La Bourse de Karachi au Pakistan a plongé de 4,4% à l'ouverture lundi. Ceci répresente l'une des plus fortes chutes de l'histoire de cette place boursière.
Raison d'une telle situation : la réaction du monde de la finance au récent attentat ayant conduit à la mort de Benazir Bhutto.
Mais, nous y reviendrons plus longuement dans un article dédié, le Pakistan demeure un noeud de transit d'une importance majeure au niveau géopolitique, les enjeux liés au projet du gazoduc Inde-Iran-Pakistan étant aussi complexes que stratégiques pour la Russie et les Etats-Unis.
Alors que la Bourse était fermée depuis jeudi soir, quelques heures après l'attentat qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre pakistanaise, l'indice perdait 650 points pour s'établir à 14.112 points dans les premiers échanges. A la suite, dans la matinée, l'indice perdait dans la matinée plus de 680 points pour s'établir à 14.085 points, soit une chute de 4,7 %.
"C'est un plongeon historique, une illustration des désordres dans tout le pays", a estimé Nabeel Jafar, de la maison de courtage Zafar Moti Capital Securities."Qui va investir sur un marché lorsque des dirigeants politiques sont tués et qu'il y a des émeutes", s'est-il interrogé.
Vendredi, au lendemain de l'assassinat de Mme Bhutto, les marchés boursiers européens et asiatiques avaient reculé, après des pertes enregistrées à Wall Street, sur fond de craintes d'instabilité au Pakistan, seul pays islamique doté de l'arme nucléaire.
L'attentat contre l'ancien Premier ministre pakistanais, combiné à de mauvais indices de l'économie américaine, ont convaincu les investisseurs de se positionner sur des marchés plus sûrs. Les investisseurs se sont repliés sur les marchés de l'or et du pétrole, faisant grimper les prix.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé vendredi que la crise politique au Pakistan menaçait "l'équilibre de la région" et “ peut-être plus largement encore". Selon lui, le fait que le Pakistan soit une puissance nucléaire "rend le déséquilibre de cette région encore plus dangereux", mettant également en garde contre le danger de voir la bombe atomique "tomber entre les mains d'extrémistes". "C'est pour ça que le Pakistan nous regarde tous et que l'assassinat odieux de Mme Benazir Bhutto c'est aussi pour une part un assassinat de la démocratie ou de ce qui aurait pu venir et nous ne devons pas le supporter", a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs mis en cause "un certain nombre de gens qui avaient déclaré qu'ils ne laisseraient pas Mme Bhutto vivante et en particulier les responsables extrémistes des zones tribales", notamment "ceux du Waziristan". M. Kouchner avait appelé dès jeudi la communauté internationale à tout faire pour assurer la "stabilité" du Pakistan.
Le parti de Benazir Bhutto a rejeté lundi l'idée d'un report des élections législatives prévues pour le 8 janvier comme le gouvernement le laissait entendre, a annoncé un responsable de ce parti. "Nous sommes prêts pour des élections et nous ne voulons pas d'un quelconque retard. Nous exigeons des élections immédiates, et le 8 janvier", a déclaré à l'AFP un haut responsable du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto, Shah Mahmood Qureshi. "Le gouvernement doit s'en tenir au calendrier. Si le gouvernement retarde les élections, nous convoquerons un comité central pour décider d'une action future", a-t-il averti.
En revanche, le parti de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif, deuxième mouvement de l'opposition, a estimé, lui, "acceptable" un "léger report" des législatives, après qu'Islamabad eut laissé entendre qu'elles seraient repoussées d'au moins un mois.
Les élections législatives prévues le 8 janvier au Pakistan seront reportées "d'au moins quatre semaines sinon plus", avait indiqué plus tôt lundi un haut responsable du gouvernement, quatre jours après l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto.
Raisons notamment invoquées pour un tel report : la "destruction de plus de 40 bureaux de la Commission électorale" dans une seule des quatre provinces du pays dans les violences et émeutes qui ont suivi la mort de la principale figure de l'opposition.
La Commission électorale, qui est en théorie la seule à décider, avait entamé lundi matin une réunion d'urgence sur la question. Mais dès samedi, elle avait indiqué un probable report, assurant que le processus électoral, de la campagne des partis à l'impression des bulletins, en passant par la formation du personnel des bureaux de vote, avait été "défavorablement affecté" par l'assassinat de Mme Bhutto et les violences destructrices et meurtrières qui ont émaillé les trois jours de deuil national qui ont suivi sa mort.
Le parti soutenant le président Pervez Musharraf avait annoncé dimanche qu'il cessait sa campagne électorale en raison de la mort de Mme Bhutto et des violences qui ont suivi.
Source : AFP
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2 Commentaires
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A lire absolument
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=3467
pour dénouer l'écheveau, j'essaie de faire une synthèse au plus tot.
31 décembre 2007 à 12:03Où l'on comprend mieux le jeu de la Russie : faire vendre le gaz de l'Iran ... pour pouvoir vendre le sien et rendre l'UE dépendante
et pour cela le gazoduc Inde iran Pakistan est nécessaire,
alors que les Etats-Unis voient d'un mauvais oeil que la Russie prenne le controle du transit des hydrocarbures pour ecouler pétrole et gaz des champs exploités par les USA dans les ex pays de l'Union soviétique , à grands frais d'investissements.
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original en anglais
http://atimes.com/atimes/Central_Asia/IL22Ag01.html
31 décembre 2007 à 12:07Ajoutez un commentaire
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