Airbus A350: l'accord sur les aides remboursables devra attendre

Airbus-a350 Qui va piano va sano ? Espérons-le ... Les pays partenaires d'Airbus ont en effet annoncé lundi vouloir encore disposer d'un délai d'un mois pour décider d'aides remboursables pour le lancement de l'Airbus A350.

Si la France propose jusqu'à 1,4 milliard d'euros, l'Allemagne souhaite que 1,1 milliard soit mis sur la table.

Selon le ministre français aux Transports Dominique Bussereau, une décision n'a pu être prise lundi, l'absence de l'Espagne rendant un accord impossible. La secrétaire générale espagnole à l'Industrie, Teresa Santero, aurait dû normalement participer à la réunion, mais n'a pu au final honorer de sa présence la réunion des pays européens partenaires de l'avionneur.

L'Espagne n'a pas encore pris de décision concernant son éventuelle participation financière au développement de l'A350, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement espagnol. "Le gouvernement n'a pas encore promis de participation financière et ni pris une décision définitive concernant le financement du nouvel appareil", a-t-il ajouté.

Le ministre français s'exprimait quant à lui lors d'une conférence de presse au salon du Bourget aux côtés de Peter Hintze, secrétaire d'Etat parlementaire allemand à l'Economie et Lord Drayson, ministre britannique de la Science. M. Bussereau a par ailleurs a assuré de la "volonté politique" des gouvernements représentés d'appuyer ce programme".

"Le gouvernement britannique est absolument engagé envers le programme A350" mais "nous ne sommes pas prêts à discuter d'un chiffre spécifique aujourd'hui', a affirmé pour sa part Lord Drayson. "Nous soutenons l'initiative A350 mais il y a des négociations en cours entre chaque pays concerné et Airbus et je ne donnerai pas d'éléments sur cette négociation", a-t-il ajouté. "J'ai l'impression que la Grande-Bretagne prendra sa part", a toutefois fait observer Peter Hintze après la conférence.

"Les trois pays ont l'intention de parvenir à un accord et je pense que l'Espagne viendra aussi à la table des négociations", a-t-il poursuivi. Interrogé sur l'absence de l'Espagne, le haut fonctionnaire a laissé sous-entendre qu'un différend entre Airbus et l'Espagne n'était pas exclu.

En février dernier, le journal espagnol ABC affirmait que le projet d'intégrer dans la division Airbus, (filiale d'Eads) la division MTAD, responsable des avions de transport militaire, ne semble pas faire que des ravis. Nos voisins ibères apprécieraient avec "modération"   de voir  ainsi leur échapper des activités jusqu'à présent sous leur coupe. Rappelons que l'Espagne, via sa holding de participation industrielle, est actionnaire d'EADS à hauteur de 5,49%.

"Les Etats membres poursuivent actuellement des négociations avancées avec Airbus et espèrent que les modalités de financement de l'A350 XWB seront rapidement finalisées", déclare au final un communiqué publié à l'issue de la rencontre ministérielle.

Rappelons toutefois que les Etats-Unis et l'Union Européenne sont actuellement en contentieux au sujet des aides publiques à l'aéronautique. En 2004, les USA avaient porté plainte auprès de l'OMC en accusant plusieurs Etats européens de verser des subventions déguisées à Airbus. L'UE avait répondu à la bergère en portant plainte contre les Etats-Unis, estimant que le constructeur américain Boeing bénéficie de subventions publiques.

En novembre 2006, Yves Galland - ancien ministre français du Commerce extérieur –  alors dirigeant de la filiale française du géant Boeing, s'était fermement opposé à ce qu'Airbus obtienne des avances remboursables pour financer l'A350, concurrent direct du Boeing 787. A cette date, le patron de Boeing France estimait que seul un renoncement à ce système de financement permettrait "d’arrêter la phase contentieuse actuelle".

"Si Airbus obtient des avances remboursables pour lancer son A350, nous considérerons cela comme un point de non retour", avait-il lancé devant les médias ...

Un avertissement émis le jour même où le conseil d’administration d’EADS était réuni en vue de discuter précisément des modalités de financement de  l’A350.

Sources : AFP, Reuters

 

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