Cela a le mérite d'être clair ! Zapatero n'a pas d'atome crochu avec le nucléaire.
Le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero vient ainsi de déclarer que son pays ne construira pas de nouvelles centrales nucléaires et que le gouvernement ne compte pas prolonger la durée de vie des huit centrales dont dispose l'Espagne.
A noter toutefois que la France et l'Espagne ont lancé vendredi à Saragosse leur interconnexion électrique à très haute tension (THT), en optant pour l'enfouissement de cette liaison controversée.
Pas de nucléaire sur territoire espagnol, certes ... mais rien n'empêche – si ce n'est une problématique de coûts et de dépendance – de se fournir en énergie nucléaire produite par les voisins ...
"Nous avons un engagement, qui est de respecter la durée de vie normale des centrales, sauf nécessités énergétiques impérieuses, et de ne pas construire de nouvelles centrales nucléaires", a déclaré M. Zapatero dans une interview dimanche au quotidien espagnol El Pais.
Les socialistes, réélus aux élections législatives de mars dernier, se sont engagés à éliminer progressivement l'énergie nucléaire. Mais ils n'ont pas encore décidé s'ils prolongeraient la durée de vie des centrales existantes.
Les licences de ces centrales doivent expirer entre 2009 et 2011, avant la fin du mandat des socialistes qui interviendra en 2012.
Mais qui dit pas de nucléaire ... ne résout pas le problème de couvertures des besoins énergétiques de l'Espagne ....
En une sorte de "contrepartie" du choix politique de Zapatero, la France et l'Espagne ont lancé vendredi leur interconnexion électrique à très haute tension (THT). Un accord de coopération a été signé lors d'un mini-sommet franco-espagnol, et sera suivi, au plus tard le 1er octobre, de la constitution d'une société à parts égales entre RTE et REE, les deux opérateurs nationaux du transport de l'électricité. Cette nouvelle entreprise devra présenter un avant-projet à chaque Etat "avant le prochain sommet franco-espagnol de l'automne 2008".
Selon une source espagnole, l'interconnexion THT coûtera entre 500 et 750 millions d'euros. Une somme qui sera supportée entièrement par les deux opérateurs, a insisté M. Fillon. Le principe de la construction de la ligne THT avait été acté lors du dernier sommet bilatéral France-Espagne qui s'était tenu le 10 janvier à Paris.
Le projet était paralysé depuis de nombreuses années en raison de la vive opposition des riverains et des écologistes, en particulier du côté français. Sous cette pression, la France a accepté d'enfouir la totalité de la ligne de 400.000 volts entre les postes de Baixas (France, près de Perpignan) et de Santa Llogaia (Espagne, près de Figueras), soit 60 km.
Cette mise en souterrain très coûteuse - dix fois plus qu'une ligne normale selon RTE - devra utiliser "dans la mesure du possible, les couloirs d'autres lignes existantes, en l'occurrence des tunnels routiers ou ferroviaires".
Il est également prévu que la future société commune à RTE et REE pourra solliciter "un soutien financier" de la Commission européenne "au titre des budgets des réseaux transeuropéens".
N'oublions pas que l’Espagne importe 85 % de son énergie, notamment du gaz algérien. En janvier dernier, plusieurs voix s'étaient élevés parmi les socialistes (dont la ministre de l’Environnement Cristina Narbona et l’ex-Premier ministre Felipe González), pour voir dans la position anti-nucléaire de Zapatero, une «résolution ingénue» voire «suicidaire».
Quant aux émissions de CO2 sur le territoire espagnol, elles sont 49 % supérieures à celles de 1990 ... et très loin des + 15 % fixés par le protocole de Kyoto. Encore plus difficile dans ces conditions, de se passer du nucléaire – qui représente actuellement 19,6 % de la production électrique du pays.
A moins d'avoir recours à l'énergie de l'atome .... produite par ses voisins ...
Source : AFP, Libération
A lire également :
. Espagne : Zapatero annonce un régime d'austérité
. L'UE veut relancer l'interconnexion électrique France/Espagne via la THT

4 Commentaires
1
Ben tout juste !
29 juin 2008 à 22:25Le socialisme, c'est bien ... pour les voisins !
Construisons un superphénix en Catalogne, un au pays Basque, un en Haute-Provence, 2 sur le Rhin, et hop, on équilibre enfin la balance commerciale !
2
Le journal cité ou vous-mêmes êtes très mal informés. L'Espagne ne s'approvisionne pas en électricité nucléaire française, puisque l'Espagne est un exportateur net d'électricité (exportations supérieures aux importations).
L'Espagne exporte (solde import/export) 1,3% de sa production nationale. L'Allemagne, avec 3,4% de sa production, et le Danemark sont dans la même situation (le Danemark n'a pas de nucléaire).
Par contre, la Belgique produit 55% de son électricité au moyen du nucléaire et doit importer beaucoup d'électricité, de France et d'Allemagne (via les Pays-Bas et le Luxembourg).
