L'affaire SocGen en est-elle vraiment une ?

F8c5_1 Et si la vérité était tout simplement celle donnée par la Direction de la Société Générale ? Et si un simple petit breton d'à peine 30 ans avait réussi à faire trébucher l'une des plus grosses banques françaises, provoqué un quasi krach boursier mondial et obligé la FED à baisser en catastrophe son taux directeur ?

Examinons la communication de crise mise en place par la direction de la Société Générale. Son choix s'est porté sur une transparence (relative certes, mais nous parlons du secteur bancaire) sur les implications et les responsabilités. Un très bon choix.

Car finalement, la banque ne s'en est pas si mal tirée. Elle a réussi à reporter la faute d'un désastre incroyable - 5 milliards d'euros - sur les épaules d'un salarié qu'elle présente comme un jeune homme fragile et pas très brillant. Rien à voir avec une carambouille balzacienne. Non, un simple employé qui savait comment passer à travers les divers contrôles mis en place.

Le PDG de la banque, a proposé sa démission, que le Conseil d'Administration a refusée - une formalité sans doute - mea culpa, mea maxima culpa... Voilà, Daniel Bouton est dédouané. Pour le moment.

Le Marché ne s'y est pas trompé : le titre n'a chuté que de 4,14% lors de la reprise de cotation d'hier, une pichenaude comparée au tsunami que la nouvelle aurait dû provoquer.

Contacté par mes soins, un ami trader dans une grande banque parisienne (concurrente de la SocGen) m'a avoué que si l'explication officielle de l'affaire semblait énorme, elle était pourtant malheureusement possible. Tout système de contrôle a ses propres limites.

Alors, pas de complot mondial, de pertes subprimes masquées, de terrorisme financier ? Juste un petit trader pris dans la spirale d'une affaire qui a mal tournée ?

Je le pense à titre personnel. L'autorité des marchés financiers a déjà lancé sa propre enquête. Le Conseil d'Administration de la Société Générale va devoir se justifier de toutes les actions entreprises depuis la découverte de cette fraude. Les autorités financières du monde entier vont regarder de très près les explications fournies par M. Bouton.

Des explications qui pointeront sans aucun doute les incroyables failles dans le contrôle interne de l'entreprise.  Daniel Bouton n'aura sans doute sauvé sa tête que très provisoirement : sa responsabilité est quoi qu'il en dise complétement engagée dans cette affaire.

Quant à Jérôme Kerviel, l'auteur de cette jolie prestation historique, je tiens à le féliciter personnellement pour ce nouveau record établi, et lui conseille de prendre le large le plus rapidement et le plus loin possible. Au cas où.

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13 Commentaires

  1. 1

    Laurent Gosse

    "Le Marché ne s'y est pas trompé : le titre n'a chuté que de 4,14% lors de la reprise de cotation d'hier"

    On parle d'un fonds souverain qui serait entré pour soutenir le cours ... De toutes facons, avec une AK de 5.5 milliards au programme (d'ou une dilution de plus de 15%), le cours doit degringoler d'autant ... S'il ne le fait pas, c'est que quelque chose se fait par-derrière!

  2. 2

    Jean-Philippe GREGOIRE

    @ Laurent : une opportunité ouverte sans doute. Je vois ça comme une conséquence. Mais sur le fond, je penche vraiment pour l'option du trader agissant tout seul.

  3. 3

    giao

    Même les experts financiers de CNN doutent de la thèse officielle.
    Si la Sogé dit vraie, alors l'attentat contre JFK peut très bien aussi avoir été perpétré par Lee Harvey Oswald tout seul finalement !

  4. 4

    Anonyme

    Le capitalisme occidental a montré ses limites. Préparez vous à apprendre à parler chinois ou arabe.

