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Gaz-Alliance Russie/Algerie : la France veille
Alors que Russie et Algérie viennent de mettre les gaz ensemble, provoquant moult ressentis au niveau international, de nombreux analystes estimant que les deux pays puissent ainsi bâtir les prémices d’une OPEP du gaz, la France plaide pour une grande vigilance.
Pour rappel, Gazprom et Sonatrach viennent de parapher des protocoles d'accord prévoyant de coopérer dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers.
Cette annonce a provoqué de vives réactions en Italie, très dépendante des deux pays pour son gaz. La Commission européenne de son côté a indiqué "suivre" le projet.
La ministre française déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde a plaidé jeudi pour une "grande vigilance" à la suite du rapprochement annoncé des compagnies russe Gazprom et algérienne Sonatrach, deux des principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la France.
"Tout mouvement de consolidation dans le secteur de la distribution nous interpelle et nous amène à une grande vigilance quant au respect du droit de la concurrence", a-t-elle répondu à une question à ce sujet lors d'une conférence de presse. "La politique énergétique française continue d'être fondée sur la diversification des sources" d'approvisionnement, a-t-elle souligné, insistant notamment sur le nucléaire. Les principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la France sont dans l'ordre la Russie, la Norvège et l'Algérie.
Parallèlement à l’annonce de sanctions américaines envers la Russie suite aux implications commerciales de cette dernière avec l’Iran, le pétrolier algérien Sonatrach a signé vendredi des protocoles d'accord avec Loukoïl et Gazprom en vue d'une coopération dans les hydrocarbures.
Les documents ont été signés à l'occasion d'une visite cette semaine à Moscou du ministre algérien de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, au cours de laquelle il a rencontré son homologue russe Viktor Khristenko et les dirigeants de Loukoïl, premier producteur russe de pétrole, et du géant gazier Gazprom.
Gazprom et le ministre algérien ont évoqué en particulier une coopération dans le gaz naturel liquéfié (GNL). La participation de la Sonatrach au projet de GNL baltique, une usine de liquéfaction de gaz, est l'une possibilités évoquées, précise en effet Gazprom. Cette usine, qui représente des investissements de plus d'un milliard de dollars, devrait être construite en bord de golfe de Finlande. La participation des groupes canadien PetroCanada et britannique BP a aussi été annoncée pour ce projet de liquéfaction de gaz, une technologie que ne maîtrise pas encore le géant russe.
Le protocole d'accord entre Gazprom et Sonatrach envisage une vaste coopération dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers, ainsi que de possibles "échanges d'actifs", selon Gazprom.
Loukoïl envisage de son côté de collaborer avec la Sonatrach dans l'exploration et le développement de gisements gaziers et pétroliers. L'Algérie "est l'un des pays prioritaires" pour le développement de Loukoïl, qui a commencé une expansion dynamique à l'international, relève le groupe russe qui prévoit d'ouvrir une représentation à Alger.
La Russie, qui dispose des premières réserves mondiales de gaz, est le premier pays producteur de gaz et le deuxième de pétrole derrière l'Arabie saoudite. Gazprom a extrait 548 milliards de m3 de gaz en 2005, soit environ 85% du gaz extrait dans le pays. La Sonatrach contrôle l'essentiel du gaz extrait en Algérie et sa vente. Elle a extrait en 2005 85 milliards de m3 de gaz naturel dont 21,2 milliards ont été vendus sur le marché algérien et le reste exporté par gazoduc ou sous forme de gaz liquéfié au Maghreb, en Europe et jusqu'en Corée du Sud.
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Commentaires
amen
10 août 2006 23:20:35
C'est quand mêmedrole devoir la France Vigilante à un raprochement économique entre deux entreprise etrangères...elle qui ne cesse de pousser ses champions comme elle les appelle à conquérir plus de marché à l'international...Le Monde n'appartient pas (plus) à la France ni à l'Europe d'ailleur.
Mik
11 août 2006 11:14:22
Disons que ce n'est pas la même chose entre proteger un vendeur de pots de yahourts(danone) et ce rapprochement dans le secteur energetique.
Compte tenu des tensions dans tous les secteurs liés à l'energie cette reaction de vigilance ne m'interpelle pas.
Par contre il est vrai que l'interet de l'Algerie et de la Russie est à l'alliance et la France ferait la même chose si elle avait du gaz.
