Dassault : achat des actions Thales détenues par Alcatel ?

Dassaultthales Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ... Alors qu'en août dernier, Dassault Aviation avait réaffirmé qu'il n'était pas intéressé par le rachat de la part d'Alcatel-Lucent dans le groupe d'électronique de défense Thales, il a annoncé lundi dans un communiqué qu'il avait l'intention d'étudier cette opportunité. Si "le bloc de titres s'avérait disponible à la vente", bien entendu a-t-il précisé.

Les rumeurs concernant une éventuelle cession de la part de plus de 20% d'Alcatel dans Thales "initialisées" notamment par un article du Financial Times de mai 2008, ont été relancées par l'annonce fin juillet du départ de Serge Tchuruk et de Patricia Russo à la tête d'Alcatel. Les spéculations concernant un possible rachat par Dassault et EADS avaient alors repris de la vigueur. Mais toujours selon le FT, l’affaire pourrait être plus complexe qu’il n’en a l’air, et pourrait être l’enjeu d’un deal entre France et Allemagne via Areva, Siemens et EADS …

"Dassault Aviation pourrait également considérer l'achat de la participation financière de Groupe Industriel Marcel Dassault dans Thales", selon le communiqué. Le Groupe Industriel Marcel Dassault, holding détenant notamment des participations dans Dassault Aviation, Dassault System et Le Figaro, possède environ 5% de Thales.

"Si une transaction se concrétisait, un communiqué complémentaire serait diffusé", a-t-il ajouté.

Le 28 août, le PDG de Dassault Aviation, Charles Edelstenne, avait, au contraire, déclaré "être déterminé à sortir de Thales". "Actuellement nous avons 5%. On optimise le placement. Ce n'est pas le moment idéal pour revendre Thales aujourd'hui", avait-il affirmé lors d'une conférence de presse sur ses résultats semestriels.

Mais, si l'on en croit – notamment - le Financial Times, en date du 19 mai 2008, Nicolas Sarkozy souhaiterait “marquer son règne” par la constitution d'un géant du nucléaire français, bâti autour d'Areva. Il se heurterait pour ce faire à l'Allemagne, et plus particulièrement à Angela Merkel, laquelle ne semble aucunement disposée – de prime abord – à ce que l'allemand Siemens lâche du leste sur le dossier.

Mais c'est sans compter sur la “force de persuasion” du Président français et des ses influents “amis”, tels que Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, pour proposer un deal dont le principal élément serait de “troquer” aéronautique (EADS/Airbus) contre nucléaire. Histoire également (ou principalement ?) qu'aucun obstacle ne vienne désormais freiner les “ambitions” de Bouygues en la matière ?

- Participation d'Alcatel-Lucent dans Thales dans la balance ?

Confirmant des rumeurs parues dans la presse, le FT précisait alors également que l'Elysée envisagerait de faire vendre à EADS la participation qu'Alcatel-Lucent détient dans Thales.

L'opération aurait pour “mérite” de rassurer l'Allemagne face aux "risques" de voir émerger un nouveau concurrent de taille dans le secteur de l'industrie de défense, en cas de rapprochement entre Thales et Safran. Lequel verrait son “avenir” compromis par la prise de contrôle partielle d'EADS.

Cette “concession” française aurait pour but de convaincre Angela Merkel de ne plus s'opposer au projet de fusion Alstom-Areva, laissant ainsi le champ libre à un rapprochement entre le groupe nucléaire français et Alstom .... et un éventuel accord entre Areva et Bouygues.

Sources : Reuters, Financial Times

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2 Commentaires

  1. 1

    adnstep

    Mouais. En ce moment Merkel la ramène pas trop. Sarkozy vient de lui mettre une claque diplomatique de première. La où vous voyez des manoeuvres politiques, je penche plutôt pour une saine gestion d'entreprise. Dassault cherche tout simplement à assurer son avenir : il ne vendra plus d'avions militaires, ça coute trop cher à un pays comme la France. Dans les drones, il n'en est qu'au stade de l'expérimentation. Et côté aviation civile, ça risque de tanguer dans les années à venir. L'électronique de défense est donc l'avenir. D'autant plus que dans le coût d'un appareil, l'électronique coûte de plus en plus, et la cellule de moins en moins. Thalès est un des gros du secteur, a déjà des marchés avec les USA ou l'OTAN (et c'est pas demain la veille que Dassault vendra un Rafale à l'US Air Force). Sans compter que le paquet d'actions ne doit pas valoir grand chose en ce moment.

  2. 2

    Elisabeth

    "Sans compter que le paquet d'actions ne doit pas valoir grand chose en ce moment" : bien, justement , c'est le moment d'achter

    Du nouveau egalement sur Thales et DCNS, j'en reparle

    imbroglio encore + complexe avec DCNS et AREVA

    Sarko preparerait-il sa place chez un Bouygues "renforce" d'Areva ? Qui sait ...

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