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Le conflit Turquie/Irak fait flamber le cours du pétrole

Iraq_turkey_border_323Les prix du pétrole brut ont bondi lundi à New York, clôturant au-dessus de 86 dollars le baril pour la première fois, ainsi qu’à Londres.

La montée des tensions entre la Turquie et la partie kurde de l’Irak alimente une nouvelle flambée des cours.

Le gouvernement turc a en effet affirmé qu’il transmettrait lundi au Parlement une motion autorisant une incursion militaire dans le nord de l’Irak afin d’en chasser des rebelles kurdes de Turquie.

- Nouvelle flambée des cours du pétrole -

Un mois après avoir franchi les 80 dollars, le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre a bondi de 2,44 pour terminer à 86,13 dollars, un record de clôture sur le New York Mercantile Exchange.

Lundi, les cours ont vivement progressé, franchissant pour la première fois le seuil de 85 dollars, lors des échanges électroniques de pré-séance, puis celui de 86 dollars en début d’après-midi. Le baril est monté au niveau jamais observé de 86,22 dollars, effaçant de plus de deux dollars sa précédente marque de référence qui remontait au 20 septembre (84,10 dollars).

Sur l’Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a également été propulsé à des niveaux records, bien au-delà de 82 dollars (82,87 USD), alors que son précédent record était de 81,05 dollars fin septembre.

Après avoir été agité pendant plusieurs semaines par la menace d’ouragans dans la zone pétrolière du Golfe du Mexique, le marché a réagi cette fois-ci aux tensions croissantes autour de la frontière turco-irakienne. Des rebelles séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont trouvé refuge dans le nord de l’Irak. L’armée turque a procédé ce week-end à des bombardements dans cette zone.

- Les marchés redoutent une intervention militaire de la Turquie -

Si la Turquie intervient militairement en Irak contre les rebelles kurdes, les marchés redoutent que cela ne déstabilise le nord de l’Irak, une région a priori relativement calme, selon les analystes. Cela augmenterait ainsi la menace qui pèse sur la production de pétrole dans la région.

Les tensions entre la Turquie et les rebelles séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont trouvé refuge dans le nord de l’Irak, se sont intensifiées, avec l’envoi lundi par Ankara au Parlement turc d’un texte de motion portant sur une incursion militaire dans le nord de l’Irak. Or cette zone se trouve sur le passage d’un oléoduc, qui apporte le pétrole extrait des champs de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, jusqu’au terminal turc de Ceyhan, sur la Méditerranée.

Certains minimisent toutefois l’influence d’une telle annonce, estimant que ce vif mouvement des cours du brut est d’abord dû à "l’argent de fonds arrivant sur le marché". Après avoir déserté les marchés de matières premières pendant la crise financière d’août, les fonds spéculateurs, alléchés par de nouveaux records, renforcent leurs positions, ce qui amplifie en effet les mouvements.

- Turquie: la demande d’autorisation pour une opération en Irak est prête

Le gouvernement turc a affirmé qu’il transmettrait lundi au Parlement une motion autorisant une incursion militaire dans le nord de l’Irak afin d’en chasser des rebelles kurdes de Turquie. "Nous avons décidé d’envoyer aujourd’hui la motion au Parlement", a déclaré à la presse le vice-Premier ministre Cemil Ciçek à la sortie d’un conseil des ministres, ajoutant qu’un vote était attendu dans la semaine. La Turquie espère qu’elle ne sera pas obligée de recourir à l’action militaire, a souligné M. Ciçek. Le gouvernement, a-t-il précisé, veut obtenir du Parlement une autorisation valable un an pour une opération dans le nord de l’Irak, où le nombre de rebelles séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ayant trouvé refuge est évalué à 3.500. Une telle autorisation devrait être votée sans difficulté par les députés.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’était dit prêt la semaine dernière à faire face à la réprobation internationale au cas où son pays déciderait d’attaquer les bases du PKK en Irak, affirmant que "le coût a déjà été calculé". Il avait cependant souligné qu’aucune opération militaire n’était prévue dans l’immédiat, les Turcs voulant d’abord utiliser l’arme de la dissuasion.

