Un protocole d'accord visant la promotion de la coopération économique et commerciale entre l'UTICA et le MEDEF ainsi que la multiplication des rencontres bilatérales et les actions communes entre les deux organisations patronales a été signé mercredi à Tunis par M. Hédi Djilani, président de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) et Laurence Parisot, présidente du mouvement des entreprises de FRANCE (MEDEF).
Mais un des moments majeurs de la journée fut constitué par le discours de Laurence Parisot concernant sa position sur la délocalisation des activités de France vers Tunisie. Edifiant ...
Questionnée à deux reprises sur la question des délocalisations, la présidente du patronat français s’est déclarée en faveur de ce procédé. Dans un souci du respect du « politiquement correct », elle a bien évidemment pris soins de ne pas utiliser le mot délocalisation.
«Il faut accepter qu’il y ait des déplacements d’activités, pour permette l’installation d’autres activités à plus grande valeur ajoutée en France », a t-elle affirmé tout en ajoutant être convaincue « que ce qu’on ne peut plus produire pour des prix compétitifs parte ailleurs ».
Mais il y a tout de même un hic, et non des moindres : Nicolas Sarkozy, le chef en personne !
La patronne des patrons indique en effet que son "seul" problème, "c’est de convaincre le président". Selon elle, lorsqu’il voit une usine qui va fermer «ses tripes se serrent et il a du mal à supporter».
Laurence Parisot a par contre appelé les hommes d’affaire et les autorités tunisiens, à faire du lobbying pour dit-elle «repenser la chaîne des valeurs et démontrer que la délocalisation en crée d’autres » et les a incités pour cela, à «s’adresser à l’opinion publique française ».
La « chance » semble par ailleurs sourire aux audacieux investisseurs étrangers, jugez plutôt !
Selon les nouvelles dispositions fiscales de la loi de finances 2008, la taxation de 10% des bénéfices issus de l'exportation qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2008 (selon la loi du 18 décembre 2006) a été reportée au 1er janvier 2011. Cela signifie que les entreprises créées jusqu'au 31 décembre 2010 et dont la période (de 10 ans) de déduction totale de leurs bénéfices provenant de l'exportation n'a pas expiré continuent à bénéficier de la déduction totale jusqu'à fin de la période qui leur est impartie.
Ce régime d'incitations offshore - atout majeur de la Tunisie dans la compétition internationale pour attirer les investissements directs étrangers- ne devait initialement n'être que temporaire. Mis en place par le Code d'incitations aux investissements de 1993, il a été prorogé depuis 2003 par les lois de finances respectives.
D'autres dispositions affectent le Code d'incitations aux investissements :
- Suppression de l'avance de 2,5% due au titre de l'impôt sur les bénéfices dans le cas de ventes sur le marché local par des entreprises totalement exportatrices (dans la limite de 30% du CA) ;
- Renforcement des procédures de retrait des avantages fiscaux et des primes accordées en cas de non respect des dispositions du Code ou de non commencement du projet dans un délai d'un an ;
- Précision des conditions de bénéfice de l'exonération fiscale au titre du réinvestissement au sein de l'entreprise (dans la limite de 35% des revenus ou bénéfices nets).
Mais tout le monde ne voit pas les choses du même oeil ... Car, selon La Dépêche du Midi, “Latécoère, un des principaux employeurs en Midi-Pyrénées et principal fournisseur d'Airbus, prépare la construction d'une nouvelle usine implantée en Tunisie.”
Le projet encore tenu confidentiel par les dirigeants de la société toulousaine serait de grande ampleur puisqu'« il pourrait concerner à terme près de 1 000 emplois » a même confié un proche du dossier au journal toulousain. L'usine aurait en charge la production d'éléments d'aérostructures c'est-à-dire de tronçons de fuselage pour le compte d'Airbus.
La direction de Latécoère aurait récemment eu le feu vert de son conseil d'administration pour engager des investissements conséquents dans les pays à bas coûts. Preuve que les choses sont en “bonne” voie : François Junca, le président du conseil de surveillance de Latécoère s'est rendu à Tunis très récemment.
Sources : www.africanmanager.com, www.investir-en-tunisie.net, AFP, DDM
A lire également :
. Délocalisation : le malheur des uns ... fait le bonheur de la Tunisie
. Latecoère : délocalisation envisagée malgré un C.A plus que satisfaisant

3 Commentaires
1
elisabeth,
tu as oublié le mot "sourire"!
La « chance » semble par ailleurs (sourire) aux audacieux investisseurs étrangers, jugez plutôt !
28 février 2008 à 10:492
sourirent
28 février 2008 à 10:523
merci :)
:)
28 février 2008 à 10:55Ajoutez un commentaire
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