Thales : Luc Vigneron candidat "appuyé" à la Présidence

Thales-denis-ranque-herve-morin Luc Vigneron, l'actuel président de Nexter (ex-Giat), serait bien placé pour accéder à la présidence de Thales. C'est en effet le moins que l'on puisse dire, puisque c'est l'Etat "en personne" qui soutient le "candidat".

Sa nomination aurait toutes les chances d'intervenir mardi, suite à l'assemblée générale du spécialiste de l'électronique de défense.

Les services du Premier ministre ont en effet annoncé jeudi soir dans un communiqué que "la candidature de M. Vigneron sera proposée pour les fonctions de président directeur général du groupe Thales le 19 mai prochain, à l'issue de l'assemblée générale".

Matignon précise par ailleurs que cette proposition est faite "en accord avec Alcatel-Lucent et Dassault Aviation", tous deux actionnaires du groupe.

"L'Etat est confiant dans la capacité de M. Vigneron, qui dispose d'une expérience industrielle reconnue, à poursuivre le développement du groupe Thales dans le cadre d'une gouvernance renouvelée", indique ainsi un communiqué.

Rappelons que fin décembre, Dassault avait annoncé le rachat d'une part de 20,8% de Thalès auprès de l'équipementier Alcatel-Lucent, laquelle s'ajoute à un ticket de 5,18% d'ores et déjà détenu par le holding de contrôle de Dassault. La transaction totalise 1,57 milliard d'euros et permet au groupe dirigé par Charles Edelstenne de devenir le deuxième actionnaire de référence de Thales derrière l'Etat français, qui contrôle 27% du capital.

Dassault Aviation s’était alors engagé à «permettre les rectifications de périmètres de Thales» qui découleraient de projets industriels dans les activités d’optronique, de navigation inertielle, de génération électrique et des systèmes de missiles.

Le 5 mai dernier, Alcatel avait qualifié d'"imminente" la vente de sa participation.

Mais selon des sources proches du dossier, Dassault aurait émis le souhait depuis de longue date de remplacer le P-DG de Thales, Denis Ranque. Certaines rumeurs laissent même entendre que le constructeur aéronautique et l'Etat s'étaient même opposés sur le nom du futur dirigeant.

Selon Les Echos, l'avionneur souhaitait en effet imposer son candidat, en la personne de François Quentin, ex-responsable de la division aéronautique, mais que Denis Ranque a démis de ses fonctions en janvier.

Lequel Denis Ranque a quant à lui récemment indiqué être prêt à engager des discussions au sujet de possibles échanges d'actifs entre Safran et son groupe .

Vendredi, le journal "Les Echos" affirmait pour sa part que le "comité de sélection du conseil d'administration" de Thales avait fragilisé la candidature de Luc Vigneron.

La Tribune précise de son côté que seuls deux des six membres du comité - le représentant d'Alcatel-Lucent, Jo Cornu, et Bron Bézard, le Directeur général de l'agence des participations de l'État (APE)- se sont prononcés en faveur de Luc Vigneron. Tout en rappelant que le comité de sélection des administrateurs et des rémunérations(CSAR) de Thales ne donne qu'un avis consultatif, ne disposant pas du pouvoir de nommer le PDG.

Vers 17h00 vendredi, l'action Thales reculait de 0,49% à 31,74 euros à la Bourse de Paris. Néanmoins, selon le Monde, le choix de Luc Vigneron "devrait mettre un terme à plusieurs mois d'instabilité dans le groupe créée par le changement de tour de table".

Sources : AFP, Reuters, Le Monde, les Echos, La Tribune

 

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