  5. 5

    valerie

    La SG va prendre le contrôle de la banque russe Rosbank, le deuxième réseau bancaire de Russie, pour 1,2 milliard d’euros (600 agences, 80% du territoire couvert).
    Elle détenait déjà 20% moins une action, mais disposait d’une option d’achat de 30% supplémentaires du capital qu’elle pouvait exercer jusqu’à fin 2008, ce qu’elle a fait, auprès du holding russe Interros.
    La presse russe indiquait que la nouvelle entreprise d’Etat russe en charge des exportations d’armes, Rostekhnologuii, cherchait à empêcher la prise de contrôle de Rosbank par la SG, par souci de préserver ses comptes "secrets".
    "Les marchands d’armes russes peuvent empêcher le banquier français de prendre le contrôle de Rosbank", titrait en Une le journal des affaires Vedomosti, citant un actionnaire de la banque russe.

  6. 6

    Michel Delobel

    Content de voir que je ne suis pas le seul à croire à la thèse de la SG :-) Mais restons prudents, le temps que cette histoire soit éclaircie.
    Quant à la chute modérée du titre, n'oublions pas qu'il a déjà été divisé par deux en 6 mois... Aux cours actuels, s'il n'y avait pas tant d'incertitudes sur le secteur financier mondial, qui pourraient continuer à peser sur le titre, j'en prendrais tout de suite :-)

  7. 7

    Anonyme

    Lorsqu'il s'agit d'un mensonge d'Etat et que la Commission est de mèche il n'y a aucun danger.

  8. 8

    Francis

    Toujours bien à propos la pub de google quand j'ai affiché votre page :-)

    Simple, spéculatif et sans frais ! Filiale de la Société Générale
    .ClickOptions.com

    Des "options" ou "Kinder surprises" ?

  9. 9

    Grevisse

    "Le PDG de la banque, a proposé sa démission, que le Conseil d'Administration a refusé - une formalité sans doute - mea culpa, mea maxima culpa..."

    Le "mea maxi culpa" c'est pour le participe passé mal accordé?

    Le CdA a refusé quoi? la démission.
    "que le CdA a refusée (ée)".

    Depuis 36 heures, j'apprécie beaucoup le ton léger avec lequel les rédacteurs du blog finance abordent le dossier SocG. Mais par pitié, ne négligez ni la grammaire ni l'orthographe. Votre crédibilité de rédacteur en pâtit.

  10. 10

    Jean-Philippe GREGOIRE

    @ GREVISSE : personne n'est à l'abri d'une faute d'accord. A charge de revanche ?
    @ Francis : oui, j'avais également remarqué. Mais la SocGen fait beaucoup de pub ces temps-ci.

  11. 11

    Grevisse

    Vous vous enfoncez Jean-Philippe! (-:

    À charge de revanche.

    Les majuscules s'accentuent! Mais là je pinaille très certainement.

  12. 12

    philippe

    L'imagination est parfois débordante... L'article James Bond à la SocGen était digne d'un bon scénario à suspense (le complot Bouton-Sarkozy pour forcer Trichet à baisser les taux...). Quel dirigeant de banque internationale s'aventurerait à inventer une histoire pareille alors que justement sa maison est réputée sur le marché des dérivés actions et pour son encadrement des risques. Si les pertes liées aux subprime avaient été de €7 milliards, je pense que Bouton aurait préféré communiquer là dessus plutôt que d'inventer une histoire invraisemblable. Si quelqu'un s'en est mis plein les poches ça se saura très rapidement mais franchement j'en doute, ces gens là gagnent suffisamment d'argent. Il faut néanmoins reconnaitre que l'intrigue et la théorie du complot c'est plus sexy... Bref si ce mec a empêché Bernanke Trichet, Noyer et combien d'autres de dormir, qu'il a fait la une du FT avec une photo plus grande que celle de Greenspan ce jour là, il faut quand même l'applaudir... il doit être au fond du trou en ce moment, mais il a toujours de l'avenir en tant que consultant en contrôle des risques... Il se sera au moins fait un pote -Nick Leeson-, parce qu'à mon avis il y a pas mal d'employés de la SG, ceux exactement qui ont vu fondre leur bonus, qui aimeraient bien le croiser à un carrefour obscur les jours prochains...

  13. 13

    el gringo

    Le dernier combat de Daniel Bouton ?

