Doux délire ? ou intox planétaire serait-on tenté de dire ...
Alors que début octobre, Ben Bernanke lui-même semblait s'inquiéter de l'impact du colossal déficit budgétaire des Etats-Unis sur le maintien du statut du dollar en tant que monnaie de réserve , l'agence de notation financière Fitch Ratings a indiqué lundi estimer que l'Etat fédéral américain "reste exceptionnellement" solvable. Mieux encore, selon elle, les choses ne devraient pas évoluer avant une dizaine d'années.
Et pourtant .... rappelons qu'en octobre dernier, une étude d'un économiste de la banque centrale américaine révèlait que la part de marché des nouveaux prêts immobiliers US accordés à des ménages au profil financier risqué était revenue à son pic de 2006 ....
Fin septembre, alors que la banque centrale américaine venait d'estimer que l'activité économique américaine s'était "redressée", concédant toutefois qu'elle devrait rester encore "faible" pendant un certain temps, le secrétaire adjoint par intérim pour les Marchés financiers avait révelé pour sa part que les Etats-Unis auront émis 7.000 milliards de dollars (4.700 milliards d'euros) d'emprunts obligataires sur l'exercice budgétaire clôt à cette date.
Mais tout ceci ne semble que broutille pour Fitch ... l'agence estimant que "malgré une dégradation sans précédent de ses finances publiques, l'Etat américain bénéficie du soutien que lui apportent son rôle clef dans le système financier mondial et la flexibilité de son économie affluente et diversifiée, qui lui fournissent la base de ses revenus". Sous-entendu : je vous remercie de bien vouloir passer le message, voire de l'appuyer, les Etats-Unis ayant une telle place dans l'économie mondiale, qu'ils pourraient entraîner la planète entière dans sa chute .... le cas échéant, bien sûr ...
Fort de cette position, Fitch a ainsi confirmé les notes AAA et F1+, les plus élevées dans son échelle, à la dette publique des Etats-Unis à long et court terme.
Même Coué n'en aurait pas demandé autant !
"A court terme, les risques pour le statut d'émetteur AAA des Etats-Unis sont minimes, étant donné la flexibilité exceptionnelle de leur économie et de leur financement ainsi que le rôle du dollar comme monnaie de réserve dominante", indique par ailleurs le communiqué.
Monnaie de réserve dominante ? Vaste sujet, s"il en est ...
Rappelons ainsi que début octobre, lors d'une conférence à Washington, le secrétaire au Trésor américain avait déclaré qu'il était "très important pour ce pays que le dollar soit fort". "Il est très important que nous [réussissions à convaincre le monde] que nous allons recommencer à vivre à la hauteur de nos moyens", avait-t-il ajouté.
Réussir à CONVAINCRE ... ce qui signifie pas ARRIVER à vivre à la hauteur de nos moyens .... Tout était dit, déjà ....
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2 Commentaires
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Fitch, ce n'est pas une agence credible... voila ce qu'en dit le president Icelandais (desole, c'est en anglais):
Iceland President Olafur R. Grimsson struck out at Fitch Ratings after the service cut the nation’s sovereign grade to junk following his decision to block a U.K. and Dutch depositor bill.
“This rating agency that did that, Fitch, has a lot to answer for because its rating in the last two or three years has turned out to be completely wrong,” Grimsson, 66, said in an interview with Bloomberg Television today.
“That is the same agency that gave the Icelandic banks in 2007 and 2008 top marks and we here in Iceland were perhaps foolish enough to think that this was a respectable agency, but it turned out to be completely wrong.”
12 janvier 2010 à 21:162
La BCE en attente, fragilisée par la crise grecque
La Banque centrale européenne (BCE) devrait conserver jeudi son principal taux directeur à son plus bas niveau historique pour soutenir la croissance dans une zone euro fragilisée de l'intérieur par certains de ses pays membres, Grèce en tête.
Le conseil des gouverneurs va entamer la nouvelle année en décidant jeudi le maintien à 1% du taux de refinancement, baromètre du crédit pour les seize pays de la monnaie unique, estiment à l'unisson marchés et économistes. Il stationne à ce niveau depuis mai.
La zone euro a pris timidement le chemin de la reprise, aidée par les plans gouvernementaux et les grands pays émergents qui ont relancé la demande mondiale. Mais les capacités dans l'industrie restent sous-utilisées et la consommation demeure languissante alors que le chômage monte.
Le président de la BCE Jean-Claude Trichet a déjà prévenu que la reprise en zone euro, sortie de la récession au troisième trimestre, serait progressive et "inégale", en clair les risques de rechute ne sont pas impossibles. De nombreux économistes s'attendent d'ailleurs à une légère contraction du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre.
La BCE a une autre raison d'être prudente, à savoir "les problèmes de politiques budgétaires dans l'Union monétaire", souligne Karsten Junius de la DekaBank, évoquant les difficultés de la Grèce, plombée par un déficit public estimé à 12,7% du PIB en 2009, mais aussi de l'Espagne, de l'Irlande et du Portugal, pays dits "périphériques".
"L'Union monétaire va devoir faire face potentiellement à des tensions violentes si les marchés financiers continuent de douter de la solidité des finances publiques de certains pays. Cela sera une question délicate pour Jean-Claude Trichet lors de la conférence de presse" de jeudi, juge l'expert.
Des experts de la Commission européenne et de la BCE se sont récemment rendus en Grèce pour faire un examen détaillé des finances publiques du pays. Les inquiétudes d'une éventuelle sortie de ce pays de la zone euro, ou de sa faillite, ne cessent de croître.
Le débat a été entretenu aussi par un document de travail publié par la BCE fin décembre et consacré au sujet. Ses conclusions sont plutôt rassurantes et suggèrent qu'une sortie d'un pays membre de la zone euro ou de l'Union monétaire est improbable, estime Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank.
Mais il illustre aussi un tournant, selon lui. "Une séparation de la zone euro, considérée probablement comme impensable avant la récession entamée il y a deux ans, est à présent vue comme une possibilité même dans une institution qui -à juste raison- a toujours présenté l'Union économique et monétaire comme un large succès", prévient l'économiste.
En ces temps incertains et en l'absence de danger inflationniste, la BCE devrait poursuivre encore longtemps, jusqu'à la fin de l'année selon la plupart des experts, sa politique de taux très bas pour soutenir le crédit et l'activité économique.
La nette amélioration sur le front des banques et des marchés lui permettra en revanche de continuer à alléger peu à peu son dispositif anti-crise, composé d'un cocktail de mesures visant à abreuver les établissements de liquidités à des conditions très avantageuses.
12 janvier 2010 à 22:49http://www.romandie.com/infos/news2/201001121420050AWP.asp
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