Ukraine : Timochenko contre la privatisation des gazoducs

ukraine-pipeline.jpgMessage directement adressé à l'UE et au FMI réunis, histoire de crier au loup ? Russe, cela va de soi. 

Alors que l'Ukraine pourrait être le prochain Dubaï, la crise financière pointant à sa porte, situation de nature à restreindre ses capacités de paiement de ses factures de gaz dues à la Russie, le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko, a exclu lundi une privatisation des gazoducs.

Un appel du pied de la candidate à la présidentielle de janvier aux partenaires européens, pour qu'il paie leur "liberté" énergétique ... via l'octroi de subsides à l'Ukraine ?

"Une chose n'est pas négociable avec moi : le système de gazoducs est et reste propriété de l'Etat ukrainien, une privatisation mettrait en danger la liberté de mon pays et je ne le permettrai jamais", a déclaré le chef du gouvenrement ukrainien au quotidien économique allemand Handelsblatt.

"Que je sois au pouvoir ou dans l'opposition, je ne permettrai jamais la privatisation de nos gazoducs, ni la création de consortiums internationaux, ni la mainmise d'autres pays sur notre réseau de transport de gaz. Ce réseau fait partie de notre patrimoine national et doit rester propriété de l'Etat ukrainien", peut-on lire parallèlement dans une déclaration de Mme Timochenko, publiée sur le site du gouvernement ukrainien.

Des propos tenus alors que Moscou et Kiev s'apprêtent à signer un accord intergouvernemental de coopération dans le secteur gazier. Le texte en cours de préparation prévoit notamment la participation de la Russie à la modernisation des gazoducs de transport ukrainiens. Certains responsables politiques redoutant déjà que Kiev ne cède ces infrastructures stratégiques à Moscou. Mais selon la Premier Ministre, de telles déclarations sont intimement liées à la campagne présidentielle en Ukraine. 

"A l'avenir, toutes les parties prenantes au marché du gaz doivent coopérer plus intensivement. Toutes doivent participer a une modernisation" du marché, a par ailleurs ajouté Ioulia Timochenko. Evoquant ainsi sans les nommer partenaires européens et groupes énergétiques associés ...

Rappelons qu'un quart du gaz consommé dans l'UE provient de Russie, dont 80% transitent par l'Ukraine. A contrario, Moscou fournit 40 % des besoins énergétiques de Kiev.

En tout état de cause,  la première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko s'était engagée en mars dernier à maintenir dans le domaine public le réseau national de distribution de gaz.

Rappelons qu'après le conflit gazier entre la Russie et l'Ukraine survenu en janvier 2009 - lequel avait privé l'Europe de gaz russe pendant trois semaines - l'UE avait proposé de financer la modernisation du réseau de gazoducs ukrainien et d'organiser le 23 mars une conférence d'investisseurs à Bruxelles.

Mais la réaffirmation du caractère public du réseau ukrainien devait être consacrée dans un texte signé à l'issue de la réunion. "La déclaration conjointe stipule sans ambiguïté que le réseau des gazoducs ukrainiens est et restera propriété publique selon la législation en vigueur en Ukraine", avait alors souligné Ioulia Timochenko .

Des propos qui avaient notamment pour but de "couper court aux bruits sur la non-fiabilité du réseau de distribution de gaz ukrainien". La première ministre ukrainienne lançant par ailleurs "un signal à tous les investisseurs potentiels qui souhaitent rejoindre ce processus".

Selon la Commission européenne, la modernisation des gazoducs ukrainiens, dont la longueur totale atteint 37.600 km, nécessite 2,5 à 3 milliards d'euros d'investissements d'ici 2015.

 

Sources : AFP, Le Point, Ria Novosti



 

 

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