L'A400 M volera-t-il un jour dans un ciel sans nuages ? Raisonnablement on est en droit de douter. Certes, me direz-vous, Sarkozy a affirmé récemment que la Russie devait faire face à "un tel nombre de défis intérieurs fantastiques à relever" qu'il ne la voyait pas comme une menace.... ce qui laisserait sous-entendre que le besoin n'est pas "pressant" .... mais tout de même.
Le très « élyséen» Figaro assure mardi que le futur avion de transport militaire d'Airbus ne sera pas livré avant "fin 2012". "Mieux encore", ce nouveau retard entraînerait un surcoût d'environ 5 milliards d'euros. Un chiffre démenti par le groupe, quant au retard ...
- A400 M : de nouveaux retards
Le quotidien français aurait eu connaissance d'une note confidentielle adressée par la division militaire d'Airbus, Airbus Military, à l'OCCAR, l'Organisation européenne de Coopération en matière d'Armement. Selon cette note, le vol d'essai serai « prévu début 2010 et la première livraison, fin 2012. Une seconde livraison est garantie fin 2013". "Ce n'est qu'en 2014 qu'Airbus sera capable de fournir plusieurs avions aux armées clientes", précise également le quotidien.
En novembre dernier, alors que le projet de l’avion de transport militaire peinait d'ores et déjà à décoller, les délais de production ayant été rallongés à plusieurs reprises, l’Allemagne laissait désormais sous-entendre – preuve à l’appui - que l’appareil ne pourrait lui être livré avant 2010. L'OCCAR avait alors – déjà - informé le gouvernement allemand qu'elle prévoyait un retard d'au moins 18 mois des livraisons de l’A400M.
Alors que les rumeurs se faisaient d’ores et déjà persistantes, le ministère allemand de la Défense évoquait parallèlement un retard de plus de 12 mois pour le premier vol. Or, chacun sait qu’il y a une marge entre le premier vol et la première livraison …
Raisons alors invoquées pour un tel retard : le consortium pour l'A400M (AMSL) constaterait des problèmes sur les moteurs et d'autres parties de l'avion. Ce qui ne constitue pas véritablement une surprise …
Pour rappel, EADS avait annoncé en septembre 2008 le report du premier vol de l'A400M à une date indéterminée.
Le groupe européen arguait alors de "la non disponibilité du système de propulsion", assurée par le consortium européen EPI (le français Safran, le britannique Rolls Royce, l'espagnol ITP et l'allemand MTU).
Souhaitant en aucune façon assurer le rôle de bouc-émissaire, le groupe Safran avait affirmé en suivant fin septembre dans un communiqué que les huit turbopropulseurs TP400 destinés aux deux premiers avions de transport militaire A400M d'essais en vol avaient bien été livrés à Airbus.
- Importants impacts financiers à prévoir
Selon Le Figaro, le retard du programme devrait fortement impacter les finances d'Airbus. "De très bons connaisseurs du dossier avancent le chiffre de 5 milliards d'euros, soit autant que pour l'A380", avance ainsi le quotidien.
Airbus "dément le chiffre de 5 milliards", a en retour indiqué une porte-parole, ajoutant qu'"aucune indication ne peut être donnée à ce jour au-delà de la provision déjà prise en 2007 d'1,7 milliard d'euros".
La porte-parole a tenu également à rappeler - comme annoncé le 9 janvier dernier - que "le délai entre le premier vol d'essai et la première livraison sera de 3 ans". Sans pouvoir néanmoins fournir une date concernant le premier vol d'essai.
Sources : AFP, Le Figaro
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