Les Hôpitaux de Paris - et le secteur de la médecine et du para-médical en général - semblent bien malades ... Jugez plutôt : dans un entretien au "Parisien Dimanche", le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, menace de démissionner.
L'objet de son "ultimatum" ? La révision du plan de réorganisation de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Lequel supprimerait selon lui plus d'un millier de postes.
Selon le Pr Coriat, chef du service anesthésie-réanimation de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris, les scenarii actuels évoqueraient le départ de 1.000 emplois soignants non-médicaux (infirmières, aides-soignantes ou secrétaires médicales), et de "150 praticiens hospitaliers".
Un "programme" qui selon l'éminent médecin, risque de "casser l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris".
L'objet de la discorde : selon le Professeur, le ministère de la Santé aurait sous-estimé l'activité de l'organisme pour calculer le budget de l'hôpital.
Pierre Coriat avertit : "si on supprime 1.000 emplois soignants non médicaux et 150 postes de médecins, cela va nuire à la qualité des soins" affirme-t-il. Certes, mais n'y aurait-il pas au fond derrière tout cela une volonté "cachée" de nos dirigeants de démontrer à terme l'inefficacité de la médecine publique en vue d'attirer les "brebis égarées" dans le secteur privé ? Qui sait ...
Quoi qu'il en soit, le Professeur entend taper fort, mettant sa démission dans la balance.
Rappelons que ce plan fait suite aux dernières prévisions du déficit de l'AP-HP, estimé en mars dernier à près de 100 millions d'euros en 2009. L'Etat prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2009 avait alors acté la suppressions de 700 emplois.
Par ailleurs, le projet social 2009-2012 prévoit 228 millions d'euros d'économie sur les charges de personnel, représentant la suppression de 5700 emplois.
Globalement, le budget 2009 prévoyait des économies souhaitées par le Ministère de la santé de près de 60 millions d'euros, dont 46 millions concernant spécifiquement la masse salariale.
En mars 2009, le collectif hospitalier de l'AP-HP regroupant les médecins, chirurgiens, pharmaciens, biologistes, odontologistes de l'Assistance publique avait affirmé leur opposition à la suppression des emplois médicaux et paramédicaux dans les hôpitaux. Arguant que les motifs de telles décisions étaient purement comptables, et non justifiée par des objectifs médicaux ou par une activité insuffisante. Affirmant eux-aussi que cette "cette réduction massive et programmée" des personnels médicaux et paramédicaux ne pouvait "qu'altérer la qualité des soins et réduire l'accès aux soins".
Précisons par ailleurs que les effectifs globaux de 1997 à 2007 sont restés globalement stables ces dernières années sur les postes médicaux.
Mais gardons le meilleur pour la fin ...
Rappelons que le budget de l'AP-HP qui ne dépendait jusqu'à présent que du Conseil de tutelle (ministères de la santé et du budget) devrait passer sous l'autorité de l'Agence Régionale de Santé (ARS).
Laquelle devra gérer l'enveloppe régionale budgétaire de l'ensemble des hôpitaux (AP-HP, public .... et privé). Cqfd ?
En effet, dans chaque région, les services déconcentrés de l'Etat et ceux de l'assurance maladie seront réunis au sein de la même entité.
"En absorbant au travers des ARS, des éléments de l'assurance maladie, l'Etat absorbe son contre-poids et supprime de fait un outil régulateur de sa politique de santé », estimait dès octobre 2008 le syndicat FO, y voyant "de véritables portes ouvertes à la privatisation, à la déréglementation et à l'augmentation du coût de la santé pour les assurés sociaux ".
Pour FO, l'Etat "nous invite" à un "jeu de déconstruction, tant des services déconcentrés de l'Etat (DDASS, DRASS), que de l'hôpital public et des services de l'assurance maladie et de son service médical". Or, pour le syndicat, "les conséquences de ce jeu ne sont pas envisagées de façon franche et sincère, mais prévisibles dans la mesure où tout mouvement d'étatisation conduit inévitablement à un mouvement de privatisation".
En mars dernier, des délégués syndicaux FO, SNFOCOS, CGT, CFE-CGC, CFTC avaient quant à eux affirmé que "la création des ARS s'apparente à une main basse des cotisations patronales et salariales par l'Etat qui déciderait, dans la pratique, seul de leur utilisation".
Sources : Associated Press, AP-HP, Santelog.com, News-assurance, Syndicats
A lire également :
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. Ouverture du capital des laboratoires d'analyse : la santé en danger ?

