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Iran : ultimatum lancé à l'Inde pour sa participation au gazoduc avec le Pakistan

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Les choses se précisent ... et la pression monte. L'Iran a annoncé mardi qu'elle donnait à l'Inde trois à quatre mois pour rejoindre le projet de gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI).

Des accords à ce sujet ont été récemment finalisés, mais uniquement entre Téhéran et Islamabad, contrairement à ce qui avait été initialement prévu.

L'Inde a néanmoins laissé entendre mardi qu'elle était toujours intéressée.

"Je ne pense pas que nous les attendrons plus de trois ou quatre mois", a dit le directeur exécutif de la société nationale d'exportation de gaz (NIGEC) Nosratollah Seifi, à la presse. M. Seifi s'est cependant dit optimiste sur une décision positive de New Delhi qui lui permettrait à terme de recevoir 30 millions de m3 de gaz naturel par jour.

"Je pense que l'Inde rejoindra le projet d'exportation de gaz à cause de ses besoins pressants et importants en énergie", a dit le responsable, en mettant le délai sur le compte de questions énergétiques et politiques.

Les Indiens ont selon lui "des questions intérieures et nous les comprenons. Ils se posent des questions sur l'utilisation de l'énergie nucléaire (...) et il y a aussi des pressions de l'étranger", a dit M. Seifi ... pointant du doigt – certes sans les nommer – les Etats-Unis.

A New Delhi, le ministre indien du Pétrole a de nouveau manifesté l'intérêt de son pays dans ce projet. "Avant la prochaine réunion tripartite, une rencontre bilatérale entre l'Inde et le Pakistan est nécessaire pour prendre une décision sur les tarifs d'acheminement (du gaz) et sur une position commune à propos de la clause de révision des prix proposée par l'Iran", a déclaré le ministre Murli Delora, au cours d'une conférence de presse. "Nous sommes en train de déterminer une date pour cette réunion", a-t-il précisé.

L'Iran et le Pakistan ont finalisé samedi dernier un accord de plusieurs milliards de dollars pour l'exportation de gaz ,qui devrait être signé d'ici un mois. « La porte reste ouverte à une participation de l'Inde au projet », avait par ailleurs alors déclaré le ministère du Pétrole iranien.

Les discussions sur ce projet de 7,4 milliards de dollars visant à fournir également du gaz iranien à l'Inde via le Pakistan grâce à un gazoduc long de 2.600 km ont commencé en 1994. Le débit du gazoduc Iran-Pakistan-Inde sera de 21,1 milliards de m3 de gaz naturel par an. Par la suite, ce débit sera multiplié par 2,5. Les parties espèrent mettre le pipeline en service en 2011.

Le projet a fait les frais des tensions entre l'Inde et le Pakistan, avant d'être remis sur la table début 2004 à la faveur de la relance du processus de paix entre les deux pays. L'absence d'experts indiens à certains rounds de négociations avait remis en cause la possibilité de conclure un accord tripartite. Selon les médias pakistanais, les Indiens s'étaient retirés des négociations en raison des désaccords avec le Pakistan sur le coût du transit du gaz iranien via le territoire pakistanais.

En septembre dernier, le ministre iranien du Pétrole par intérim, Gholamhossein Nozari, avait déclaré que Téhéran était prêt à signer un accord bilatéral avec le Pakistan sans attendre que l'Inde définisse sa position sur ce projet conjoint. L'Iran et le Pakistan se sont ainsi mis d'accord sur un système de révision du prix du gaz tous les trois ans.

L'Inde fait aussi l'objet de pressions américaines pour ne pas s'engager dans ce projet. Selon Washington, les Etats-Unis souhaitent avant tout faire payer à l'Iran les « frais » de son programme nucléaire controversé. Mais l'objectif pourrait bien être aussi d'empêcher l'Inde d'accéder à des ressources par ailleurs très convoitées...

De plus, New Delhi est d'autant moins encouragé à braver l'opposition des Américains que ces derniers lui ont proposé un accord de coopération dans le nucléaire civil.

L'Iran s'est dit décidé à livrer du gaz à l'Inde via le Pakistan mais des différents demeurent, relatifs au prix que New Delhi devrait payer à Islamabad pour le transit du gaz. Le vice-ministre iranien chargé du dossier, M. Ghanimifard a affirmé récemment que l'Iran était prêt à consentir à l'Inde les mêmes conditions qu'au Pakistan. "Les conditions d'un contrat avec l'Inde seront exactement les mêmes que celles convenues avec le Pakistan. Si les Indiens ne tardent pas trop, sur la base des conditions actuelles du marché, le prix ne changera pas", a-t-il précisé.

L'Inde importe plus de 70% de ses besoins en énergie et est à la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement pour son industrie en forte croissance. Si elle rejoignait finalement le projet, le Pakistan en serait doublement bénéficiaire, car il recevrait lui-même du gaz et percevrait en même temps des droits pour le transport et le transit vers l'Inde.

