Certains états et gouvernements pourront pousser un soupir de soulagement !
Alors que les inquiétudes les plus vives sont alimentées par des informations alarmantes concernant l'état des finances publiques de l'Espagne, l'agence de notation Fitch a estime mardi qu'elle ne disposait d'aucune raison valable lui permettant de dégrader sa note. Pour l'instant.
Selon l'agence de notation, la situation serait loin d'être désespérante et désespérée, le gouvernement espagnol ayant pris rapidement des mesures qualifiées par Madrid d'"assez ambitieuses", l'objectif étant de réduire le déficit public.
"A ce stade, nous pensons que l'Espagne réunit toujours les conditions d'une note AAA", a ainsi déclaré Brian Coulton, économiste de Fitch, lors d'une conférence de presse téléphonique. Selon lui, la péninsule ibérique "a agi relativement vite pour réorienter sa politique budgétaire en vue d'une consolidation" des finances publiques.
Un hic tout de même : le cercle étant plus vicieux et vicié que jamais, "le principal risque" encouru par l'Espagne - selon Fitch - est qu'a contrario cette politique d'austérité pourrait probablement retarder la reprise de la croissance espagnole. Le serpent qui se mord la queue en quelque sorte ...
Rappelons à cet égard que Madrid a annoncé récemment un plan d'austérité de 50 milliards d'euros pour ramener son déficit public de 11,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 à 3% en 2013, tout en projetant d'allonger l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans contre 65 ans actuellement. Au grand dam des Espagnols .... qui pourraient fortement réagir ...
Se voulant rassurant (voire guidé par quelques "grands" de ce monde ?) Brian Coulton a estimé également que le "risque de contagion dans sa forme extrême est exagéré". Selon lui le risque de voir une crise financière au sein de l'Union économique et monétaire (UEM) "mener à l'explosion de la zone euro" est "extrêmement faible".
L'économiste de Fitch considère par ailleurs que "si les principaux pays de l'Union européenne veulent vraiment aider un pays plus faible qui traverse une crise financière, ils trouveront une manière de le faire".
Rappelons que lundi, le gouvernement espagnol s'en est pris aux spéculateurs financiers, tentant par ailleurs de rassurer les investisseurs sur la capacité de l'Espagne à rembourser sa dette. "On assiste à des manoeuvres troubles parce qu'il y a une résistance très claire contre un contrôle et une régulation accrus des marchés" émanant de "ceux qui sont à l'origine de cette crise, les spéculateurs financiers internationaux", a affirmé tout net José Blanco, le ministre des Transports et numéro deux du parti socialiste espagnol.
S'exprimant sur la radio Cadena Ser, le responsable politique a ainsi estimé qu'il s'agissait d'"une attaque très claire contre l'euro" et qu'il fallait "y répondre".
Et pourtant, en fin d'année 2009, alors que le risque semblait moindre, Fitch s'était montré ferme affirmant que "la Grande-Bretagne, l'Espagne et la France devaient mettre en œuvre une politique budgétaire crédible dans les prochaines années, étant donné le rythme de dégradation de leurs comptes et les défis auxquels ils devront faire face pour stabiliser leur endettement".
L'agence avait même averti : en cas d'inaction, «la pression sur la note de leur dette s'intensifiera».
Alors changement d'avis ... justifié financièrement ou ..... politiquement ?
Sources : AFP, Le Figaro, Reuters
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