9 Commentaires
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Bonjour , j'appartiens a la fonction public hospitalière , notre président nous la promis et présentera son bilan a la terme de son mandat ....La suppression d'un fonctionnaire sur deux , l'arrivé des clinique privée au seins mémé de l'hôpital , en un mots "mes" chers patient (car , oui , je vous soigne) notre système de santé comme vous le connaissez en 2009 sera mort et sans chance de revenir en arrière ...
Sachez juste que votre santé ne devrait pas avoir de prix ou de logique de rentabilité ...
16 novembre 2009 à 20:222
Contente que la toile réagisse !
l'article repris par de plus en plus de sites : http://www.dossiers-sos-justice.com/index-5.html
22 novembre 2009 à 23:573
Mort de Bernard Giraudeau, acteur et philosophe de la maladie
Samedi 17 juillet, 12h47
Son décès prend un relief au-delà du monde du cinéma, car il avait brisé dans plusieurs médias un tabou en décrivant son combat contre la maladie, esquissant une philosophie de l'approche de la mort et critiquant la réduction des dépenses à l'hôpital.
[...]
Il avait révélé en 2000 être atteint d'un cancer et s'était investi dans l'aide aux malades, critiquant les économies dans les hôpitaux. Il venait de longuement parler de sa maladie dans plusieurs entretiens à des médias, confiant sa lassitude des traitements.
[...]
Il avait subi ces dernières années l'ablation d'un rein puis une opération des poumons puis encore l'ablation de côtes. Son expérience de l'hôpital l'avait conduit à des observations sévères.
"On a une médecine qui est bafouée, attaquée par les pouvoirs publics qui veulent faire des économies à tout prix. On supprime des postes, il y a de moins en moins d'oncologues, et pourtant il y a de plus en plus de malades, de plus en plus de pathologies", ajoutait-il dans Libération.
[...]
Selon l'Institut national de veille sanitaire (INVS), l'incidence du cancer a presque doublé entre 1980 et 2005 en France. Même si la mortalité a très fortement diminué, il a y environ 150.000 décès par an.
17 juillet 2010 à 13:474
Les oncologues (médecins spécialistes du cancer) seraient bien utiles, certes.
17 juillet 2010 à 15:28Mais on est au-delà du taquet en dépenses, non ?
Ne voyez-vous pas que tant qu'on claquera notre fric en "sociâl", en coût de l'immigration, http://rodolphe.roche.free.fr/breves/coutimmigration.htm en soignant la moitié de l'Afrique à nos frais, on n'aura pas d'oncologues pour se soigner ?
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Certes, mais le pb en France c'est qu'on ne peut aborder la question sans foncer tout droit sur des pbs de racisme.
Donc, on préfère ne pas en parler.
Pour revenir sur le cancer, il semble que là aussi des soins à domicile soient privilégiés, y compris pour la chimio, je reste tout de même un peu sceptique ...
idem pour rentabilsier les lits ( ...), on incite parfois à un retour rapide à la maison y compris après un accouchement, une lit occupé par une personne qui ne fait pas l'objet d'une opération / de soins spécifiques ne semble pas rentable.
17 juillet 2010 à 15:406
@dadounet et @ tous
17 juillet 2010 à 16:04De plus dans votre lien, il n'est fait mention que des dépenses sociales.
IL est effet occulté le cout des policiers et vigiles pour maintient de l'ordre, le coût des assurances pour voitures brulées, tramways détruits ainsi que vitrines cassées et magasins dévalisées.
Occulté également le coût pour le financement des HLM et autres logements réservés, occulté enfin les coûts médicaux commes les dépressions des instits et professeurs, les coûts des ravages du canabis,
enfin occulté le coût néfaste pour l'image du pays que peuvent avoir des événements comme ceux de grenoble, villier le bel et tant d'autres villes.
C'est omme si dans la maison il y a 6 personnes 3 qui travaillent,2 à l'école ou à la retraite et la 6eme qui reste pour tout casser.
Ca pourra plus durer longtemps !!!
Et si les bobos veulent garder la 6eme personne qu'ils la gardent chez eux !
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Tu as parfaitement raison, Rachida ; il se trouve juste que les chiffres sont moins faciles à trouver.
17 juillet 2010 à 18:09.
> on ne peut aborder la question sans foncer tout droit sur des pbs de racisme
Ce prétendu racisme - qui n'est que la réaction saine et légitime d'un peuple qu'on vole et qu'on tente de déposséder de SON pays - n'est qu'une tentative médiatique, donc téléguidée par l'oligarchie, de culpabilisation pour pouvoir continuer à sous-payer grâce au surnombre de demandeurs d'emploi.