Un officier de haut rang a affirmé lundi qu’il était trop tôt pour évoquer les échéances possibles pour cette intervention avant même que le Parlement n’y donne son aval. "Nous allons tenir compte de la saison, de certaines nécessités et d’autres aspects. Mais il est trop tôt pour dire quoi que ce soit maintenant", a déclaré le général Ergin Saygun, adjoint au chef d’état-major.

Des sources militaires irakiennes ont indiqué lundi avoir constaté l’arrêt des bombardements de positions du PKK dans le nord de l’Irak par l’artillerie turque. L’armée turque avait indiqué ce week-end avoir bombardé des territoires irakiens jouxtant la Turquie après une attaque à la roquette et aux armes lourdes du PKK contre un poste militaire turc proche.

Ankara affirme ne pas avoir d’autre option que l’option militaire dès lors que ni Washington ni Bagdad n’agissent contre le PKK, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne. Celui-ci a multiplié depuis le début de l’année ses opérations dans le sud-est de la Turquie.

La Turquie accuse aussi les Kurdes d’Irak, qui administrent le nord du pays, de soutenir le PKK en lui fournissant des armes et des explosifs. Si la Turquie et l’Irak ont signé le mois dernier un accord sur la lutte contre le PKK, ce dernier ne prévoit pas de droit de poursuite des rebelles par l’armée turque en territoire irakien. Pour rappel, le conflit kurde de Turquie a fait plus de 37.000 morts depuis le début de l’insurrection du PKK, en 1984.

- Les USA appellent la Turquie à la "retenue"

Les Etats-Unis ont d’ores et déjà à plusieurs reprises appelé Ankara à se garder d’entrer en Irak, craignant qu’une telle intervention ne déstabilise une zone relativement épargnée par les violences sectaires qui frappent ce pays qu’ils ont occupent depuis 2003. La Maison Blanche a ainsi appelé lundi la Turquie à faire preuve de "retenue" et à se garder de toute action qui risquerait de déstabiliser le nord de l’Irak.

"Nous avons tous intérêt à ce que l’Irak soit stable et nous souhaitons tous voir le PKK rendre des comptes devant la justice, mais nous pressons les Turcs de continuer à discuter avec nous et les Irakiens, de faire preuve de retenue et de se garder de toute action qui pourrait être déstabilisatrice", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Il s’agit de l’appel le plus explicite à la retenue lancé par la Maison Blanche à son partenaire turc depuis que celui-ci envisage très sérieusement une intervention dans le nord de l’Irak pour combattre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui, selon lui, se servent du Kurdistan irakien comme base arrière.

- Relations USA / Turquie très tendues

Les relations entre Ankara et Washington se sont subitement dégradées à la suite de l’adoption jeudi par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine d’un texte qualifiant de génocide le massacre des Arméniens à la fin de l’Empire ottoman. La Turquie a rappelé pour consultations son ambassadeur à Washington pour protester contre ce vote, dont elle avait prévenu qu’il aurait une influence négative sur les relations bilatérales. "C’est une période difficile pour nos relations", a reconnu Rice à Moscou.

En dépit de ce coup de froid, Rice a dépêché samedi à Ankara deux de ses collaborateurs, le secrétaire d’Etat adjoint Dan Fried et le sous-secrétaire à la Défense Eric Edelman, pour insister auprès de la Turquie sur l’inopportunité d’une intervention en Irak.

Rice a promis que l’administration de George Bush ferait tout son possible pour empêcher que le texte soit adopté par le Congrès turc et Edelman a réaffirmé à son arrivée à Ankara qu’elle désapprouvait l’initiative de la Chambre, qui devrait être imitée par le Sénat.

Les dirigeants civils et militaires turcs se sont concertés après le vote de jeudi pour envisager des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis. En guise de hors d’oeuvre, une visite aux Etats-Unis du ministre turc du Commerce a été annulée ainsi qu’une réunion du Conseil du commerce américano-turc.