Un algérien
12 août 2006 09:54:55
Actualité (Samedi 12 Août 2006)
Mémorandum d’entente entre Sonatrach et Gazprom
Pas de “préoccupations ni d’inquiétudes” italiennes
Par : Samar Smati
Lu : (116 fois)
Ugo Intini, le vice-ministre italien des Affaires étrangères, en déplacement à Alger, a nié “toute préoccupation” du gouvernement italien quant au mémorandum d’entente signé entre Sonatrach et le géant gazier russe Gazprom, allant jusqu’à contredire la thèse de création d’un cartel du gaz. Cet accord continue à faire réagir responsables politiques et dirigeants industriels en Europe.
L’Italie calme le jeu par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères en visite officielle à Alger pour trois jours. “En réalité, il n’y a ni préoccupations ni inquiétudes de la part des Italiens”, a déclaré Ugo Intini en marge de la signature de l'accord bilatéral algéro-italien de remboursement par anticipation de la dette algérienne envers l'Italie. Et ce, même si les déclarations sentencieuses se poursuivent en Europe sur les risques éventuels d’une alliance stratégique entre la compagnie nationale et le géant russe. “Personnellement, je ne suis pas inquiet”, a insisté le ministre italien appelant “à ne pas confondre la position du gouvernement (italien) et les écrits de presse”.
Le souci italien est aujourd’hui de ménager les “partenaires stratégiques” que sont l’Algérie et la Russie. Chacun ayant apprécié à sa juste valeur la polémique qui a suivi la signature du mémorandum entre les deux compagnies.
Interrogé sur l'appréhension de la compagnie ENI qui, par la voix de Paolo Scaroni, son président, avait qualifié le mémorandum de “jonction préoccupante”, Ugo Intini a résumé la
réaction d’ENI par le fait que la compagnie “a exprimé son inquiétude de voir se créer dans le futur
un cartel du gaz”. Il contredira dans ce cadre
les affirmations des observateurs qui liaient l’alliance stratégique entre Sonatrach et Gazprom à cette éventualité et qui serait tiré par l’axe
Alger-Moscou. “Mais il se trouve qu'en l'état actuel des choses, il n'y a pas de cartel (du gaz)”, a relevé Ugo Intini.
Polémique européenne
Les propos du représentant à Alger de la diplomatie italienne interviennent dans un contexte particulier. La suspicion a marqué en Europe la signature du mémorandum d’entente entre Sonatrach et Gazprom. Sachant que les deux sociétés sont avec la compagnie norvégienne Statoil, les principaux fournisseurs de l’Europe. Sonatrach et Statoil sont d’ailleurs liées par un mémorandum d’entente. La première provenait, selon la presse européenne, française et italienne notamment, de Rome où Romano Prodi a saisi Bruxelles sur la création éventuelle d’un “cartel du gaz”. De son côté, Piuerluigi Bersani, le ministre italien du Développement économique, avait espéré que “l'accord va servir de signal d'alarme à Rome, Bruxelles et dans toutes les capitales européennes”. Il a adressé, selon le quotidien français Le Figaro, au commissaire européen à l'Énergie, Andris Piebalgs, une lettre appelant l'Union européenne à se montrer “vigilante”. Les déclarations des responsables politiques et industriels italiens ont ouvert la voie à d’autres réactions.La Commission européenne avait précisé qu’elle suivait le projet. “Nous suivons ce qui se passe sur les marchés internationaux”, donc cet accord “dans ce cadre-là”, a affirmé, Stefaan de Rynck, porte-parole de l'exécutif. Le dossier “reste à suivre, dans les semaines à venir et à l'automne”, a-t-il poursuivi. La commission essaye depuis des mois de mettre en place une politique énergétique commune aux 25 États membres.
Christine Lagarde, ministre française déléguée au Commerce extérieur, a insisté, jeudi, sur la nécessité d'une “grande vigilance” à l'égard du rapprochement annoncé des compagnies Gazprom et Sonatrach, principaux fournisseurs d'hydrocarbures de la France. “Tout mouvement de consolidation dans le secteur de la distribution nous interpelle et nous amène à une grande vigilance quant au respect du droit de la concurrence”, a-t-elle indiqué. Les autorités françaises étudient actuellement le dossier de fusion entre GDF et Suez. Un dossier qui préoccupe les autorités européennes.
