De Charybde en Scylla ? Alors que la situation financière de la Grèce inquiète d'ores et déjà les marchés, l'agence de notation Standard & Poor's vient d'en abaisser la note d'un échelon.
Et pourrait "renouveler" l'opération, si le "besoin" s'en fait sentir ....
L'agence Standard & Poor's a ainsi averti qu'elle pourrait aller plus loin dans sa dégradation si le gouvernement grec ne parvenait pas à réunir les soutiens politiques nécessaires à l'assainissement des finances publiques.
Une annonce qui intervient huit jours à peine après la révision à la baisse de la note atttribuée par Fitch Ratings. Une situation qui avait d'ores et déjà ravivé les inquiétudes sur la Grèce en particulier mais également sur l'ensemble de la zone euro.
S&P a justifié sa décision de ramener la note souveraine long terme de la Grèce de "A-" à "BBB+" en estimant que les mesures budgétaires annoncées récemment par Athènes ne permettront probablement pas une réduction "soutenable" de la dette publique.
"Nous pensons que les efforts du gouvernement pour réformer les finances publiques sont confrontés à des obstacles intérieurs qui pourraient nécessiter des efforts soutenus pendant un certain nombre d'années pour les surmonter", a ajoute l'agence de notation.
S&P estime en effet que le déficit public grec devrait être supérieur à 10% cette année et l'an prochain et que la dette publique atteindra 126% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 et 138% environ en 2012.
Certes, le gouvernement grec a annoncé lundi un premier train de mesures imposant une cure d'austérité à la fonction publique, notamment une réduction de 10% des dépenses, un gel pour les salaires de base supérieurs à 2.000 euros et un coup de frein aux embauches en 2010.
Ce qui n'a pas empêché le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble de déclarer mercredi qu'il se faisiat "de gros soucis" sur la situation financière de la Grèce.
M. Schäuble a évoqué par ailleurs "des erreurs impardonnables" faites dans le passé par le gouvernement grec. "C'est toujours la population qui paie le prix" de politiques budgétaires inconsidérées, a-t-il ajouté.
Rappelons que la notation financière vise à estimer le risque de défaut d'un emprunteur. En cas de dégradation, l'emprunteur concerné se voit contraint d'accepter des taux d'intérêt plus élevés lorsqu'il émet un nouvel emprunt. Au final, la Grèce devra donc payer plus cher pour financer son déficit budgétaire.
Dans un communiqué, le ministère grec des Finances a affirmé en retour qu'il prendrait en compte la décision des agences de notation, tout en soulignant disposer de ses propres stratégies pour assainir ses finances publiques. Sous-entendu : pas besoin de ce type de conseils pour nous indiquer la marche à suivre, nous sommes assez grands pour savoir ce qu'il convient de faire, qui plus est chez nous.
Le ministère concède toutefois que les décisions de Fitch et de S&P reflètent le manque de crédibilité de la Grèce. C'est le moins que l'on puisse dire ...
Sources : AFP, Reuters, Tribune de Genève
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3 Commentaires
1
Crise de la dette grecque : (...)
« une tentative délibérée de la part de Wall Street et de la City (2) de faire croire à une fracture de l'UE et d'instiller l'idée d'un risque « mortel » pesant sur la zone Euro, en relayant sans discontinuer de fausses informations sur le « risque bancaire venu d'Europe de l'Est » et en tentant de stigmatiser une zone Euro « frileuse » face aux mesures « volontaristes » américaines ou britanniques. L'un des objectifs est également de tenter de détourner l'attention internationale de l'aggravation des problèmes financiers à New-York et Londres, tout en affaiblissant la position européenne à la veille du sommet du G20 »
Le cas grec est assez similaire. Non pas qu’il n’y ait pas de crise des finances publiques grecques (elle est bien réelle), mais ses conséquences supposées sur la zone Euro sont surestimées alors que cette crise indique une tension croissante autour des dettes souveraines, talon d'Achille des Etats-Unis et du Royaume-Uni (9). (...)
Pour conclure sur le cas grec, notre équipe considère que la situation actuelle est triplement positive pour la zone Euro :
. elle l'oblige à considérer sérieusement les mesures de solidarité à mettre en œuvre dans ce type de situation. (...)
. elle oblige enfin les autorités grecques à faire une opération « Vérité » sur l'état des finances de leur pays et va permettre à l'UE de pousser les réformes nécessaires notamment pour réduire fortement la corruption et le clientélisme endémiques (18).
. elle devrait servir d'exemple aux gouvernements européens (et autres) qui manipulent de plus en plus les statistiques économiques et sociales, en démontrant que ces manipulations ne font que plonger les pays plus avant dans la crise. (...)
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-40-est-disponible!-Printemps-2010-Nouveau-point-d-inflexion-de-la-crise-systemique-globale-Quand-le-noeud-coulant_a4083.html
17 décembre 2009 à 08:222
Un point positif, les obligations de qualité en particulier l'Allemagne mais aussi les USA et la France ont profité de la baisse de la note grecque pour rebondir. Le Bund à 10 ans voit ainsi son rendement se détendre de 6 points de base (pb), à 3,14%, le T-Note à 10 ans voit son rendement se détendre de 3 points de base (pb), à 3,57% et l’indice Tec 10 recule de 4 points de base (pb), ce jeudi 17 décembre, à 3,44%.
L'Allemagne a l'intention d'émettre le montant record de 343 milliards d'euros de dettes l'an prochain, a annoncé jeudi l'Agence allemande des finances, chargée de la gestion de la dette. Ce volume d'émissions marque une augmentation par rapport aux 329 milliards d'euros de dettes qui devraient être émises cette année.Ce montant sera réparti entre 207 milliards à moyen et long terme et 136 milliards à un an et moins.
17 décembre 2009 à 21:26http://www.agefi.fr/articles/LAllemagne-prevoit-emissions-dettes-records-2010-1119296.html
3
@Francis :
17 décembre 2009 à 22:13tiens , tiens , tiens , cela corrobore les propos de Samedi/dimanche sur les "sous-marins" de la CIA and CO issus des etudiants de Georgetown , parmi lesquels la personne turque chargée du dossier de l'Ukraine au FMI
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