Je préfère de loin être considéré comme raciste que comme collabo de l'oligarchie.
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Mort de Bernard Giraudeau : Martine Aubry "extrêmement touchée"
17/07/2010-[14:27] - AFP
PARIS, 17 juil 2010 (AFP) - La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, s’est dite "extrêmement touchée" par la mort samedi à Paris du comédien Bernard Giraudeau, qu’elle a qualifié de "très grand acteur", "combatif et fragile", "ouvert aux autres et empreint d’une grande pudeur".
"Sa disparition laissera un grand vide", ajoute Mme Aubry dans un communiqué. "Il a contribué à faire évoluer le regard de notre société sur le cancer, ce dernier combat qu’il a mené avec une dignité et un courage exemplaires, sans jamais se départir de son sourire enchanteur". "En parrainant +la maison du cancer+, cette formidable initiative pour aider les malades à vivre avec le cancer, il a engagé une réflexion collective sur la santé publique et alerté sur le manque de moyens des hôpitaux en France", fait également valoir la numéro un du PS.
18 juillet 2010 à 00:339
L'assurance maladie dévoile ses pistes pour économiser plus de 2 milliards
De Cédric SIMON (AFP) – 6 juil. 2010
PARIS — L'assurance-maladie suggère plusieurs pistes pour économiser 2,2 milliards d'euros en 2011, comme la baisse des tarifs des analyses médicales, et remet sur la table le dossier sensible des affections de longues durée.
Une liste de 21 propositions a été élaborée par la direction de l'assurance maladie et sera présentée jeudi devant le conseil d'administration de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam). Elle sera ensuite transmise au gouvernement, qui pourra s'en inspirer pour le budget de la Sécurité sociale.
L'assurance maladie a évalué à 2,2 mds d'euros les efforts nécessaires pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat souhaite que la progression des dépenses d'assurance maladie ne dépasse pas 2,9% en 2011, alors que leur rythme annuel s'est établi entre 3 et 4% ces dernières années.
Les principales propositions, en termes d'impact financier, sont celles touchant aux "tarifs des produits de santé et prestations de soins".
L'assurance maladie propose notamment de "continuer la politique de baisse des tarifs" dans le secteur de la biologie médicale, où "le coût des actes courants est souvent quatre ou cinq fois plus élevé en France qu'en Belgique ou en Allemagne".
Les comparaisons avec les pays étrangers l'incitent aussi s'interroger pour l'avenir sur les tarifs des interventions de la cataracte, acte chirurgical le plus pratiqué en France.
Les tarifs des médicaments sont aussi dans le colimateur: l'assurance maladie veut que leurs prix soient systématiquement remis en cause quand leur efficacité est réévaluée.
Dans le domaine des arrêts de travail, la Sécu souhaite que les patients, quand leur traitement ne nécessite pas d'arrêt complet, puissent reprendre le travail à temps partiel.
Elle veut aussi rendre plus homogènes les pratiques des établissements et des professionnels de santé, en développant des guides de bonnes pratiques et des modes de rémunération à la performance, pour les médecins comme pour les établissements.
Dans des secteurs comme la chirurgie, les arrêts de travail, ou encore la rééducation, l'assurance maladie a en effet relevé d'étonnantes disparités dans les pratiques locales.
Alors que les dépenses hospitalières ont en France une part importante dans les dépenses de santé (36% contre 29% en Allemagne), elle propose par ailleurs de recourir davantage aux hospitalisations à domicile pour les "soins complexes et fréquents" et de développer la chimiothérapie à domicile.
Le sujet sensible des Affections de longue durée (ALD) est remis sur la table.
Ce dispositif permet la prise en charge à 100% des soins liés à une trentaine de pathologies comme les cancers, le diabète ou encore le VIH. Il concerne quelque 10 millions de personnes, qui concentrent 80% de la croissance annuelle des dépenses de santé.
D'où la volonté ces dernières années d'encadrer le dispositif, que certains proposent de rendre moins généreux, au grand dam d'associations de patients.
En 2008, la direction de l'assurance maladie avait dû retirer après une vive polémique sa proposition de ne plus rembourser totalement aux patients en ALD certains médicaments.
La proposition formulée cette année semble moins explosive: elle suggère de ne plus faire entrer dans le dispositif les patients ayant comme seul facteur de risque cardiovasculaire une hypertension.
Avec l'ensemble des économies proposées, la branche maladie du régime général de la Sécurité sociale resterait encore loin de l'équilibre en 2011, avec un déficit stabilisé à un peu plus de 13 mds.
18 juillet 2010 à 00:39Ajoutez un commentaire
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