Ou aéronautique contre nucléaire ....
Comme quoi, rien ne vaut parfois (souvent ?) la presse étrangère pour avoir vent de ce qui se “trame” en France ...
Selon le Financial Times, en date du 19 mai 2008, Nicolas Sarkozy souhaiterait “marquer son règne” par la constitution d'un géant du nucléaire français, bâti autour d'Areva. Il se heurterait pour ce faire à l'Allemagne, et plus particulièrement à Angela Merkel, laquelle ne semble aucunement disposée – de prime abord – à ce que l'allemand Siemens lâche du leste sur le dossier.
Mais c'est sans compter sur la “force de persuasion” du Président français et des ses influents “amis”, tels que Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, pour proposer un deal dont le principal élément serait de “troquer” aéronautique (EADS/Airbus) contre nucléaire. Histoire également (ou principalement ?) qu'aucun obstacle ne vienne désormais freiner les “ambitions” de Bouygues en la matière ?
Nouvelle explosive s'il en est, plus de 50.000 emplois étant directement concernés en France, et ce, tout particulièrement au niveau d' Airbus, de ses partenaires et sous-traitants.
- Vers un Areva français contre un EADS allemand ?
Selon le Financial Times - en conformité avec son approche “interventionniste” - Nicolas Sarkozy aurait pour objectif de faire de la France le champion inégalé du nucléaire en Europe.
Mais un tel projet suppose une gigantesque remise à plat du secteur industriel à une échelle qui n'avait plus été observée depuis la vague de nationalisation du début des années 80, lors de la présidence de de François Mitterrand, fait néanmoins remarquer le journal anglo-saxon, non sans quelque ironie.
Selon le Financial Times le “ pragmatic Mr Sarkozy” semble préparer un “deal” avec les Allemands selon lequel la France renoncerait - en faveur de l'Allemagne - à son ambition quasi-séculaire de devenir un leader européen de l'industrie aéronautique, Berlin acceptant en retour de revenir sur ses propres ambitions dans le domaine nucléaire.
En pratique, affirme le journal, cela signifierait que les Allemands obtiennent le leadership sur EADS en contrepartie de la main-mise du groupe nucléaire public français Areva sur la participation de l'allemand Siemens.
Si affirme le FT, il ne s'agirait que d'un éventuel scénario circulant actuellement dans les hautes sphères du pouvoir, l'affaire serait assez sérieuse pour inquiéter la communauté aéronautique française, et tout particulièrement les syndicats.
- Participation d'Alcatel-Lucent dans Thales dans la balance ?
Confirmant des récentes rumeurs parues dans la presse, le FT précise également que l'Elysée envisagerait de faire vendre à EADS la participation qu'Alcatel-Lucent détient dans Thales.
L'opération aurait pour “mérite” de rassurer l'Allemagne face aux "risques" de voir émerger un nouveau concurrent de taille dans le secteur de l'industrie de défense, en cas de rapprochement entre Thales et Safran. Lequel verrait son “avenir” compromis par la prise de contrôle partielle d'EADS.
Cette “concession” française aurait pour but de convaincre Angela Merkel de ne plus s'opposer au projet de fusion Alstom-Areva, laissant ainsi le champ libre à un rapprochement entre le groupe nucléaire français et Alstom .... et un éventuel accord entre Areva et Bouygues.
- Voie royale pour Bouygues vers une fusion Alstom/Areva ?
“La balle est dans le camp du gouvernement", déclarait récemment, Patrick Kron, le PDG d'Alstom, dans un entretien au Journal des Finances, à propos d'une possible fusion avec Areva.
Or, d'après un article récent du Canard Enchaîné, le dossier de la privatisation d'Areva a été rouvert "à la demande de l'Elysée". Pour rappel, le projet avait été mis en sourdine en septembre dernier, avec les premières conclusions des conseils mandatés par l'Etat, McKinsey et HSBC, relativement pessimistes sur les bienfaits potentiels d'un mariage entre Alstom et Areva.
Mais, d'après le Canard Enchaîné, les spécialistes de l'Elysée et de Bercy auraient cette fois élaboré un montage financier prévoyant la fusion d'Areva et d'Alstom à travers une holding de tête dont Bouygues contrôlerait 35% "et l'Etat, pour sauver les apparences, 18%, le reste étant placé en Bourse".