La Turquie pourrait en outre restreindre l’accès des forces américaines à la base aérienne d’Incirlik et prendre d’autres mesures de représailles dans le domaine de la coopération militaire entre les deux alliés de l’Otan.

Sources : AFP, Reuters

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10 commentaires

  1. pierre morville 16 octobre 2007 à 00:55

    chère Elisabeth,
    appelle moi
    0142333447
    0674028686

  2. Elisabeth 16 octobre 2007 à 10:28

    ok, je vois pourquoi :)

  3. Erdogan/ Bagdad 16 octobre 2007 à 12:38

    Turquie: Erdogan avertit Bagdad et les Kurdes d’Irak au sujet du PKK
    ANKARA, 16 oct 2007 (AFP)
    Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi le gouvernement irakien et les Kurdes d’Irak à agir contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) pour éviter de subir les conséquences d’une possible incursion militaire de l’armée turque.
    “Ils doivent prendre une position claire, c’est de l’intérêt de tous”, a affirmé le Premier ministre, en appelant les factions kurdes d’Irak à “coopérer” avec la Turquie contre les rebelles réfugiés par milliers dans les montagnes du nord de l’Irak qu’elles contrôlent.
    M. Erdogan s’exprimait devant le groupe parlementaire de son parti de la justice et du développement (AKP).
    “La direction centrale Irakienne et celle de la région autonome du nord de l’Irak irakien doivent ériger un épais mur entre elles et l’organisation terroriste”, c’est-à-dire le PKK, a-t-il poursuivi.
    Ankara accuse les Kurdes d’Irak à soutenir le PKK en armes et explosifs et Bagdad de ne pas en faire assez contre cette organisation.
    Une motion autorisant pour un an le gouvernement turc à mener des incursions en Irak pour nettoyer les bases du PKK doit être votée mercredi au Parlement turc.

  4. Position Bagdad 16 octobre 2007 à 12:42

    Bagdad appelle Ankara à des “négociations urgentes” sur le Kurdistan
    BAGDAD – Le gouvernement irakien a appelé mardi Ankara à des “négociations urgentes” après les menaces d’intervention de la Turquie dans le nord de l’Irak pour éliminer des rebelles kurdes, a annoncé un porte-parole officiel.
    “Le gouvernement irakien exhorte le gouvernement turc à ouvrir des négociations urgentes entre les deux pays et à ne pas se laisser guider par les intentions malveillantes du PKK”, a indiqué un communiqué d’Ali Dabbagh, porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki.
    Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste) lutte depuis 1984 contre le pouvoir central turc, et selon Ankara, quelque 3.500 combattants de cette organisation ont trouvé refuge dans le nord de l’Irak, où les kurdes d’Irak leur fournissent des armes et des explosifs.
    Dans le même temps, le vice-président irakien Tarek al-Hachémi a entamé mardi une visite en Turquie et doit rencontrer à Ankara le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le président Abdullah Gül.
    Exaspérée par la recrudescence des activités du PKK dans le sud-est anatolien frontalier avec l’Irak depuis le début de l’année, la Turquie a agité la menace d’une incursion armée pour détruire les sanctuaires du PKK. Le Parlement turc discute cette semaine d’une motion qui doit autoriser une telle intervention.
    M. Dabbagh, a également exhorté le gouvernement turc à avoir recours à la diplomatie plus qu’à des “moyens militaires pour contrer les menaces terroristes contre la Turquie”. Il a assuré que le gouvernement irakien s’engageait “à ne pas tolérer sur son territoire des activités de groupes ou d’organisations qui menacent la stabilité et la sécurité de la région”.
    Le porte-parole a encouragé la Turquie à “activer les accords de sécurité qui assurent la stabilité en Irak et en Turquie”. Un accord de coopération a été signé fin septembre entre Bagdad et Ankara pour contrôler les activités du PKK dans le nord de l’Irak.
    Le gouvernement irakien a prévu de tenir mardi une réunion d’urgence après les menaces de la Turquie d’incursion dans le nord du pays.

