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Iran : vers une action militaire ?

Mohammad_Mossadegh_iran Alors que la réélection d'Ahmadinejad a provoqué le tumulte en Iran, la vague de répression ordonnée par le nouveau Président pour faire face à la fronde remettant en cause la légalité du scrutin  provoquant l'ire de nombreux pays, les Etats-Unis semblent – enfin ? – poser la question que certains se posent tout bas.

Le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen a affirmé dimanche qu'une "attaque contre les installations nucléaires de l'Iran pourrait s'avérer "extrêmement déstabilisante". Pour l'économie mondiale , il s'entend.

Certes, mais l'ombre de la CIA ne serait-elle pas une fois derrière tout cela, un des objectifs majeurs de l'opération pouvant être une reprise en mains par les majors pétrolières américaines (voire plus) de la maîtrise des immenses ressources d'hydrocarbures de l'Iran ?

S'exprimant lors de l'émission Fox News Sunday, l'amiral a ainsi affirmé être "préoccupé par une attaque contre l'Iran depuis un certain temps". Pour lui, les conséquences d'une attaque seraient imprévisibles".

Il l'affirme tout net : une attaque sur les sites nucléaires iraniens ou le fait que Téhéran se dote de l'arme nucléaire, s'avèrent être de "très, très mauvaises choses". Il a toutefois répété qu'il était "très important de n'écarter aucune option, y compris l'option militaire".

L'amiral Mullen a également insisté sur le fait que, selon lui, le gouvernement iranien continue "de financer des terroristes, continue de développer des armes nucléaires et a été, et demeure, une force déstabilisante en Irak et en Afghanistan".

Des propos qui interviennent alors même que le vice-président américain Joe Biden déclarait parallèlement que les Etats-Unis ne feraient pas obstacle à Israël si l'Etat hébreu juge nécessaire une action militaire pour éliminer la menace nucléaire iranienne.

Les Etats-Unis "ne peuvent pas dicter à un autre pays souverain ce qu'il peut ou ne peut pas faire", a déclaré M. Biden sur la chaîne de télévision ABC. "Si le gouvernement Nétanyahou décide d'agir différemment de ce qui est fait actuellement, cela relève de leur droit souverain. Le choix ne nous appartient pas." a-t-il ajouté.

Interrogé sur les propos de Joe Biden, l'amiral Mullen a estimé que la position de Washington au sujet d'une intervention militaire en Iran relevait d'une "décision politique".

Barack Obama a estimé jeudi dans un entretien à l'Associated Press que la possession de l'arme nucléaire par l'Iran était "la recette d'une catastrophe potentielle" car cela aboutirait probablement à une course à l'armement dans toute la région.

La presse se fait pour sa part régulièrement l'écho des projets israéliens de bombarder des sites nucléaires iraniens avec ou sans le feu vert des Etats-Unis.

En fin de semaine, l'Iran a quant à elle annoncé prévoir d'investir environ 70 milliards de dollars dans deux gisements de gaz naturel offshore pour la période 2010-2015. Selon le directeur exécutif de la National Iranian Oil Company (NIOC). Selon Seifollah Jashnsaz, Téhéran va investir 40 milliards de dollars pour achever des projets en cours sur le gisement de South Pars  sur cette période.

Pour faire face aux sanctions diplomatiques et économiques, Téhéran pourrait avoir recours aux investisseurs asiatiques, qui disposent encore de liquidités pour ce faire, la demande énergétique de l'Asie ne cessant de croître par ailleurs.

Vendredi, le gouvernement iranien a accepté une proposition du ministère du Pétrole, qui proposait de contracter un emprunt obligataire d'un milliard d'euros auprès de banques asiatiques pour financer le développement de South Pars.

Pour rappel, ce champ gazier, situé dans le Golfe arabo-persique, est le plus vaste gisement mondial de gaz naturel. Il est partagé entre l'Iran et le Qatar … et suscite l'intérêt de moult majors pétrolièresquoi qu'on en dise …

L'Iran dispose en effet des deuxièmes réserves de gaz mondiales, lequelles représentent près de 16% des ressources planétaires.

Sources : AFP, Associated Press

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