Areva et Alstom seraient chacun valorisés au même montant de 20 milliards d'euros, constituant ainsi “un cadeau implicite de près de 3 milliards d'euros à Bouygues", estiment pour leur part les analystes de CM-CIC Securities. Selon eux, " la part de Bouygues dans l'ensemble représenterait en conséquence 14 milliards d'euros… pour une valeur en Bourse actuel de 7.4 milliards d'euros (35% d'Alstom), plus 9.5 milliards d'euros (35% d'Areva), soit près de 17 milliards d'euros".
Sources : Financial Times, Canard Enchaîné, La Vie Financière, Challenges
A lire également :
. Siemens veut rester dans Areva
. Sarkozy pour le rachat de la part de Siemens dans Areva NP
. Sarkozy exhorte l'Allemagne à choisir la voie du nucléaire

3 Commentaires
1
Le deal n'est pas équilibré:
1-Siemens est une boite qui n'a pas tant de valeur technologique, vu l'emploi généralisé de la corruption qu'elle fait pour obtenir ses marchés. De plus elle représente peu dans le nucléaire, en comparaison d'Areva. Les allemands donnent peu.
2- Mais ils récupèrent beaucoup
http://www.bakchich.info/article3673.html
Autre sujet:
28 mai 2008 à 05:14qu'est-ce qui objectivement permet de penser qu'aujourd'hui la relation Lagardère-Sarkozy est encore fraternelle? J'ai plus l'impression inverse. Le temps où Sarko n'avait pas besoin d'engeuler directement les journalistessemble révolu, non?
2
encore un arrangement entre amis ?
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http://www.ouest-france.fr/La-piste-Areva-pour-financer-le-2e-porte-avions-/re/actuDet/actu_3635-621028------_actu.html
La piste Areva pour financer le 2e porte-avions -ouest France
Vu l'état des finances publiques, la solution étudiée pour s'offrir un Charles-de-Gaulle bis serait de vendre un bout de notre champion du nucléaire.
Hervé Morin, le ministre de la Défense, a-t-il voulu préparer les esprits, dimanche, en expliquant que la « situation budgétaire rendait difficile la construction du second porte-avions » ? Difficile ? Plutôt impossible.
Le budget de la Défense pèse 48 milliards dont 16 consacrés aux programmes d'armement. Mais pour honorer les engagements (achat de Rafale, de missiles M 51, d'hélicoptères NH 90 et Tigre, de frégates Fremm, de sous-marins Barracuda, d'avions A 400 M, de véhicules blindés...), il faudrait déjà accroître les dépenses d'au moins 40 % entre 2009 et 2013. Inutile de dire qu'en plus des économies de fonctionnement (6 000 postes de moins par an), Hervé Morin va tailler dans les programmes. Hervé Morin ou Nicolas Sarkozy.
Le président s'était rendu à l'idée d'un second porte-avions pour relayer le Charles-de-Gaulle pendant ses arrêts pour maintenance. Les catapultes, système qui donne sa vitesse d'envol à l'avion, ont même été commandées voici un an à une société américaine. Mais la facture du navire - 3,7 milliards, des centaines d'hommes à bord - compromet le projet: le Livre blanc, qui sera dévoilé le 19 juin, ne le retient plus.
Il reste trois hypothèses : abandon pur et simple, report de plusieurs années (difficile pour des raisons techniques et de coopération éventuelle avec les Britanniques), lancement immédiat, mais financé par la vente partielle du géant du nucléaire Areva. L'idée, politiquement sensible, est sérieusement étudiée. Surtout à l'Élysée qui devra trancher vite. À Saint-Nazaire, les Chantiers ont besoin de savoir.
12 juin 2008 à 23:513
Vente d'AREVA pour financer un plan de relance de la croissance ?
http://www.latribune.fr/info/Aucune-decision-prise-pour-l-instant-concernant-Areva-196-~-FRANCE-LAGARDE-AREVA-ALSTOM-20080818TXT-$Db=News/News.nsf-$Channel=Bourse
18 août 2008 à 23:26Ajoutez un commentaire
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