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La Turquie bombarde une zone du PKK en Irak

Turkichf16Le cours du pétrole va flamber : menant de nouveau à exécution ses menaces, la Turquie a bombardé dimanche le nord de l'Irak d'où opèrent des combattants kurdes.

Objectif affiché : l'élimination des sanctuaires rebelles.

Le 1er décembre, Ankara avait mené une première opération limitée visant un groupes de combattants kurdes en territoire irakien. Le gouvernement turc avait alors annoncé de "lourdes pertes" dans les rangs du PKK, lequel avait démenti avoir perdu des hommes.

Des avions turcs ont bombardé dans la nuit de samedi à dimanche une dizaine de villages dans le nord de l'Irak, tuant une femme et blessant deux autres personnes, rapportent des responsables irakiens.

Dans un communiqué, l'état-major de l'armée turque affirme avoir uniquement visé des bases de séparatistes kurdes du "mouvement terroriste" PKK de l'autre côté de la frontière.

Selon Jabbar Yawa, porte-parole des "peshmergas" - les forces de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien - des chasseurs bombardiers turcs ont visé des villages dans le secteur du massif du Qandil, dans l'extrême nord-est de l'Irak, aux confins des frontières de la Turquie et de l'Iran. Cette zone montagneuse, boisée et très escarpée, sert de repaire aux combattants du Parti de travailleurs du Kurdistan ( PKK ), en lutte contre le pourvoir central d'Ankara. Selon la chaîne de télévision privée turque NTV, une cinquantaine d'avions ont participé à ces raids, tandis que CNN-Türk parle d'une vingtaine d'appareils.

L'armée turque a indiqué dans un communiqué que les raids aériens dans le massif de Qandil, mais aussi dans les régions de Zap, Hakurk et Avasin, avaient commencé à 01H00 locales (23H00 GMT) et que tous les avions étaient rentrés à leur base à 04H15 (02H15 GMT). L'armée a aussi procédé à des frappes d'artillerie.

Selon Radio Canada, les États-Unis, qui contrôlent toujours l'espace aérien en Irak, n'ont pas autorisé la Turquie à mener ces opérations militaires.

Des sources militaires turques, citées par la chaîne de télévision privée CNN Türk, ont démenti que des villages irakiens aient été pris pour cibles. "Les opérations ont uniquement visé le mouvement terroriste. Elles ne sont pas dirigées contre la population du nord de l'Irak ou contre des groupes locaux qui ne sont pas impliqués dans des activités hostiles" envers la Turquie, précise notamment l'état-major turc dans un communiqué.

Les maires des localités irakiennes de Djarawa et Sankasar, au nord-est de Souleïmania, ont affirmé que les raids avaient commencé à deux heures du matin, heure irakienne, (23h00 GMT samedi) et avaient duré plusieurs heures. Plusieurs maisons et une école ont été détruites, dans une zone située à une centaine de kilomètres au sud de la frontière turque, ont-ils ajouté.

Ils ont précisé qu'une femme avait été tuée dans ces attaques et que deux autres personnes avaient été blessées. Une autre source a seulement fait état de deux blessés.

Dans un discours retransmis à la télévision, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que cette opération "contre des cibles de l'organisation terroriste dans le nord de l'Irak" avait été "réussie".
Il a réaffirmé qu'Ankara était prêt à utiliser les moyens diplomatiques, économiques et militaires pour mettre en déroute les rebelles. "Cette lutte sera poursuivie dans le pays et hors du pays avec détermination", a-t-il affirmé. "De telles opérations vont se poursuivre si nécessaire", a pour sa part prévenu le vice-Premier ministre turc Cemil Cicek. "Le gouvernement, avec tous les organismes de l'Etat, à commencer par les forces armées, est déterminé à débarrasser notre pays de ce fléau (du terrorisme)", a-t-il dit à l'agence de presse anatolienne.

Le PKK a affirmé sur son site internet que les bombardements avaient duré huit heures et avaient été "effectués par des dizaines d'avions". Jabbar Yawa a lui fait état "de huit avions de combat turcs qui ont bombardé des villages frontaliers, notamment le village de Pashashan".
Il a assuré que les frappes turques avaient endommagé plusieurs ponts qui relient les villages dans cette région très difficile d'accès.

"Des familles ont fui ces villages et se sont réfugiés dans des localités voisines", a ajouté le porte-parole. "Nous avons envoyé nos patrouilles de gardes frontières pour aider les éventuelles victimes et évaluer les dégâts", a également déclaré M. Yawa.


Le PKK,
une organisation considérée comme terroriste par Ankara, Washington et l'Union européenne, a utilisé dans un passé encore récent ses bases en Irak - où sont cantonnés quelque 3.500 combattants - pour lancer des attaques en Turquie. Ankara a menacé à plusieurs reprises d'intervenir directement en Irak, si Bagdad n'était pas en mesure d'empêcher les opérations du PKK à partir de cette zone, qui est sous le contrôle des autorités régionales kurdes.

Ankara a massé depuis septembre des milliers d'hommes à sa frontière avec l'Irak en menaçant de frapper les bases de retrait des activistes du PKK. La Turquie affirme que les rebelles utilisent le nord de l'Irak comme base arrière pour des opérations dans le sud-est de la Turquie. Les violences engendrées par la lutte du PKK contre le pouvoir turc ont fait quelque 37 000 morts depuis 1984.

Le 1er décembre, l'armée turque a mené ce qu'elle a présenté comme une "puissante intervention" contre les rebelles kurdes en Irak, engageant dans cette incursion des forces spéciales appuyées par des hélicoptères et de l'artillerie.

Le parlement turc a approuvé le 17 octobre une résolution autorisant pendant un an le gouvernement à ordonner une opération militaire transfrontalière. Votée par une écrasante majorité des députés, cette résolution faisait suite à une série d'attaques du PKK contre les forces de sécurité turques.

Sources : AFP, Reuters, Radio Canada

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Aide US

16 déc. 07 23:07:39

Les Américains ont aidé les Turcs dans leurs raids aériens en Irak
ANKARA - Les raids de l'aviation turque dimanche sur des cibles kurdes dans le nord de l'Irak ont été effectués avec l'aide des Américains, qui ont fourni des renseignements et donné la permission de pénétrer dans l'espace aérien irakien, a déclaré le chef d'état-major des forces armées turques Yasar Buyukanit.

"Les Etats-Unis ont fourni des renseignements (...) Mais ce qui est plus important, les Etats-Unis nous ont ouvert la nuit dernière l'espace aérien du nord de l'Irak", a déclaré ce haut responsable militaire à la chaîne de télévision privée Kanal D, cité par l'agence d'information Anatolie.

"En faisant cela, les Etats-Unis ont approuvé l'opération", a encore dit le général Buyukanit.

Il a par ailleurs averti les rebelles du PKK (le Parti de travailleurs du Kurdistan, séparatistes kurdes de Turquie) que les conditions hivernales régnant actuellement dans les régions montagneuses du nord de l'Irak ne leur seraient d'aucune protection.

"Les Forces armées turques ont fait passer le message à l'opinion publique turque et au monde que, que ce soit en hiver ou en été, nous les trouverons et les frapperons (les combattants du PKK), même s'ils vivent dans des cavernes", a ajouté le général Buyukanit.

Il a affirmé que les frappes de dimanche avaient été couronnées de succès et que les cibles, des camps du PKK préalablement identifiés, avaient été détruites, démentant par ailleurs que des villages frontaliers aient été touchés.

"Aucune cible civile, aucun village n'a été frappé, même de façon accidentelle", a poursuivi le général.


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