Gazprom prévoit de s’installer en Algérie selon une source proche du géant russe du gaz.
Le groupe à la puissance tentaculaire aurait comme objectif d'ouvrir un bureau à Alger.
Mais le but final ne serait-il pas de mettre en application le fameux dicton “l'union fait la force” pour s'attaquer de pieds fermes au marché européen du gaz avec "l'aide" de la compagnie algérienne Sonatrach"?
Cette décision fait suite à l’accord signé entre la société algérienne d’hydrocarbures Sonatrach et Gazprom en matière d’industrie gazière et la construction de gazoducs. Ce dernier avait provoqué les plus vives inquiétudes de l'Union Européenne, laquelle dépend massivement de l'Algérie et de la Russie pour ses approvisionnements. Pour rappel, l’Europe est tributaire de plus de 36% de ces deux pays d'une importance majeure en terme de production mondiale de gaz.
A noter également que le rapprochement entre Gazprom et Sonatrach intervient au moment même où reprennent de plus belle les différents entre la Russie et un nombre de pays européen - notamment l’Ukraine et la Biélorussie - suite à la volonté russe de renégocier les prix.
L’Europe voit dans ce bras de fer un chantage à peine voilé, en dépit des déclarations effectuées par le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khalil, visant à rassurer les pays européens quant à d'éventuelles velléités de l'Algérie et de la Russie de s'unir dans une sorte de gigantesque “trust” en vue de s'attaquer au marché du gaz en Europe. L’ouverture d’un bureau par Gazprom à Alger ravive les inquiétudes européennes qui voient dans ce rapprochement un risque majeur pour leur indépendance énergétique, tout en relançant le débat sur la création d’une OPEP du gaz.
Les craintes européennes pourraient être d'autant plus fondées que Sonatrach, devrait vendre directement son gaz sur le marché français, à partir de 2010. En effet, d'après le site www.toutsurlalgerie.com, le groupe vient d'entamer officiellement les démarches pour la création d'une filiale de distribution de gaz en France.
Sans donner plus de détails, cette source précise qu'elle ignore si la future structure sera détenue à 100% par Sonatrach, ajoutant que suite au récent refus par Sonatrach d'une alliance avec des groupes français, il est peu probable que ces derniers soient associés à la nouvelle structure française du groupe algérien. Les quantités de gaz destinées au marché français seront transportées par le futur gazoduc, "Medgaz" qui reliera directement à partir de 2009, l'Algérie à l'Espagne, et sur lequel les deux pays viennnet récemment de s'accorder après un important différent.
Pour le moment, les seules ventes directes opérées par Sonatrach en Europe se font sur le marché britannique où elle vend du GNL, à partir du terminal de Grain Island. La société nationale des hydrocarbures s'apprête également à s'installer sur les marchés espagnol et italien. En finalisant son installation sur le marché français, Sonatrach concrétisera son ambition de devenir, à terme, un acteur majeur sur le marché européen de la distribution de gaz.
Pour concrétiser son ambition de s'installer sur le marché français, Sonatrach a signé en 2006 un accord avec Gaz de France portant sur la réservation d'une capacité de regazéification d'un milliard de m3 sur le terminal de Montoir de Bretagne, près de Paris. Cet accord porte sur une période de dix ans. Jusqu'à présent, la Sonatrach vendait son gaz à de grands fournisseurs, comme Gaz de France (GDF), dans le cadre de contrats à long terme. Ces derniers demeureront, même s'ils rapportent moins que les contrats signés directement avec des consommateurs comme les industriels.
Comme l'a fait Gazprom, qui a ouvert une filiale à Paris fin 2006 avec l'objectif de détenir à terme 10 % du marché, Sonatrach se donne comme objectif d'être le fournisseur le plus compétitif dans le marché européen qui s'ouvre. Le groupe pétrolier algérien entend également participer aux travaux d'infrastructures nécessaires en Europe (stockage, gazoducs, terminaux...) ... et ce d'autant plus que Sonatrach privilégie “stratégiquement “les ventes directes et indépendantes de son gaz et veut apporter, par ses propres moyens de transport, ce gaz jusqu'au point d'entrée du marché visé.
