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Jérôme Kerviel détrône Nick Leeson

"Celà devait arriver", a sobrement commenté Nick Leeson, le trader britannique à l'origine de la faillite de la vénérable banque Barings en 1995, à propos de la fraude d'un courtier de la Société Générale dont l'impact sur les comptes atteint la somme de 4,9 milliards d'euros. Retour sur une perte qui s'impose comme la plus importante de l'histoire financière.
Jérôme Kerviel travaillait pour la banque de la Défense depuis 2000. Il évoluait au "front office" depuis 2005, où il est chargé de "prendre des positions" sur des indices de contrats à terme. Sa rémunération annuelle ne dépassait pas 100 000 euros. "Il aurait joué, mais pas à son profit", explique une source syndicale citée par l'AFP. La Société Générale a été plus précise, expliquant que la fraude, dont elle a été victime portait sur des produits "plain vanilla" (vanille pure), une expression financière qui désigne les produits dérivés les plus simples par opposition aux montages sophistiqués. Ces produits dérivés se composent d'une option d'achat, ou une option de vente. Elles donnent à l'acheteur le droit, mais non l'obligation, d'acheter ou de vendre ce produit à un prix fixé, jusqu'à une certaine date. Dans le cas de la Société Générale, le problème n'est pas venu de la complexité des dérivés utilisés, mais plutôt du fait que le courtier n'a pas révélé, voire a dissimulé, à ses supérieurs l'ampleur de ses positions sur les indices boursiers européens qui servaient de référence à ces produits.
Daniel Bouton, critiqué pour le silence devenu pesant de sa banque et sur sa véritable exposition aux subprimes, a déclaré que la situation financière de Société Générale "est non seulement restaurée, mais elle est plus forte". "Nos ratios Tier One seront plus forts après l'augmentation de capital", a-t-il assuré.
Le titre Soc Gen a été suspendu dans la matinée avant de chuter dès son retour. La Banque de France a indiqué qu'elle suivait cette affaire depuis le week end dernier et qu'elle avait confié à la Commission bancaire une enquête "sur le déroulement des faits".
Sans attendre les résultats, l'Association des petits porteurs actifs (APPAC) de Société Générale a déposé une plainte contre X devant le procureur de Paris pour "diffusion de fausses informations ou trompeuses ayant agi sur le cours de Bourse". Un avocat représentant des actionnaires individuels a également annoncé le dépôt d'une plainte pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel". Quant à la banque elle même, elle a déposé plainte jeudi après-midi auprès du parquet du Tribunal de Nanterre contre Jérôme Kerviel pour "faux en écritures de banque, usage de faux (...) et intrusions informatique.
Enfin Fitch a abaissé sa note défaut emetteur à long terme de Société Générale de "AA" à "AA-". Idem pour Moody's, qui abaisse ses notes à "Aa2/B-", contre "Aa1/B" auparavant . Aux dernières nouvelles, tout le monde ignore ce qu'est devenu Jérôme Kerviel.
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Voici les sites qui parlent de Jérôme Kerviel détrône Nick Leeson :
Commentaires
Olivier
24 janv. 08 17:22:24
C'est incroyable quand même, énorme...
Laurent Gosse
24 janv. 08 17:53:35
Tellement enorme que personne n'y croit a part les naifs ... c'est surement bien plus complexe que ca et kerviel (alias alagone sur boursorama) n'est surement qu'un tocard universitaire qui porte le chapeau pour sauver des manips douteuses de grands polytechniciens.
Elisabeth
24 janv. 08 17:59:51
on est d'accord Laurent :)
pietranera
24 janv. 08 18:14:04
c'est surement pour essayer de sauver leur peau que de nombreuses banques jouent quitte ou double à la bourse ! si ça foire, c'est à cause d'un trader !! de quoi mourir de rire ! quand je vois que mon courtier me téléphone pour un défaut de couverture de 50 Euros, comment peut-on être à découvert de 4,8 ME ???
moralité, la SG est probablement au bord du dépôt de bilan, comme beaucoup d'autres banques.
Cyril
24 janv. 08 19:26:12
Bonsoir Mr Gosse, je me permets de réitérer ma question ici, comment, ou plutot quels sont les événements qui vous ont mis la puce a l'oreil pour affirmer que Mr Kerviel serait alagone du forum bourso?
merci d'avance
Caroline
25 janv. 08 15:59:41
Cyril, le post que vous commentez n'a pas été rédigé par Mr Gosse mais par Mr Nief.
Decrauze Loïc
25 janv. 08 23:39:55
L’image irrésistible de la propagande commerciale de la Société générale, c’est le gentil pouce qui, en toute occasion, fait le geste souteneur, voire salvateur. A l’époque, découvrant le nouveau symbole de l’établissement financier, mon esprit mal placé a immédiatement dérapé : pas besoin d’un grand écart pour que le coup de pouce se transmue en doigt mal placé.
Puéril rapprochement, je l’admets. Pourtant, l’opération de communication de la troisième banque française n’en est aujourd’hui pas si loin. Elle annonce sept milliards de pertes (ce qui correspond à plus de deux ans du chiffre d’affaires d’une société comme TF1), mais dont les deux tiers seraient indépendants de la volonté du gentil pouce bancaire. Le coupable de cet abysse financier : un infâme trader livré en pâture au Média à quatre têtes (TV, radio, presse et Internet) qui se pourlèche de sa bobine version photomaton flou, de son banal parcours rapidement brossé, et même du message de son répondeur hors service. Trémoussements du Média qui a enfin son sujet économico-bancaire sexy en lieu et place de l’indigeste scandale des subprimes qui hoquette depuis août 2007.
cf. http://pamphletaire.blogspot.com
Elisabeth
26 janv. 08 11:48:26
Merci La Dépeche
et félicitation Laurent !!!!!!
Extrait DDM :
La France a aussi son Nick Leeson », lit-on sur un forum internet. Pourtant l'unique photo (ci-dessus) qui circule de lui n'évoque pas le golden boy flamboyant qui avait coulé la Barings dans les années « 90 ».
Brun, cheveux courts, traits fins, regard sérieux : difficile d'imaginer sous les traits de ce jeune homme d'apparence timide, l'escroc de haut vol et le fraudeur « pervers » décrit par son employeur.
« Si c'est un génie, on ne l'avait pas repéré », a déclaré le responsable du Master Finance de l'université Lyon 2, où il avait obtenu une mention « assez bien » en master d'opérations de marché.
D'ailleurs, sa dernière rémunération annuelle n'excédait alors pas 100 000 €, une peccadille au regard des sommes faramineuses empochées par certains traders. Et la direction des ressources humaines de la Société Générale parle d'un « être fragile », « sans génie particulier », traversant des « difficultés familiales ».
Hier, à Pont-L'Abbé, en Bretagne, les habitants ne tarissaient pas d'éloges sur l'enfant du pays : travailleur, sérieux, sans histoire, intelligent, « il a dû être manipulé », avançait l'une de ses tantes.
Passionné de judo et de voile, le jeune homme était domicilié dans un immeuble de Neuilly-sur-Seine, proche de la Défense, le quartier des affaires, où des policiers sont allés perquisitionner hier soir.


