Poutine affirme vouloir couper le transit par l'Ukraine en cas de ponction par Kiev

Ukraine-south-stream Et c'est reparti pour une nouvelle guerre du gaz Russie/Ukraine ?

Comme chaque année à la même période - hivernale bien évidemment - le conflit tarifaire entre Moscou et Kiev reprend de plus belle. Au milieu : les Européens.

Une querelle qui tombe également à point nommé alors que la guerre des pipelines reprend de la vigueur opposant notamment le projet européen Nabucco au projet russe South stream, permettant de "contourner" l'Ukraine.

Et si les propos menaçants de Moscou n'avaient que pour seul but de rallier l'UE à la cause russe ?

La Russie réduira ses livraisons de gaz à l'Europe via l'Ukraine si celle-ci en prélève illégalement sans régler sa facture, a averti mercredi le Premier ministre russe Vladimir Poutine. 

 "Si nos partenaires payent pour leur propre consommation, ils recevront du gaz, s'ils ne paient pas, ils n'en recevront pas, et s'ils n'en reçoivent pas ils se serviront dans les gazoducs destinés au transit" a estimé derechef Poutine, ne doutant pas un seul instant de la potentielle réaction ukrainienne face à une éventuelle coupure.

 Or, l'ancien Président russe se veut ferme voire menaçant : en cas de ponction illégale de la part de l'Ukraine, les livraisons seront réduites. Afin de réduire les capacités d'approvisionnement - certes détournées - de Kiev ... réduisant ainsi de facto les volumes exportés vers l'UE.

A noter que cette déclaration faisait suite à une rencontre de Vladimir Poutine avec son homologue autrichien Werner Faymann, cela même, alors que l'Autriche pourrait constituer un cheval de Troie à sa manière en cette guerre des pipelines que se livrent actuellement les grandes puissances.

Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que Vladimir Poutine a parallèlement annoncé que Moscou et Vienne devraient prochainement finaliser un accord sur le projet de gazoduc "South Stream", visant à acheminer le gaz russe vers l'Europe sans passer par le territoire ukrainien.

Rappelons à toutes fins utiles qu'un quart du gaz consommé dans l'UE provient de Russie, dont 80% transite par l'Ukraine. Or, l'objectif du gazoduc South Stream est – selon la presse russe - de réduire la dépendance des fournisseurs et des consommateurs de gaz vis-à-vis des pays transitaires. A savoir, garantir les approvisionnements des pays de l'Ouest de l'Europe, en s'affranchissant des conflits potentiels entre Russie et Ukraine, notamment ... 

 En 2007, le coût estimé de South Stream était de 14,8 milliards de dollars. Il devait alors permettre de faire transiter 31 milliards de m3 de gaz vers l’Europe à l’horizon 2013. Mais le 15 mai 2009, lors de la signature d’accords portant sur la construction et la maintenance du gazoduc entre Gazprom et les pays de transit, le géant gazier russe a annoncé que South Stream aurait une capacité annuelle de 63 milliards de m3 et serait mis en service le 31 décembre 2015.

 Quant à la facture ... selon de nouveaux calculs, elle pourrait atteindre 25 milliards d’euros, un montant multiplié par trois par rapport de trois aux coûts de Nabucco ...

Mais South Stream dispose d'un "argument de poids" en sa faveur : son approvisionnement est d'ores et déjà assuré si l'on en croit la Russie. Selon Vladimir Poutine, Moscou aurait en effet de quoi permettre de satisfaire les besoins des consommateurs européens pour les cent prochaines années. Ce qui est loin d'être le case de Nabucco ... d'autant plus que la Russie n'est pas "avare" d'efforts pour freiner son concurrent.

La semaine dernière, le premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko a annoncé pour sa part que l'Ukraine avait payé le gaz russe consommé en octobre. Une déclaration qui faisait néanmoins suite à un avertissement de Vladimir Poutine, sur une possible perturbation des livraisons de gaz russe vers l'Europe si Kiev ne s'acquittait pas de sa facture gazière.

Si la société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz avait reconnu quelques jours auparavant rencontrer des difficultés pour honorer sa facture concernant les livraisons de gaz russe en octobre, une nouvelle somme de 500 millions de dollars a au final été réglée à la Russie.

Ioulia Timochenko avait alors insisté sur le fait que le paiement avait été effectué "en dépit du blocus de la part de la Banque centrale" prôné par le président ukrainien Viktor Iouchtchenko.

Sources : AFP, Xinhua

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