Dassault : rachat de la part d'Alcatel dans Thales ? c’est toujours non

Dassault_neuron_006h_002_6001Dassault Aviation a réaffirmé jeudi qu'il n'est pas intéressé par le rachat de la part d'Alcatel-Lucent dans le groupe d'électronique de défense Thales. A contrario, il souhaite toujours céder sa propre participation de 5%.

Les rumeurs concernant une éventuelle cession de la part de plus de 20% d'Alcatel dans Thales "initialisées" notamment par un article du Financial Times de mai 2008, ont été relancées par l'annonce fin juillet du départ de Serge Tchuruk et de Patricia Russo à la tête d'Alcatel. Les spéculations concernant un possible rachat par Dassault et EADS avaient alors repris de la vigueur.

Mais toujours selon le FT, l’affaire pourrait être plus complexe qu’il n’en a l’air, et pourrait être l’enjeu d’un deal entre France et Allemagne via Areva, Siemens et EADS …

Prié de dire lors d'une conférence de presse s'il avait changé d'avis et s'il envisageait désormais de racheter la part d'Alcatel, le président de Dassault Aviation, Charles Edelstenne, a répondu : "Non". Il a également confirmé vouloir céder sa part de 5% dans Thales, ajoutant toutefois que "maintenant, ce n'(était) pas le bon moment".

Dassault Aviation a par ailleurs annoncé jeudi un recul de 9% de son résultat net semestriel à 167 millions d'euros et de 12,6% de son résultat opérationnel à 202 millions.

Mais reprenons, selon le Financial Times, en date du 19 mai 2008, Nicolas Sarkozy souhaiterait “marquer son règne” par la constitution d'un géant du nucléaire français, bâti autour d'Areva. Il se heurterait pour ce faire à l'Allemagne, et plus particulièrement à Angela Merkel, laquelle ne semble aucunement disposée – de prime abord – à ce que l'allemand Siemens lâche du leste sur le dossier.

Mais c'est sans compter sur la “force de persuasion” du Président français et des ses influents “amis”, tels que Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, pour proposer un deal dont le principal élément serait de “troquer” aéronautique (EADS/Airbus) contre nucléaire. Histoire également (ou principalement ?) qu'aucun obstacle ne vienne désormais freiner les “ambitions” de Bouygues en la matière ?

- Participation d'Alcatel-Lucent dans Thales dans la balance ?

Confirmant des rumeurs parues dans la presse, le FT précisait alors également que l'Elysée envisagerait de faire vendre à EADS la participation qu'Alcatel-Lucent détient dans Thales.

L'opération aurait pour “mérite” de rassurer l'Allemagne face aux "risques" de voir émerger un nouveau concurrent de taille dans le secteur de l'industrie de défense, en cas de rapprochement entre Thales et Safran. Lequel verrait son “avenir” compromis par la prise de contrôle partielle d'EADS.

Cette “concession” française aurait pour but de convaincre Angela Merkel de ne plus s'opposer au projet de fusion Alstom-Areva, laissant ainsi le champ libre à un rapprochement entre le groupe nucléaire français et Alstom .... et un éventuel accord entre Areva et Bouygues.

Sources : Reuters, Financial Times

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