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Un sauvetage à 700 milliards de dollars… en attendant plus ?

SosC’est la fin d’une époque. En dévoilant l’incroyable dispositif qu’il compte faire adopter au Congrès pour éviter le naufrage pur et simple du système financier américain, Henry Paulson, le secrétaire au Trésor, sait qu’il vient de tourner une page de l’Histoire des Etats-Unis. Comme le disait le Wall Street Journal dimanche soir, "ces mesures marquent la fin du Wall Street tel qu’on le connaissait depuis des décennies". Fini le temps du crédit facile, de l’endettement spéculatif et des bulles qui succèdent aux bulles ? Les ventes à découvert viennent même d’être prohibées, c’est dire. En ajoutant aux 700 milliards de dollars de reprise d’actifs "toxiques" les 200 à 300 milliards déjà réunis pour sauver Bear Stearns, Fannie Mae, Freddie Mac et l’assureur AIG, c’est donc 1000 milliards de dollars que devront finalement débourser les contribuables américains : le montant du PIB canadien…

Le Trésor et la Fed ont conçu l’inconcevable au pays du libéralisme : socialiser les pertes de Wall Street. Mais avaient-ils le choix ? L’Amérique a été "humiliée" d’avoir laissé son économie s’effondrer, a martelé Henry Paulson à chacune de ses apparitions sur les écrans de télévision.

Première conséquence, le plafond de la dette publique américaine sera relevé à 11 300 milliards, avec tous les risques que cela comporte. Cela suffira-t-il ? "Si la limite du plan est de 700 milliards, cela ne veut pas dire qu’on ira jusque-là, ni qu’on s’arrêtera là et qu’on ne demandera pas plus", a prévenu le secrétaire au Trésor.

L’impact de cette débâcle financière sur l’économie réelle devra également être pris en compte, le jeu de dominos qu’on a observé jusqu’à présent n’ayant aucune raison de disparaître comme par enchantement. Chute de l’immobilier, baisse de la consommation et de l’investissement, pertes d’emplois, faillites bancaires… la spirale déflationniste est là, avec ses effets désastreux sur l’ensemble de l’économie mondiale.

Pour le moment, le crédit (dans tous les sens du terme) dont jouit le Trésor américain semble intact. L’Etat fédéral est même actuellement le seul agent financier qui puisse encore lever des fonds. Les treasury bills s’arrachent littéralement, car le climat de défiance est tel dans le système bancaire qu’on n’accepte plus de prêter son capital qu’à l’Etat, quand bien même les taux d’intérêt servis sont dérisoires. La note de la dette des Etats-Unis a d’ailleurs été maintenue vendredi à triple A par Standard & Poors. On sait désormais ce que valent les notations financières, mais si ça peut aider…

Le rachat massif d’actifs adossés aux prêts hypothécaires pose cependant un problème : à quel prix se fera-t-il ? Pour l’économiste Paul Krugman, la question centrale est celle du "juste prix" : ou bien le prix sera celui du marché, et les bilans des entreprises concernées seront saignés à blanc ; ou bien on lui appliquera une grosse surcote, et c’est l’argent du contribuable américain qui sera jeté par les fenêtres au profit d’irresponsables qui ne le méritent pas (renforçant le fameux "aléa moral").

Comme on le voit, beaucoup de questions restent aujourd’hui en suspens à propos de ce plan de sauvetage élaboré dans l’urgence. Le débat qui va s’engager au Congrès permettra sans doute d’y voir un peu plus clair. Mais seul l’avenir dira si Henry Paulson et Ben Bernanke ont fait les bons choix face à la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression.

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24 commentaires

  1. info 22 septembre 2008 à 18:47

    AFP le 20/09/2008 à 19:07
    Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a estimé “monstrueux” l’exposition des contribuables américains par le plan de soutien massif au secteur bancaire annoncé par Washington, dans un entretien à paraître dimanche dans un quotidien allemand.
    Ce plan “n’est qu’une solution à court terme”, a-t-il déclaré au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS) dans un entretien diffusé samedi soir.
    “On met les placements à risque entre les mains des contribuables”: comme aucun investisseur privé ne veut des placements à risque, “on les colle au contribuable, c’est monstrueux”, a jugé le prix Nobel américain 2001.
    Joseph Stiglitz voit dans la crise actuelle “la fin d’un modèle économique désastreux” et “la fin de l’idéologie selon laquelle les marchés libres et dérégulés fonctionnent toujours”.
    Selon lui, le système financier américain tout comme le gouvernement du pays ont perdu leur crédibilité.
    Pour désengorger le système et ramener la stabilité sur les marchés, le gouvernement veut racheter aux banques et aux institutions financières des actifs “non liquides” dont personne ne veut plus et qui sont à l’origine de l’une des plus graves crises à Wall Street depuis la Grande dépression de 1929, explique-t-il.

  2. cocoveve 22 septembre 2008 à 20:30

    Super!
    Les banques vont pouvoir re-spéculer sur les matières premières: à dieu baisse sur le pérole, les métaux, le blé…
    C’est quoi déjà un système libéral? Un système qui privatise les bénéfices et nationalise les pertes?
    Pourquoi ne pas sauver l’industrie alors???