Voir : Les échanges d'électricité et le nucléaire
Se limiter à regarder les échanges aux frontières de la France est trompeur car les exportations d'électricité qui en apparence vont de France vers l'Espagne vont en réalité au Portugal et au Maroc (bilan annuel).
Pensez-vous que tous les camions de tomates qui passent la frontière entre l'Espagne et la France sont à destination de celle-ci ? Et que ces tomates sont toutes espagnoles ?
Sur un plan plus anecdotique, il se dit que deux camions de tomates sont entrés en collision près de Poitiers il y a quelques années. L'un provenait d'Espagne pour aller aux Pays-Bas, l'autre faisait l'exact trajet inverse. Cela est plausible et il serait intéressant de retrouver une coupure de presse relatant cet accident.
06 juillet 2008 à 16:163
Article de Libé sur le sujet
L’Espagne enfouit l’avenir du nucléaire
De notre correspondant à Madrid FRANÇOIS MUSSEAU
QUOTIDIEN : vendredi 25 janvier 2008
Le zéro nucléaire : c’est l’objectif affiché par les socialistes espagnols. Au moment même où Londres veut construire davantage de centrales, où Paris vend sa technologie du Maghreb à la Chine et où Washington prévoit d’allonger la durée de vie de ses réacteurs, Madrid veut orchestrer la fin de ses installations nucléaires. Mardi, José Luis Zapatero a donné son feu vert pour que cette «résolution ferme» soit mentionnée dans le programme électoral de son parti, le PSOE, dans la perspective des législatives du 9 mars, où la gauche est donnée légèrement favorite. Il ne s’agit pas, bien sûr, de décréter la fermeture immédiate des 8 centrales espagnoles, pour d’évidentes raisons logistiques et de sécurité. Mais, assure le chef du gouvernement, pas question de maintenir en vie les réacteurs «au-delà du nécessaire».
En 2006, les socialistes avaient fermé la centrale de Zorita, près de Madrid. L’an prochain, ce sera au tour de celle de Garoña, en Castille et Leon. Les sept autres, construites dans les années 80, devront connaître le même sort au terme de «leur durée de vie utile», entre 2021 et 2028. Le programme socialiste ne laisse aucune ambiguïté : «Nous mettrons en place le remplacement graduel du nucléaire par des énergies plus sûres, plus propres et moins onéreuses.»
Mauvais élève. Ces ambitions marquent un saut qualitatif. Au début de son mandat, José Luis Zapatero évoquait la «diminution» du nucléaire. Aujourd’hui, il insiste sur sa «disparition nécessaire». Comme une partie du PSOE, le chef du gouvernement y est opposé «idéologiquement» : trop cher, trop dangereux (longévité des déchets radioactifs, sécurité relative), arguë-t-on. Et peu populaire. D’après un sondage du Centre d’investigations sociologiques (CIS), en juin, trois quarts des Espagnols sont pour la baisse du nucléaire. Ce qui explique que, sur ce point, la droite évite le débat, même si elle dit souhaiter que cette source d’énergie «demeure une alternative».
Le PSOE n’en est pas moins paradoxal. Car, outre la cherté croissante du pétrole, l’Espagne vit une situation précaire en important 85 % de son énergie, notamment du gaz algérien. Plus grave, alors que l’Espagne applaudit aux efforts onusiens face au changement climatique, elle est l’un des plus mauvais élèves d’Europe : les émissions de CO2 y sont 49 % supérieures à celles de 1990. On est très loin des + 15 % fixés par le protocole de Kyoto. Comment, dans ces conditions, trouver la quadrature du cercle et se passer du nucléaire (19,6 % de la production électrique), sans augmenter la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles ?
«Ingénue». Parmi les socialistes (dont la ministre de l’Environnement Cristina Narbona et l’ex-Premier ministre Felipe González), pas mal de voix s’élèvent pour voir là une «résolution ingénue» voire «suicidaire». Les ingrédients de la potion magique, Zapatero dit les avoir trouvés : importation électrique (de France surtout), économies d’énergie (producteurs et usagers), taxe écologique (pour lutter contre les émissions) et, surtout, forte impulsion aux renouvelables. C’est sur ce dernier chapitre que les principaux espoirs se fondent. L’énergie solaire, balbutiante, va gagner du terrain : «C’est un atout, une partie du territoire est aride ou semi-aride», assure-t-on. Quant à l’éolien (18 % de la production électrique), on espère voir sa part égaler celle du pétrole d’ici à 2016, soit un bon tiers. Cela sera-t-il suffisant ? Beaucoup en doutent. Fin novembre, El Pais titrait : «L’Espagne, ce Don Quichotte antinucléaire.»
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/306016.FR.php
06 juillet 2008 à 16:234
pour rappel :
http://www.leblogfinance.com/2007/11/espagnenergie-r.html
06 juillet 2008 à 16:30Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.