Algérie : Sonatrach et Rosneft autorisés à développer de nouveaux gisements

Bouteflikapoutine Têtus les Russes ? Mine de rien, ils arrivent à "grignoter" des parts importantes du gâteau pétrolier et gazier algérien.

Pour preuve : le géant national gazier algérien Sonatrach et les compagnies pétrolières russes Rosneft et Stroytransgaz viennent d'être autorisés  par l'Agence algérienne de valorisation des hydrocarbures à développer de nouveaux gisements d'hydrocarbures en Algérie.

Rappelons que l'Algérie, reliée par gazoducs à l'Espagne et à l'Italie, exporte actuellement 62 milliards de m3 de gaz/an, dont 12% vers l'Europe.

Sonatrach a ainsi précisé dans un communiqué que le groupe et les deux compagnies russes Rosneft et Stroytransgaz avaient obtenu l'accord d'Alnaft pour les plans de développement de deux gisements de pétrole et d'un gisement de gaz situés dans le bassin d'Illizi.

Les travaux de développement de ces gisements, découverts entre 2003 et 2006, devraient être lancés entre 2009 et 2012.

Mais la convergence d'intérêts entre Russie et Algérie ne s'arrêtent pas là. Fin février, le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil avait dénoncé à Alger des "politiques gouvernementales" européennes, lesquelles entraveraient, selon lui, le développement de l'industrie gazière.

Le ministre avait alors notamment dénoncé les difficultés d'accès au marché européen des entreprises exportatrices de gaz, comme la Sonatrach ou le russe Gazprom.

"Les barrières rencontrées par des entreprises de pays exportateurs de gaz pour investir sur les marchés européens pour alimenter directement l'utilisateur final, notamment industriel, au moindre coût, constituent de notre point de vue un frein à l'expansion de l'industrie gazière", avait-t-il affirmé.

"Ces pays européens imposent des éléments qui ne sont pas prévues par les lois", avait-il ajouté.

En aout 2006, Gazprom et Sonatrach avaient paraphé des protocoles d'accord prévoyant de coopérer dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers.
Cette annonce avait provoqué les plus vives inquiétudes de l'Union Européenne , laquelle dépend massivement de l'Algérie et de la Russie pour ses approvisionnements. Pour rappel, l’Europe est tributaire de plus de 36% de ces deux pays d'une importance majeure en terme de production mondiale de gaz.

L’Europe voyait alors dans ce bras de fer un chantage à peine voilé, en dépit des déclarations effectuées par le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khalil, visant à rassurer les pays européens quant à d'éventuelles velléités de l'Algérie et de la Russie de s'unir dans une sorte de gigantesque "trust" en vue de s'attaquer au marché du gaz en Europe.

L’ouverture d’un bureau par Gazprom à Alger en septembre 2007 avait ravivé les inquiétudes européennes qui voient dans ce rapprochement un risque majeur pour leur indépendance énergétique , tout en relançant le débat sur la création d’une OPEP du gaz.

 

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