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Espagne : les finances publiques font dégringoler la Bourse

benidorm_1.jpg2010 pourrait commencer bien mal … Après la Grèce, c’est au tour du Portugal et de l’Espagne d’inquiéter les marchés.

L’indice vedette Ibex-35 de la Bourse de Madrid a ainsi littéralement dégringolé jeudi. L’état des finances publiques espagnoles ne semblant guère reluisant

L’Ibex – 35 a ainsi chuté de 5,94%, à 10.241,7 points, la situation sur les marchés américains n’arrangeant rien à l’affaire.

Selon les médias espagnols, il s’agit de la plus forte baisse observée sur cet indice depuis novembre 2008 ! C’est vous dire !

La totalité des titres cotés ont ainsi terminé en recul ! Cancre parmi les cancres : Santander, la banque perdant 9,4%, et ce malgré l’annonce de résultats annuels plutôt satisfaisants. Les valeurs bancaires ont en effet particulièrment, BBVA régressant de 7,54% tandis que Banco Popular chutait de 6,54%.

La plus forte baisse a été subie Ferrovial, groupe de BTP et de services : son titre s’est effondré de 11,34% ! Il est vrai que la compagnie est particulièrement exposée à l’Espagne et au Royaume-Uni, tout en étant fortement endettée.

Durant toute la matinée, l’indice s’est progressivement enfoncé, accélérant même ses pertes après l’annonce d’une remontée inattendue du nombre de nouveaux chômeurs aux Etats-Unis.

Mais la Bourse de Madrid est avant tout secouée depuis mercredi par de vives inquiétudes générées par la très forte dégradation des comptes publics de l’Etat espagnol.

Des craintes attisées par des rumeurs persistantes sur un possible abaissement de la perspective allouée à l’économie espagnole par des agences de notation telles que Moody’s ou Fitch, Standard & Poor’s ayant pour sa part procédé à une rétrogradation dès le mois de décembre.

Petit espoir tout de même ? simple recours à la méthode Coué ? ou discours tentant avant tout de rassurer les marchés ?

L’Espagne et le Portugal,ne présentent “pas de risque” pour la stabilité de la zone euro, a tenu à assurer jeudi Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro.

Mercredi, lors d’une conférence de presse sur la Grèce, le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, avait indiqué quant à lui que “certains membres de la zone euro”, dont la Grèce, l’Espagne et le Portugal, “partagent des problèmes communs”. Un “amalgame” qui avait fortement déplu tant à Lisbonne qu’à Madrid.

Dans une note d’analyse, l’économiste américain Nouriel Roubini, a souligné pour sa part que “si la Grèce est un problème pour la zone euro, l’Espagne pourrait être un désastre parce qu’elle en est la quatrième économie”.

Entrée en récession en 2008, l’Espagne a vu ses déficits publics passer d’un excédent de 2,23% du PIB en 2007 …. à un déficit de 11,4% en 2009. Sa dette publique a progressé de 36,2% du PIB en 2007 à 55,2% en 2009 ! Selon les prévisions du gouvernement, elle devrait atteindre le taux de 74,3% en 2012.

Comme par magie, le déficit devrait néanmoins être ramené à 3% en 2013 … selon les annonces officielles …

Méthode miracle ? Un plan d’austérité de 50 milliards d’euros sur trois ans annoncé la semaine dernière par le gouvernement.

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16 commentaires

  1. Elisabeth 5 février 2010 à 00:22

    A Washington, Zapatero juge la dette de l’Espagne “raisonnable”
    AFP 04.02.10 | 23h55
    La dette de l’Espagne reste à un niveau “raisonnable”, a déclaré jeudi à Washington le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, au terme d’une journée noire à la Bourse de Madrid sur fond d’inquiétudes pour les finances publiques du pays.
    “En Espagne, la dette est raisonnable et notre statut de pays solvable est garanti”, a déclaré M. Zapatero, selon des propos rapportés par son gouvernement.
    “Après la crise, le moment est venu de remettre à plat les comptes publics”, a ajouté le chef du gouvernement, lors d’une visite à la Chambre de commerce américaine qui était fermée à la presse.
    L’Espagne s’attaquera sans hésitation aux réformes comme celles du marché du travail mais son système financier est solvable, a-t-il assuré en s’adressant à des entrepreneurs et des investisseurs.

  2. Nenuphar 5 février 2010 à 10:19

    Prendre à la lettre l’adage selon lequel : “Quand l’immobilier va, tout va” a été catastrophique pour le monde entier. Chaque pays a basé son économie sur ce créneau en attribuant à tout va des crédits même à ceux qui n’avaient pas de garantie ou simplement pas les capacités à rembourser, qu’il s’agisse d’ailleurs d’acquéreurs ou de promoteurs. Le suivisme des USA, comme de coutume, a laissé des traces et les “subprimes” existent donc partout dans le monde, y compris dans les pays émergents, faisant chuter les économies réelles et exploser les déficits, laissant les états k.o debout.

