La banque espagnole Santander a annoncé mardi qu'elle vendait 32,5% du groupe pétrolier espagnol Cepsa au fonds souverain d'Abou Dabhi IPIC, confirmant ainsi les rumeurs de presse des derniers mois écoulés.
Rappelons que le premier actionnaire du groupe en partie cédé est le français Total.
Le prix de vente sera de 33 euros par action, valorisant le groupe à 8,8 milliards d'euros. Une somme toutefois inférieure à la fourchette de 45 à 55 euros par action qui avait la base des discussions avortées entre la banque et IPIC l'an dernier. La transaction représente une somme de quelque 2,87 milliards.
Les deux entreprises annoncent par ailleurs qu'un autre actionnaire de Cepsa, le groupe électrique espagnol Union Fenosa, va vendre sa part de 5%, également à IPIC, ce qui permettra à ce dernier de devenir deuxième actionnaire de Cepsa, avec environ 47%, derrière Total (près de 49%).
IPIC (International petroleum investment company) est un fonds d'investissement public du gouvernement d'Abou Dhabi, spécialisé dans les sociétés pétrolières. Il possède déjà 9,5% de Cepsa.
Fin février, Santander et Union Fenosa avait annoncé fin février leur intention de vendre, précisant alors qu'ils négociaient un prix de vente de 30 à 35 euros par action.
Cepsa est le deuxième pétrolier espagnol, derrière Repsol YPF. Active dans le raffinage et la distribution pétrolière en Espagne, la société est également présente dans l'exploration et la production de pétrole et gaz en Amérique latine et Afrique du Nord.
"La participation dans Cepsa était le dernier d'une série de participations industrielles que Banco Santander a vendues au cours des dernières années en vue de se concentrer sur ses activités bancaires", a parallèlement déclaré Alfredo Saenz, directeur général de l'établissement.
Associés dans Cepsa depuis 1990, le pétrolier français et la banque espagnole ne s'entendaient plus, notamment depuis que Banco Santander avait tenté une offre publique d'achat (OPA) partielle en 2003 sur Cepsa. Après l'arbitrage du Tribunal de La Haye, les relations des deux associés étaient devenues compliquées.
A noter par ailleurs que les grandes banques espagnoles, telles que Santander et BBVA, ont été relativement épargnées par la crise financière. La preuve en est qu'aucune d'entre elles n'a dû être secourue.
Toutefois, des préoccupations sont apparues concernant des caisses d'épargne régionales, davantage exposés à l'éclatement de la bulle immobilière espagnole.
La Banque d'Espagne et le gouvernement ont néanmoins dû dimanche venir à la rescousse d'un établissement financier, la caisse d'épargne de Castille-la-Manche, qui va recevoir des fonds publics et dont le conseil d'administration a été remplacé.
Parallèlement, le gouvernement a avalisé dimanche lors d'un conseil des ministres extraordinaire un apport en liquidités de la Banque d'Espagne, d'un montant maximal de neuf milliards d'euros.
Sources : AFP, Reuters

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