    «IL ÉTAIT clairement sonné, et le mot est faible » : ceux qui ont vécu aux côtés de Daniel Bouton pendant les cinq jours dramatiques qui ont ébranlé l'une des plus belles banques du monde n'avaient jamais vu leur patron dans cet état. « Pourtant, il en a vécu des crises, il a du cran et les reins solides. Mais depuis samedi, il est passé par des phases de dépression et d'euphorie auxquelles on n'a pas été habitué », raconte encore ce cadre de la Société générale. Dans un numéro de septembre 2007, le magazine économique « Challenges » publiait un portrait de lui sous le titre « Bouton digère les crises sans trop s'angoisser ». C'était avant « JK », avant que Jérôme Kerviel, un trader effacé de la salle des marchés, ne bouleverse sa vie. Enarque de 57 ans, sûr de lui, volontiers hautain voire méprisant avec son entourage, Daniel Bouton aura attendu dix-sept années pour afficher sa fragilité. Entré en 1991 à la Société générale, après avoir été le plus jeune inspecteur des finances que la France ait compté, et avoir appartenu au cabinet d'Alain Juppé, alors ministre du Budget, l'homme aime avoir raison. Ce pur produit de la méritocratie républicaine a pourtant essuyé plusieurs échecs depuis qu'il a pris les rênes de la Société générale en 1997.

    L'heure est alors à la course à la taille dans le secteur bancaire. Daniel Bouton jette son dévolu sur le CIC, qu'il rate puis sur le Crédit lyonnais qu'il se fait souffler par le Crédit agricole et enfin sur le fleuron de la banque d'affaires, Paribas que la BNP lui arrache... Revers positif de la médaille, il conquiert à cette occasion ses lettres de noblesse envers ses confrères et son personnel en repoussant les assauts redoublés de Michel Pébereau, le patron de la BNP.

    La stratégie de l'isolement

    Mais depuis dix ans, alors que les restructurations dans le monde de la finance s'intensifient, Daniel Bouton, échaudé par ses échecs successifs, refuse tout rapprochement avec d'autres partenaires, français ou étrangers. Il défend alors avec succès une ligne à laquelle il restera fidèle : améliorer encore et toujours la rentabilité de sa banque mais en toute indépendance.

    Seulement voilà, ce qui était relativement aisé dans les années 1980 et même 1990 l'est beaucoup moins au XXI e siècle. Du coup, la stratégie de la Générale évolue sensiblement. Traditionnellement prudente, la Socgén, qui reste une banque de taille moyenne, 13 e dans le monde, doit prendre des risques pour doper ses profits. Elle devient, par exemple, le leader mondial incontesté des produits dérivés sur actions, ce marché extrêmement spéculatif, sur lequel Jérôme Kerviel sévissait.

    Depuis quelques mois, Daniel Bouton ne semble plus faire l'unanimité dans sa propre banque. Son numéro deux, Philippe Citerne, entré à la Socgén dans les années 1970 et qui en connaît tous les rouages, défend une politique d'alliance, en l'occurrence avec la banque italienne Unicredito. Face aux hésitations du PDG français, l'Italien préfère aller voir ailleurs. L'affaire « JK », Daniel Bouton veut l'assumer totalement. Une fois n'est pas coutume, il a ouvert jeudi sa prestation devant les médias, seul sur l'estrade... Il sait qu'il est assis sur un siège éjectable. Le PDG est désormais encadré par un comité de sages « en charge du suivi et du redressement auprès du management ». Une sorte de mise en tutelle que ne supportera pas longtemps Bouton. « Ce qui est arrivé à la Société générale n'a rien à voir avec une catastrophe qui aurait été le fait de notre stratégie », a-t-il indiqué hier, au « Figaro ».

    L'action Société générale a encore chuté hier de 2,55 % à 73,87 € . A ce prix, les spéculations vont bon train : la Socgén reste une belle banque qui ne pourra qu'attiser les appétits. Mais Daniel Bouton sera-t-il encore là pour la défendre ?

    http://www.leparisien.fr/home/info/economie/articles.htm?articleid=296003539

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