L'Iran possède les deuxièmes réserves de gaz du monde après la Russie mais reste un exportateur modeste sur le plan international en raison de sa forte consommation intérieure et la faible exploitation d'une partie de ses gisements.

Source : AFP

A lire également :

. Iran/Pakistan : le contrat d'exportation de gaz finalisé

. GAZ : coopération Algérie/Pakistan

. Guerre « diplomatique » entre Inde et Pakistan

. Les USA chercheraient à déstabiliser l'Iran via le Pakistan

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Commentaires

POUR RAPPEL

29 déc 2007 00:13:56

Tout est à prendre en compte , les enjeux étant majeurs
on en reparle


Elisabeth

29 déc 2007 00:26:47

Très très intéeressant

"Par-dessus tout, Moscou serait heureuse de l’orientation actuelle des exportations iraniennes d’énergie en direction du marché asiatique.
*********************
D’un côté, cela faciliterait la compétition de la Chine pour gagner l’accès aux producteurs d’énergie de l’Asie Centrale et, de l’autre, cela réduirait la possibilité de flux d’énergie iranienne vers l’Europe, qui, autrement, pourrait réduire la part de marché de la Russie.
************************************

De la même manière, la Russie encouragerait activement un gazoduc iranien vers la Chine via le Pakistan et l’Inde. Mais ce projet est bloqué à cause de la pression des Etats-Unis sur l’Inde.

Constantin Simonov, le chef du Fonds National de Sécurité Energétique de la Russie, a déclaré récemment qu’en s’opposant au gazoduc Iran/Pakistan/Inde, les Etats-Unis essayent principalement d’empêcher la Chine d’accéder facilement aux réserves énergétiques iraniennes"


Stratégie russe

29 déc 2007 00:28:46

A noter également :

"En d’autres termes, Moscou prévoit que les volumes de pétrole, provenant des flux (grâce aux ***investissements massifs des majors pétrolières américaines *** Chevron, ConocoPhillips et Exxon Mobil) dans certains des champs les plus riches du Kazakhstan (le champ de pétrole de Tengiz, le champ de pétrole, de gaz et de condensé de Karachaganak, le champ de pétrole de Kashagan, etc.), seraient absorbés dans ***les routes de transit contrôlées par la Russie pour desservir les marchés européens. ***

Un spécialiste américain à écrit avec amertume : "Cela pourrait escroquer les compagnies [américaines] et leurs actionnaires, renforcer le quasi-monopole de la Russie sur le transit de pétrole du Kazakhstan, faire échouer le couloir énergétique est-ouest de la Caspienne soutenu par les Etats-Unis et créer à la place un axe d’exportation de pétrole contrôlé par les Russes, s’étendant du Kazakhstan à la Grèce et plus loin".


C'est fait !

7 avr 2008 00:11:25

Energie: l'Inde entre dans le projet de Gazoduc transafghan (source)
13:31 | 05/ 04/ 2008

NEW DELHI, 5 avril - RIA Novosti. L'Inde entrera au projet de gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI, Gazoduc transafghan) lors de la réunion des ministres du Pétrole et Gaz de ces pays à Islamabad les 21-22 avril, a annoncé à RIA Novosti samedi une source interne au ministère indien du Pétrole.

Ce projet qui est activement appuyé par Washington comme contrepoids au projet de gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI). Malgré le mécontentement des Etats-Unis et les désaccords avec le Pakistan au sujet de la taxe pour le transit du gaz par le territoire pakistanais, New Delhi n'entend pas renoncer au projet IPI en raison de ses besoins énergétiques croissants.

Le docteur Santhanam, président de la Fondation Inde-Asie centrale, estime que l'adhésion de l'Inde au projet TAPI est bien logique.

"Les besoins de l'Inde en énergie ne cessent de croître, elle doit donc diversifier ses sources d'approvisionnement. La décision d'adhérer au projet TAPI est conforme à cet objectif", a-t-il indiqué.

Le projet de construction du gazoduc transafghan par lequel le gaz du gisement turkmène de Davletabad sera exporté vers le Pakistan et l'Inde a été soutenu par la Banque asiatique de développement.

D'une longueur de 1.680 km, le gazoduc aura un débit de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le coût du projet est estimé à 3,3 milliards de dollars.

Le Turkménistan a annoncé que les réserves de ce gisement s'élèvent à 4.500 milliards de mètres cubes.

Pourtant, de nombreux experts estiment que ce projet sera difficile à réaliser en raison de l'instabilité en Afghanistan. Le chercheur indien estime que les risques peuvent être réduits si "différents groupes dans ce pays sont intéressés par l'argent".

D'autre part, estime l'expert indien, il faut poursuivre la prospection de nouveaux gisements au Turkménistan.


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