  5. Proche de 88 $ 16 octobre 2007 à 12:52

    Les conséquences d’une telle tension se font ressentir tres fortement sur le cours du brut .
    Le brut américain et le Brent à des niveaux records
    Reuters 16.10.07 | 12h23
    LONDRES (Reuters) – Le pétrole brut léger américain s’approche mardi de la barre de 88 dollars le baril, à des niveaux records, poursuivant la hausse alimentée par les craintes de tension au Moyen-Orient et d’augmentation de la demande.
    Vers 10h10 GMT, le contrat novembre sur le brut léger prenait 1,33 dollar ou 1,54% à 87,46 dollars, après avoir touché un plus haut à 87,97 dollars plus tôt en séance, selon les données de Reuters.
    Le baril de Brent s’échangeait lui aussi à des niveaux historiques, avançant de 1,11 dollar, soit 1,34%, à 83,86 dollars, après être monté jusqu’à 84,31 dollars.
    La flambée des cours de l’or noir s’est accélérée ces derniers jours, avec de nouveaux records établis à chaque séance depuis vendredi. Les cours du brut ont grimpé de 8% sur les huit derniers jours.
    “Il est difficile de trouver des facteurs baissiers à l’heure actuelle… Il y a le dossier irako-turc, la faiblesse du dollar, les niveaux des réserves de fioul domestique aux Etats-Unis, qui sont très en-deçà de ceux de l’an dernier”, énumère Testu Emori, chez Astmax Futures.

  6. Elisabeth 18 octobre 2007 à 16:59

    Kurdistan: Ankara mène des opérations à la frontière irakienne contre le PKK
    16:09 | 18/ 10/ 2007
    ANKARA, 18 octobre – RIA Novosti. Un contingent de près de 40.000 soldats de l’armée turque, comprenant des divisions de commandos et d’artillerie et appuyé par des hélicoptères, mène des opérations de grande envergure contre les rebelles kurdes près de la frontière irakienne, annoncent jeudi les médias turcs.
    Selon le quotidien turc Sabah, l’armée mène cette opération dans le triangle formé par les provinces de Sirnak, Hakkari et Siirt. Un ratissage particulièrement méticuleux des montagnes Gabar, Djudi et Kupeli, où selon les données de l’armée turque seraient cachés environ 500 séparatistes, est en cours.
    L’agence de presse turque Dogan rapporte à son tour que l’artillerie turque réalise des frappes depuis la province de Hakkari le long de l’itinéraire emprunté par les combattants pour se replier vers le nord de l’Irak.
    L’activité intense déployée par l’armée turque est observée sur toute l’étendue de la frontière avec l’Irak, longue de 340 km. La province de Sirnak, qui comprend un tronçon de 120 km, est selon les experts la zone où les combats sont les plus intenses.
    Le parlement turc a donné mercredi son feu vert pour un an au gouvernement afin de mener une opération militaire de grande envergure dans le nord de l’Irak visant à traquer les séparatistes kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a cependant précisé qu’un tel accord ne signifiait pas que les opérations démarreraient immédiatement.
    Le plan d’action faisant suite à la décision du parlement sera examiné le 24 octobre prochain au cours d’une réunion du Conseil de sécurité national turc.
    Les observateurs jugent cependant peu envisageable qu’avec l’arrivée de l’hiver la Turquie ne mène des opérations militaires, elle pourrait se contenter d’effectuer des frappes aériennes contre les bases des combattants et des opérations ciblées destinées à neutraliser les dirigeants du PKK ainsi qu’à saper les infrastructures de l’organisation.
    Le président américain George W. Bush a réagi en mettant en garde la Turquie contre une éventuelle irruption sur le territoire irakien. Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a quant à lui proposé à la Turquie de mener conjointement une opération contre les rebelles.
    Selon les informations de l’armée turque, près de 3.500 rebelles seraient actuellement réfugiés dans le nord de l’Irak, où sont situées les principales bases du PKK.

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