  3. Lambert Francis 5 février 2010 à 13:31

    l’Espagne, l’Irlande et la Grèce.
    Ces trois pays ont ensemble importé presque autant de produits exportés d’Allemagne que les Etats-Unis en 2007,
    et le double de produits exportés de France, remarque-t-il.
    Autrement dit, leur marasme pourrait avoir un impact non négligeable sur les poids lourds de la zone euro.
    Reuters 05/02/2010 à 12:48 La zone euro subit sa plus grosse tempête
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=b8562d4805858017ff93fe16edb301f2

  4. Dadounet 5 février 2010 à 14:10

    > Le suivisme des USA (…) laissant les états k.o. debout.
    Ce n’est pas tant le suivisme des USA qui est à incriminer que l’intervention étatique dans l’économie ; le socialisme ruine tous les états, les USA comme les autres.

  5. Nenuphar 5 février 2010 à 14:26

    “le socialisme ruine tous les états, les USA comme les autres”. Oui bien sûr, surtout si vous allez dire ça aux intéressés qui voient la socialisation des dettes et des pertes (renflouements des banques) à la charge des contribuables alors que les dirigeants de ces banques restent, droits dans leurs bottes, des capitalistes en engrangeant des bonus et des rémunérations toujours plus importants grâce justement aux seuls renflouements et pas à leur travail. C’est beau le capitalisme.

  6. Dadounet 5 février 2010 à 17:23

    Mon pauvre nénuphar, tu n’as rien compris, tu es parti pour te faire escroquer toute ta vie !
    La socialisation des dettes est une ignominie, rendue possible par l’intervention étatique, socialiste ; les salauds ont bien compris comment utiliser l’état à leur service, et tous ces salauds ne sont pas à la CGT !
    Un état non socialiste n’intervient pas pour sauver les banques et les entreprises en difficulté, donc elles font attention ou disparaissent, et ne sont alors pas des parasites de l’économie, mais l’économie elle-même.

  7. Nenuphar 5 février 2010 à 19:08

    @Dadounet.
    Essayez, si cela n’est pas trop compliqué pour vous, d’éviter vos familiarités et c’est un euphémisme.

  8. Dadounet 5 février 2010 à 20:27

    Ne jouez pas les snobs parce que vous avez tort, voulez-vous ?
    Le capitalisme, c’est prendre des risques financiers et garder pour soi – ou ceux que l’on choisit – les fruits de son travail ou du risque.
    Rien n’est plus anticapitaliste que l’attitude de Goldman-Sachs, qui, après avoir farci le trésor US de ses hommes lui fait émettre de faux dollars qu’il n’y a plus qu’à récupérer sur le dos des vrais investisseurs (en ayant laisser couler son plus grand concurrent, Lehmann !).
    Ces gens sont des parasites, mais le vrai responsable c’est la mise en place d’un état qui permet ceci ; sans socialisme, la socialisation des dettes ne marche pas !

  9. guy 5 février 2010 à 22:34

    Franchement la dette de l’Espagne n’est rien à coté par exemple de la Californie.
    La Californie n’est qu’un état, mais elle est plus grande que l’Espagne.
    Et je ne parle que de la Californie.
    Et l’Espagne n’a pas perdu sa notation AAA elle.
    Laissons déboucler ce phénomène de carry trade et on devrait être aux première loges pour voir le feu d’artifice du dollar exploser en plein vol.
    Amalgamer tout cela a de la politique de bas étage démontre une certaine incapacité à la réflexion.

  10. Dadounet 5 février 2010 à 23:03

    Et qu’est-ce qui permet le “carry trade”, sinon les monnaies étatiques, reflet de la politique du plus bas étage qui soit, le socialisme ?

  11. guy 8 février 2010 à 01:29

    Je crois qu’on a plus de chance de récupérer la situation mondiale dans les 3 mois qui suivent que le cas de Dadounet…

  12. Sergio 14 février 2010 à 14:29

    Personne ne dit comme dans les faits cette crise va se traduire. Va t-on assister à une dévaluation de la monnaie, une hyperinflation, une spoliation de nos économies? Cela serait intéressant d’essayer d’anticiper à la lumière des événements qui se déroulent sous nos yeux !

  13. Elisabeth 14 février 2010 à 14:44

    Je pense pour ma part à une “spoliation” de nos économies et une reduction sevère de notre pouvoir d’argent,
    sous fond :
    . d’augmentation d’impots et de taxes
    . de creation de taxes,
    . de hausse des cotisations sociales melées à des durées allongées de travail qui se traduiront dans les faits par une baisse des pensions de retraite
    + des Etats qui vont racler dans les fonds de tiroir en hypothequant notre avenir, sur le dos des prochains gouvernements

  14. Dadounet 14 février 2010 à 16:56

    Je vous trouve bien optimiste,

  15. el gringo 14 février 2010 à 19:51

    Pour la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, l’espérance de vie approcherait les 100 ans en France.
    “L

  16. Dadounet 14 février 2010 à 21:09

    Il est clair que Parisot a parlé d’abord, réfléchi ensuite, dans la droite ligne de Christine Lagarde, Roselyne Bachelot et