Dassault : baisse de l'emploi et délocalisation pour 2008

DassaultpiloteravenirLes choses se précisent ...

Selon des informations transmises par les syndicats, Dassault Aviation envisage de ne pas remplacer 150 départs naturels environ en 2008 et recherche de nouveaux sous-traitants en zone dollar pour faire face à la chute du billet vert.

Pour rappel, Dassault Aviation avait annoncé début décembre qu'il présenterait en janvier un plan de délocalisation "pour restaurer la compétitivité du groupe face à la baisse du dollar". Il envisageait alors de transférer la plupart de ses activités dans des zones dollar ou à bas coût.

Le président du groupe aéronautique précisait alors qu'"il s'agissait "d'assurer la survie de la société"...

Le PDG de Dassault Aviation Charles Edelstenne a déclaré au comité central d'entreprise (CCE) qu'il s'agissait "de mesures de prévention progressives face à la situation conjoncturelle liée au glissement du dollar" à près de 1,50 dollar pour un euro, a déclaré Richard Bedere, délégué de la CFE-CGC, premier syndicat de Dassault Aviation.

Le président du constructeur d'avions de combat et d'affaires a confirmé qu'il n'y aurait "ni plan social, ni fermeture d'usine, ni licenciement" parmi les 8.400 salariés de Dassault Aviation en France.

Interrogée par l'AFP, la direction n'a pas fait de commentaire sur le CCE.

M. Edelstenne avait déclaré début décembre au journal Le Monde qu'il envisageait des "délocalisations" et qu'il préparait pour le début janvier "les mesures d'adaptation de la société à la nouvelle situation crée par les derniers dérapages du dollar". Il avait assuré au personnel quelques jours plus tard qu'il n'y aurait "pas de plan social".

Selon les précisions fournies alors par Charles Edelstenne, les chaînes d'assemblage et les activités de haute technologie seraient maintenues en France mais "en dehors de cela, tout peut être délocalisé" avait-il ajouté. "Nous pouvons transférer certaines fabrications d'éléments de structures. Il en va de même pour certaines tâches dans les bureaux d'études, aujourd'hui entièrement réalisées en France. On peut imaginer installer dans des pays à bas coûts des activités non stratégiques", poursuivait-t-il.

Reste « juste » à démontrer que les bureaux d'études ne doivent pas être considérés comme des activités stratégiques ... ce qui ne semble pas être le point de vue de certains syndicats d'Airbus en ce qui les concerne.

"Nous sommes sortis du CCE en grande partie rassurés", a pour sa part déclaré M. Bedere.

De source syndicale, on estime que le nombre de départs naturels pourrait dépasser les 500 personnes en 2008 après 772 en 2007 en raison de la démographie de l'entreprise et que "les non-remplacements à l'étude pourraient concerner 130 ouvriers et techniciens d'atelier et une vingtaine de personnes des études employées à des tâches non stratégiques".

Les secteurs visés par les "mesures d'adaptation" et délocalisables sont le petit usinage et l'assemblage de petits éléments d'aérostructures, ainsi que les études "non nobles" comme les écritures de code informatique. Mes ami(e)s informaticiens apprécieront ... dans d'autres lieux, on est moins direct et l'on parle de se « recentrer » sur le coeur de métier.

M. Edelstenne, cité par la CFE-CGC, a indiqué que le groupe "recherche de nouveaux sous-traitants pour ces activités en zone dollar, Europe de l'Est, Maghreb, Inde ou Taïwan notamment".

À l'usine Dassault de Seclin - où environ 40 % de la production est dédiée à la fabrication des pièces de voilure et de structure du 7X, dernier né de la gamme des Falcon -, l'annonce faite par le président du groupe d'une délocalisation des « activités non stratégiques », pour faire face à la baisse du dollar et à la cherté de l'euro, avait laissé le personnel et les syndicats dans l'expectative.

30 millions d'euros ont été investis à Seclin en cinq ans, notamment pour des machines d'usinage à grande vitesse. Et l'investissement continue, affirme Michel Henry, tout comme les embauches : onze à décembre, qui porteront l'effectif à 287 à la fin de l'année 2007 (soit plus un tiers en quatre ans). Selon lui, licenciements et fermeture ne sont pas à l'ordre du jour.

Dans une interview accordée à Aviation Week, le PDG de Dassault Charles Edelstenne s'était d'ores et déjà confié en juin 2007 sur la faiblesse du dollar par rapport à la monnaie européenne. «L’euro est très cher par rapport aux autres devises, ceci soulève le problème de la compétitivité » avait-il alors affirmé. « Le plus gros problème pour les sociétés européennes reste ce différentiel de change. Et probablement, dans un proche avenir, la compétition de nouveaux entrants comme l’Inde, la Chine et le Brésil. » avait-il précisé. « La seule option que je puisse imaginer aujourd’hui est la délocalisation d’une partie de la production dans des pays à plus faible coûts pour contrebalancer le niveau élevé de l’euro.” avait-il d'ores et déjà averti.

Selon le journal Israel Valley, « la position des industriels de l’aéronautique européens expose clairement les avantages compétitifs majeurs d’Israël, pays situé en zone dollar et très proche de l’Europe ». Désormais, de nombreux sous-traitants de l’aéronautique et de la défense européens sont présents en Israël, affirmait en juin dernier le journal. « Plus particulièrement, Dassault consolide sa présence en Israël depuis 2006, en toute confidentialité », ajoutait-t-il.

Sources : AFP, Israel Valley, La Voix du Nord

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