Susceptibilité et position de principe
William Ramsay, directeur adjoint de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a écarté l’idée de création d’un cartel du gaz, dans un entretien, hier, à Libération. “Je ne pense pas qu'il y ait un risque de cartellisation, même si les contours de cet accord sont encore trop flous pour que l'on puisse en prédire l'impact sur le marché européen”, a précisé le directeur adjoint de l’AIE. Il s’agit d’un “rapprochement logique” d’autant, précise-t-il, que “les deux fournisseurs ont des intérêts communs”. Il nuance néanmoins son propos en estimant qu’il faut “surveiller la suite”. “Ces deux pays sont les deux principaux pourvoyeurs extérieurs de gaz de l'UE. Quand les deux plus gros vendeurs se parlent, le consommateur a intérêt à faire gaffe à ce qu'ils se disent”, a-t-il expliqué. Pour certains observateurs, les déclarations de William Ramsay sonnaient comme des “mises en garde de l’AIE contre l’alliance entre Gazprom et Sonatrach” même si le responsable de l’AIE a aussi relevé que “l'influence de l'accord sur les prix sera limitée, car le prix du gaz est fixé de façon rigide et indexé sur les cours du pétrole”.
Les inquiétudes européennes sont également liées à des intérêts stratégiques autres que le prix ou l’approvisionnement en gaz, selon la presse russe. “Les Occidentaux ne voient pas non plus d'un bon œil que l'Algérie, qui dispose de technologies avancées en matière de production de gaz liquéfié, devienne le principal partenaire de la Russie dans ce domaine, au moment même où celle-ci se lance à la conquête du plateau continental arctique doté d'immenses réserves de gaz. L'Europe pourrait, quant à elle, essayer de rivaliser avec l'Algérie dans ce projet”, précise un des analystes de Ria Novosti.
Les autorités algériennes et les responsables de Sonatrach n’avaient pas officiellement réagi à la polémique. Celle-ci n’ayant, néanmoins, pas été, à n’en point douter, du goût d’Alger. La sortie du vice-ministre italien vient quelque peu atténuer les critiques et les craintes formulées ces derniers jours. Elle semble intervenir dans un souci d’apaisement d’autant que l’Algérie a pour position de principe et point d’honneur d’avoir toujours honoré ses contrats et garanti l’approvisionnement de ses clients, quelles que soient les circonstances. Les officiels algériens n’auront pas manqué d’en faire le rappel au vice-ministre italien durant son séjour à Alger. La réputation de l’Algérie et de Sonatrach n’étant plus à démontrer à ce sujet.
Elisabeth
12 août 2006 10:51:08
merci bcp "algérien" , m'absentant pdt une semaine , je conte sur vous pour nous maintenir au courant
merci encore
Un Algérien
12 août 2006 13:57:40
Bien je ferais mon possible, pour contribuer à enrichir l'info.
Et merci à vous aussi de faire tant d'éfforts pour confectionner des articles assé élaborés et de grande objectivité
Elisabeth
12 août 2006 14:20:15
Merci bcp, cela me touche beaucoup !
21 mar 2007 18:47:55
vivement que cela se fasse, Algérie deviendra plus,puissante,de toute façon a chacun sont histoire!? est sa réussite,est cela va engrener beaucoup,de pas content,enfin jaloux quoi, je cite Hubert vedrine, a bien dit l algérie quant elle rebondira, sur elle, Alors là l'Algérie s'élèvera est cela sera dur de l'arrêter! comme on dit chacun son tour!? aujourd'hui sais Algérie! est tant mieux pour les jaloux!
boutiche
27 juin 2007 12:45:56
l,Algerie,pays meurtri,par les violences de ...chadli,revient en forces sur milles fronts.Rien qu,a voir le nombre d,ecoles,colleges,lycees,universites,le plus de million de logements,j,en suis fier.Le niveau de vie qui a connu des niveaux dramatiques,mais ,neanmoins,meilleurs,que tous ses voisins,remonte.C,est du au prix des hydros?non et non:c,est la volonte politique et surtout a ce regain de nationalisme chauvin des Algeriens et tant mieux.Maintenant,grace aux medias les plus libres du monde arabe,ils ont pu reconnaitre nos amis et nos ennemis. Aussi,malgre le boycot des annees90, ils sont restes tres attaches aux sciences.