  3. el gringo 22 septembre 2008 à 20:43

    Le pétrole est déjà en hausse plus de 6%.
    http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=CLNV08

  4. Olivier 22 septembre 2008 à 22:50

    Le pétrole, mais aussi l’or (+3,5%), l’argent (+6%)… flambent car le dollar recule (ce recul étant la conséquence logique de l’alourdissement de la dette américaine que va entraîner le plan de sauvetage).
    Cela dit, concernant le pétrole, on pourrait tout aussi bien assister rapidement à une baisse dès les premiers signes d’une récession économique profonde. Depuis quelques semaines les cours du brut jouent d’ailleurs au yo-yo.

  5. gregory 23 septembre 2008 à 14:15

    il y a de cela quelques semaines…je sentais venir quelque chose de lourd, et avait a cette epoque investis (et non spéculer) sur les matières 1eres, pour me permettre de tamponner une potentielle perte qui allais arriver
    semblerait que je ne me sois pas trompé
    Ce qu’il y a de dérangeant dans ce systeme…c’est qu’on accuse des defauts du marché libre…alors que le marché ne fait que réguler ce qui dois ou non etre régulé
    Personnellement…les fautifs dans cette histoire, sont plutot…les vautours qui ont cru qu’en faisant des crédits auprès de personnes insolvables, elles pourraient augmenter leur rentabilité
    Ce qui laisse apparaitre…que les banques devraient etre nationalisées…non pas pour que le marché n’ait pas de prise sur les dirigeants…mais pour eviter que des dirigeants verreux ne puissent diriger des organismes de crédit
    ou alors
    foutre en taule des dirigeants verreux, qui par leurs actes, auront pu causer une instabilité aussi importante que l’on connais actuellement

  6. Wait 23 septembre 2008 à 16:30

    c est pas gagné ! Paulson & Bernanke se font étriller en ce moment meme au Congrès : les démocrates refusent que les taxpayers alimentent les primes des CEO et qu’on ne fasse rien pour les homeless…

  7. USdream 23 septembre 2008 à 19:29

    lu sur Bourso :
    Les Américains ne comprennent plus rien
    Il y a 2 ou 3 mois on leur donnait un millier de dollars “gratos” pour consommer plus et maintenant les 700 milliards vont couter 2000 dollars par contribuable américain, pour sauver les “banques” (qui leurs ont piquer leurs maisons) c’est comme ça qu’ils le comprennent , le mécontentement gronde et s’amplifie, ça pourrait faire mal !
    Les Américains ne comprennent plus rien à rien, sauf qu’ils se font avoir (en étant poli) dans les grandes largeurs !!!

  8. CHINAvsUSA 23 septembre 2008 à 20:59

    Le Président chinois espère que les mesures prises par le gouvernement américain pour lutter contre la crise financière auront un effet IMMEDIAT
    Lundi 22 septembre, le Président chinois Hu Jintao a été invité à un entretien téléphonique par son homologue américain George W. Bush. Ils ont échangé leurs points de vue sur les relations entre les deux pays et sur la conjoncture financière américaine.
    Pendant leur conversation, M. Hu a témoigné de sa sollicitude face à la crise financière aux Etats-Unis. Il a annoncé que le gouvernement chinois avait pris note des mesures prises par le gouvernement américain pour stabiliser les marchés financiers nationaux et il a dit espérer que ces mesures auront un effet immédiat, afin que l’état financier du pays s’améliore. Selon M. Hu, les efforts du gouvernement américain face à cette crise contribueront à stabiliser les marchés financiers internationaux et à développer l’économie mondiale.
    De son côté, George W. Bush a présenté la situation financière de son pays. Il a assuré de la prise de conscience de son gouvernement face à l’importance de cette crise. Le gouvernement va continuer à prendre des mesures pour maintenir la stabilité des marchés financiers américains.
    Le Président chinois a également présenté le point de vue du gouvernement chinois par rapport aux relations sino-américaines : la partie chinoise va continuer à promouvoir le développement du partenariat entre la Chine et les Etats-Unis et à intensifier le dialogue, l’échange et la coopération, afin de traiter de manière appropriée les problèmes concernant les intérêts des deux pays, notamment le problème de TAIWAN.
    Source: CRI

  9. Olivier D. 24 septembre 2008 à 12:29

    Amusant… dans le magazine Capital :
    “Un trader utilise ses plus-values pour décrédibiliser Bush”
    “Un trader américain a décidé de réinvestir une partie de la plus-value qu’il a réalisée grâce au titre Goldman Sachs dans l’achat d’une pleine page de publicité dans le New-York Times, pour se moquer de l’administration Bush.
    William Perkins, le trader en question, a profité de l’annonce du plan de sauvetage Paulson pour réaliser une plus-value de 1,25 million de dollars sur le titre Goldman Sachs.
    La publicité, qui lui a coûté 130.000 dollars, est en fait une caricature réalisée par un artiste de Houston mettant en scène le président Bush, Ben Bernanke et Henry Paulson déguisés en camarades de l’ex-URSS, et brandissant un drapeau soviétique.
    Perkins s’est ainsi offert une formidable tribune médiatique. Il en a profité pour expliquer qu’il est nécessaire de laisser les grandes institutions financières faire faillite, car, selon lui, ce qu’il y a de plus beau dans un pays libre (“free society”), c’est le droit de perdre”.
    Source : Capital.fr

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