Cette stratégie est justifiée par le fait que Sonatrach peut accéder directement au marché européen soit par ses gazoducs transméditerranéens, soit par du GNL. Si Sonatrach réussit ses objectifs de vente de gaz en direct aux clients finals en Europe, ceux-ci peuvent représenter jusqu'à 11,1 Gm3/an vers 2011/2012. Un tel volume représenterait plus de 13 % de toutes les exportations de gaz que Sonatrach souhaite réaliser à cet horizon, soit 85 Gm3, y compris ses ventes aux Etats-Unis ou ailleurs.
Par ailleurs, Sonatrach affiche sa volonté de diversifier son portefeuille de clients en vendant dans le monde entier grâce au développement du gaz naturel liquéfié (GNL). Le volume des échanges du GNL devrait croître de 6 % par an dans les vingt-cinq années à venir.
Sources : El Khabar, www.algerie-dz.com, www.toutsurlalgerie.com
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Gazprom a perdu un tiers de l'Allemagne (Kommersant)
14:01 | 16/ 08/ 2007
MOSCOU, 16 août - RIA Novosti. Au premier semestre de 2007, Gazprom a réduit ses livraisons de gaz en Allemagne d'environ 30% par rapport à l'année dernière. La Belgique et la Hongrie ont réduit leur consommation de gaz naturel russe de 37,5% et de 44% respectivement.
Dans l'ensemble, au premier semestre de cette année, par rapport à janvier-juin 2006, le monopole russe du gaz a réduit ses livraisons à l'Europe occidentale de 24,7%. Une réduction substantielle de ses exportations a été enregistrée en Italie (16,56%), en France (20,69%) et en Autriche (15,07%). En fait, tous les grands consommateurs de gaz russe ont réduit cette année leurs achats d'après les contrats conclus avec Gazprom. La Belgique qui a réduit sa consommation de 37,5% par rapport à l'année dernière détient le record pour l'Europe occidentale.
Mais c'est la réduction des livraisons de gaz à l'Allemagne qui a pesé le plus lourd en matière de chiffres. Gazprom vend traditionnellement la plus grande part de son gaz sur le marché allemand.
Le problème de la réduction des livraisons à l'Allemagne n'a pas été commenté hier (mercredi) par Gazprom. Les experts estiment qu'en plus d'un hiver clément, raison d'une diminution de la consommation de gaz aussi bien en Europe qu'en Russie, d'autres causes sont également à mettre en avant sur le marché allemand. Konstantin Batounine, d'Alfa bank, estime qu'une réduction d'un tiers est trop importante pour qu'on puisse l'expliquer par les seules conditions atmosphériques.
Un accroissement des livraisons de gaz russe n'a été enregistré qu'en Grande-Bretagne où, en hiver 2005-2006, les prix spot du gaz ont atteint 1.500 dollars les 1.000 m3, poussant les Britanniques à s'en prémunir en signant des contrats à long terme, ainsi qu'en Turquie où il n'y a pas de vente de gaz au comptant, et en Grèce.
Dans les pays d'Europe de l'Est, la réduction des livraisons a constitué, au total, 23,4%.
Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog, estime que la tendance de cette année stimulera le désir de l'Union européenne de libéraliser le marché et de poursuivre la politique antitrust en vue d'accroître la part du gaz vendu au comptant. "Si l'UE réussit à régler le problème de la réduction des prix, cela entraînera la diminution temporaire des recettes de Gazprom", fait observer l'analyste (au cours du premier semestre, ses recettes ont augmenté de 4%, malgré la réduction des volumes). Mais, en fin de compte, ajoute Valeri Nesterov, cela incitera le monopole russe du gaz à étendre sa présence sur le marché spot de l'Union européenne.
01 septembre 2007 à 19:38Ajoutez un commentaire
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