toit de taille limitée.

Le projet doit toutefois obtenir l'aval de la CNE, l'autorité de régulation du marché espagnol de l'énergie.

Début juillet, le gouvernement espagnol avait déjà conclu des accords avec les représentants du secteur des énergies renouvelables sur la réduction des aides à l'éolien et au solaire thermique.

Si les aides publiques ont permis de faire de l'Espagne l'un des principaux producteurs d'électricité éolienne et solaire, certains analystes n'hésitent pas à dire que cette politique aura également conduit les compagnies spécialisées à creuser leur endettement en multipliant les investissements.

Ainsi, les dettes des compagnies d'électricité - garanties par l'Etat .... - et liées à ces aides ont atteint 6,5 milliards d'euros sur la seule année 2009.

Certes, l'Espagne est aujourd'hui le deuxième producteur mondial d'énergie solaire. Sa capacité de production photovoltaïque devrait dépasser 4.000 mégawatts à la fin de cette année si l'on en croit certaines estimations.

La réduction annoncée des subventions pourrait affecter l'activité des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables, des sociétés espagnoles telles que Abengoa et Solaria, mais également le groupe allemand Q-Cells ou l'américaine First Solar.

Joli coup de Madrid qui aurait ainsi trouver la solution pour réduire son budget en limitant autant que faire se peut les incidences sur l'économie nationale.

Des mesures qui interviennent alors que si vendredi le Fonds monétaire international (FMI) a salué dans son rapport annuel sur l'Espagne, les réformes engagées par ce pays, il a toutefois mis en garde contre une reprise économique "faible et fragile", abaissant sa prévision de croissance 2011 à 0,6% contre 0,9% avant.

Sources : AFP, Reuters

A lire également :

. La Bourse de Mardi victime des mesures énergiques du gouvernement

 

 

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée