Etrange qu'il faille aller sur la presse russe pour obtenir ce type d'informations. Encore que, pas si étrange que cela ...
Le gouvernement irakien s'est engagé à livrer à l'Union européenne 5 milliards de m3 de gaz du gisement d'Akkas (frontière syrienne) dans un premier temps.
C'est en tout cas ce qu'annonçaient jeudi les médias locaux se référant au commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs. Tout de même.
Il est vrai qu'un tel accord est d'autant plus important que la Russie et la Libye viennent cette semaine de renforcer leurs relations dans le secteur des hydrocarbures, l'Italie une fois encore - via le groupe pétrolier Eni – leur "facilitant la tâche" pour pénétrer davantage le marché européen ... voire augmenter la dépendance de l'UE vis à vis du gaz russe.
M. Piebalgs a mené cette semaine des négociations avec le ministre irakien du Pétrole Hussein al-Shahristani, au terme desquelles les parties ont décidé qu'un mémorandum de compréhension mutuelle en matière de coopération énergétique serait signé début mai entre l'UE et l'Irak.
Selon le communiqué de l'UE, les autorités irakiennes sont "prêtes à signer à tout moment" un protocole d'accord qui permettrait de renforcer les liens énergétiques entre les 27 et l'Irak.
Grâce à sa coopération avec l'Irak, l'UE espère réduire sa dépendance à l'égard de la Russie. Selon les médias, l'accord prévoit en outre que l'UE allouera une aide à l'Irak afin de remettre en état les infrastructures énergétiques du pays.
L'exécutif européen, qui affirme que le gaz devrait provenir de différents gisements et suivre plusieurs itinéraires, espère cependant que le gaz irakien viendra remplir les conduites du gazoduc Nabucco, « un projet censé servir d'alternative aux livraisons russes » dixit bien évidemment la presse russe. Pour rappel, la Russie et l'UE se livrent actuellement une guerre sans relâche sur l'épineux dossier du transit des hydrocarbures. Deux projets et donc deux tracés s 'opposent : le gazoduc Nabucco porté par l'UE et le projet South Stream porté par la Russie. Au delà du transit lui-même, ces projets sont d'une importance capitale pour l'indépendance énergétique de l'Europe.
Le gazoduc Nabucco devrait posséder une capacité annuelle de 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz, suivant l'itinéraire Turquie-Bulgarie-Roumanie-Hongrie-Autriche. Son chantier, d'un coût de 7 à 8 mds USD, doit être lancé en 2010.
Selon un communiqué émis par la Commission européenne, l'Irak devrait en outre faire passer sa production de pétrole de 2,5 millions de barils par jour actuellement à 3 millions avant la fin de l'année, et 4,5 millions de barils à l'horizon 2012. "Ceci constituera un apport de poids afin de réduire le prix du pétrole", indique le communiqué. Sous-entendu : je vous remercie de ne faire aucune remarque « déplacée » concernant la signature d'un tel accord entre l'UE et le gouvernement irakien, ce dernier servant les intérêts internationaux en faisant envisager une possible baisse du cours du pétrole.
« Avec des réserves de pétrole évaluées à 115 milliards de barils, l'Irak arrive au troisième rang mondial dans ce domaine, mais souffre d'un manque de technologies et de moyens afin de les mettre en valeur », souligne la presse russe. Mais devinez qui se propose pour y investir en masse ? ... La Russie.
Le groupe pétrolier britannique British Petroleum n'a pas encore pris de décision définitive sur sa future stratégie d'investissement en Irak, a indiqué par ailleurs jeudi son président Peter Sutherland lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires.
Il a indiqué que le groupe était en discussion avec les autorités irakiennes sur les derniers détails d'un contrat de développement du champ de Rumaila, un des plus importants du pays.
Alors que les compagnies pétrolières occidentales sont régulièrement critiquées pour vouloir tenter de contrôler le pétrole irakien, M. Sutherland a assuré que BP "n'exploiterait pas la faiblesse de l'Irak pour des bénéfices à court terme".
Par ailleurs, le directeur général Tony Hayward a confirmé qu'à son avis "la taille et la qualité de la ressource permettaient d'espérer (pour BP) une production qui ne soit pas inférieure à 4 millions de barils par jour jusqu'à 2020 sans aucune exploration supplémentaire".
Mercredi, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé qu'un accord était proche en vue de l'adoption par son pays d'une loi "qui permettra de sceller des accords stratégiques de partenariat et de développer les investissements" étrangers.
L'autre grand groupe pétrolier Britannique Shell avait indiqué fin janvier qu'il avait des projets d'investissement en Irak, mais que leur poursuite dépendrait de la réglementation qui sera adoptée par les autorités irakiennes.
Sources : Ria Novosti, Presse canadienne, AFP
A lire également :
. Sarkozy en Afghanistan en 2008, pour le pétrole d'Irak ?
. Poutine met les bouchées doubles sur le pétrole d'Irak
. Irak-pétrole:loi pour l'exploitation par sociétés étrangères
. Irak:objectif de 6 millions de barils/j de pétrole d'ici 10 ans
. Poutine et Prodi veulent accélérer le projet du gazoduc South Stream

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.