Les deux groupes pétroliers, le français Total et l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell seraient actuellement en concurrence pour acquérir une part de l'espagnol Repsol en vue d'obtenir son contrôle.
Selon l'édition de jeudi du journal Expansion – lequel ne précise pas ses sources - Total serait favori du gouvernement espagnol.
Le journal économique affirme que Total et Shell sont tous deux intéressés par le rachat de la part de 20,01% de Repsol détenue par le groupe de BTP espagnol Sacyr Vallehermoso. Ce dernier a reconnu le 12 septembre dernier qu'il avait envisagé de s'en défaire.
A cette part s'ajouteraient les 12,7% du pétrolier espagnol détenus par la caisse d'épargne La Caixa, ce qui entraînerait l'obligation pour l'éventuel acquéreur de lancer un offre publique d'achat (OPA).
La loi espagnole impose en effet à un acheteur dépassant le seuil des 30% du capital de lancer un OPA sur l'ensemble de la société, sauf à obtenir une dispense.
Mais selon Expansion, les groupes étudient aussi la possibilité de s'assurer une minorité de contrôle sans dépasser ce seuil.
Le journal relève que parmi les autres actionnaires de Repsol figurent de nombreuses entités financières, comme la banque Barclays, les assureurs Axa ou Mutua Madrileña, qui sont intéressés par la vente de leur part pour dégager des liquidités en cette période de crise financière qui font fondre les liquidités comme neige au soleil..
L'ensemble de Repsol, à la clôture de la Bourse mercredi, valait environ 25 milliards d'euros.
Selon les rumeurs, le chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, pencherait en faveur de Total en cas de réorganisation de la carte pétrolière européenne, en raison des bonnes relations qu'entretiennent la France et l'Espagne.
Total est déjà présent en Espagne, où il contrôle un autre groupe pétrolier, Cepsa, dont il détient près de 49%. Selon Expansion, le français devrait se défaire de cette participation en cas de rachat des parts de Repsol..
Or, selon des informations de presse récurrentes, un fonds souverain d'Abou Dhabi, IPIC, est actuellement en train de négocier avec deux autres actionnaires de Cepsa, la banque Santander et l'électricien Union Fenosa, pour acheter près de 35% du pétrolier Cepsa, et devenir le deuxième actionnaire avec près de 45%, derrière le français Total (48,834%). Le fonds pourrait aussi inclure dans l'opération la part de Total pour s'emparer du contrôle total de Cepsa. IPIC détient déjà 9,535% de Cepsa, selon l'autorité espagnole des marchés (CNMV).
Début septembre, le journal El Mundo, citant des sources proches du dossier, affirmait que les négociations n'étaient toujours pas achevées. Selon ABC, elles auraient débuté avant l'été, Total ayant donné sa bénédiction pour que de telles transactions soient opérées.
Associés dans Cepsa depuis 1990, le pétrolier français et la banque espagnole ne s'entendaient plus, notamment depuis que Banco Santander avait tenté une offre publique d'achat (OPA) partielle en 2003 sur Cepsa. Après l'arbitrage du Tribunal de La Haye, les relations des deux associés étaient devenues compliquées.
Cepsa est un groupe dédié principalement au raffinage et à la commercialisation des produits pétroliers, mais est également présent dans l'exploration-production ou dans le gaz. Il est présent dans plusieurs pays, notamment en Amérique latine et en Afrique du Nord.
En 2007, le groupe a dégagé un bénéfice net de 748 millions d'euros, pour un excédent brut d'exploitation (Ebitda) d'environ 1,5 milliard d'euros.
Sources : AFP, Enviro2B
A lire également :
. Iran/South Pars : nouvelles négociations avec Shell, Repsol, Total

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.