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Pétrole et Turquie font grimper le cours de l

Oil_picsou_black_yellow_gold Le prix d’une once d’or a grimpé mardi jusqu’à 767,09 dollars sur le London Bullion Market, son plus haut niveau depuis le début de l’année 1980.

Raison de ce phénomène : la flambée des cours du pétrole et les tensions très vives entre la Turquie et le nord de l’Irak.

Les prix du pétrole brut ont terminé au-dessus de 87 dollars le baril pour la première fois mardi, après avoir même dépassé les 88 dollars en séance.

- Le cours de l’or à son sommet -

"Les prix de l’or sont dopés par la faiblesse du dollar, les inquiétudes géopolitiques, le sentiment positif des investisseurs et les prix record du pétrole", ont résumé les analystes de la banque Barclays Capital. La faiblesse du billet vert, qui évolue toujours près de ses plus bas historiques face à l’euro, accroît le pouvoir d’achat des investisseurs en dehors de la zone dollar, stimule la demande et fait donc grimper les prix.

Quant aux prix du brut, qui ont frôlé les 88 dollars mardi à New York, ils entretiennent les craintes inflationnistes et poussent les investisseurs à se porter sur l’or, considéré comme une valeur refuge contre l’inflation. Cet argument d’achat prévaut également en contexte de montée des tensions géopolitiques. Le risque d’une intervention militaire turque en Irak pour déloger de leurs bases les rebelles Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) fournit donc une autre raison d’acheter de l’or. Les tensions entre la Turquie et l’Irak sont venues s’ajouter à l’instabilité géopolitique du Moyen Orient, soulignent par ailleurs les analystes.

Le métal bat record sur record depuis une semaine environ. Depuis début septembre, il a progressé de plus de 100 dollars, une appréciation de 15% environ. Sur un an, il s’est apprécié de 30%.

- L’Opep observe avec inquiétude l’escalade des prix du brut -

Si l’on en croit le secrétaire général du cartel Abdalla El-Badri, s’exprimant dans le cadre d’un communiqué publié à Vienne, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) observe avec "inquiétude" la récente escalade des prix du bruts.

Cependant le cartel maintient son analyse selon laquelle les fondamentaux du marché ne justifient pas les prix record, a encore indiqué son secrétaire général. L’Opep n’est "pas favorable" à un tel niveau des prix mais "elle croit fermement que les fondamentaux ne soutiennent pas les prix élevés actuels sur le marché et que le marché est très bien approvisionné", a-t-il déclaré dans le communiqué. Selon M. El-Badri l’envolée actuelle des cours du brut "est en grande partie due aux spéculateurs".

- Le cours du pétrole termine au-dessus de 87 dollars à New-York -

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre a progressé de 1,48 dollar pour terminer à 87,61 dollars, un nouveau record de clôture. Alors qu’ils avaient déjà pris plus de deux dollars lundi, les cours du brut ont encore bondi mardi, franchissant successivement les 87 dollars puis les 88 dollars, avant de se replier légèrement. Le baril de "light sweet crude" a inscrit un nouveau record historique à 88,20 dollars.

Sur l’Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a aussi continué d’enchaîner les records, en atteignant 84,49 dollars. Il a clôturé en hausse de 1,41 dollar à 84,16 dollars.

Depuis plusieurs séances, les tensions entre la Turquie et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), retranchés dans le nord de l’Irak, ont provoqué une nouvelle source d’inquiétudes sur le marché du brut. Le Parlement turc doit se prononcer mercredi sur une motion autorisant Ankara pendant un an à procéder à des incursions en Irak afin de chasser les rebelles du PKK. Les marchés redoutent qu’une telle action mette en danger et peut-être interrompe le transport du pétrole brut du nord de l’Irak via l’oléoduc qui traverse la Turquie jusqu’à Ceyhan, sur la Méditerranée.

Ces craintes pourraient être quelque peu apaisées, si, comme l’attendent les analystes, le département américain à l’Energie (DoE) fait état mercredi, dans son rapport hebdomadaire, d’une progression des réserves de brut des Etats-Unis. Par ailleurs, les nouveaux sommets sur le marché du brut attisent, selon les analystes, l’intérêt de fonds, ce qui amplifie la progression des cours.

- La Turquie avertit Bagdad et les Kurdes d’Irak au sujet du PKK -

"La direction centrale Irakienne et celle de la région autonome du nord de l’Irak irakien doivent ériger un épais mur entre elles et l’organisation terroriste", c’est-à-dire le PKK, a-t-il poursuivi. Ankara accuse les Kurdes d’Irak à soutenir le PKK en armes et explosifs et Bagdad de ne pas en faire assez contre cette organisation.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi le gouvernement irakien et les Kurdes d’Irak à agir contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour éviter de subir les conséquences d’une possible incursion militaire de l’armée turque. "Ils doivent prendre une position claire, c’est de l’intérêt de tous", a affirmé le Premier ministre, en appelant les factions kurdes d’Irak à "coopérer" avec la Turquie contre les rebelles réfugiés par milliers dans les montagnes du nord de l’Irak qu’elles contrôlent.

Des centaines de soldats turcs sont déjà présents dans quatre bases dans le nord de l’Irak, ont indiqué mardi des sources kurdes et des témoins. Ces unités turques sont installées depuis dix ans dans ces bases à l’est de la ville frontalière de Zakho, à une trentaine de km à l’intérieur de l’Irak, dans le cadre d’un accord avec le parti d’un des chefs traditionnels du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, selon ces sources.

A l’époque, les troupes turques avaient apporté leur soutien au Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de M. Barzani contre les combattants de l’autre grande formation kurde irakienne, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani. M. Barzani est aujourd’hui président de la région autonome kurde, et M. Talabani est président de la République d’Irak.

- Bagdad appelle Ankara à des "négociations urgentes" sur le Kurdistan -

"Le gouvernement irakien exhorte le gouvernement turc à ouvrir des négociations urgentes entre les deux pays et à ne pas se laisser guider par les intentions malveillantes du PKK", a indiqué un communiqué d’Ali Dabbagh, porte-parole du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Dans le même temps, le vice-président irakien Tarek al-Hachémi a entamé mardi une visite en Turquie et doit rencontrer à Ankara le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le président Abdullah Gül.

M. Dabbagh, a également exhorté le gouvernement turc à avoir recours à la diplomatie plus qu’à des "moyens militaires pour contrer les menaces terroristes contre la Turquie". Il a assuré que le gouvernement irakien s’engageait "à ne pas tolérer sur son territoire des activités de groupes ou d’organisations qui menacent la stabilité et la sécurité de la région".

Le porte-parole a encouragé la Turquie à "activer les accords de sécurité qui assurent la stabilité en Irak et en Turquie". Pour rappel, un accord de coopération a été signé fin septembre entre Bagdad et Ankara pour contrôler les activités du PKK dans le nord de l’Irak.

Source : AFP

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10 commentaires

  1. Elisabeth 17 octobre 2007 à 01:33

    Le véritable enjeu ???
    “Nous sommes en train d’élaborer des plans alternatifs” pour acheminer le matériel militaire destiné aux quelque 160.000 soldats américaines basés en Irak sans passer par la Turquie, a reconnu mardi un responsable du ministère de la Défense.
    Si la Turquie bloquait l’accès à son territoire, “cela aurait un impact significatif sur les opérations américaines en Irak mais aussi sur le commerce irakien”, a fait valoir mardi après-midi le général américain Carter Ham, en confirmant que des solutions de rechange étaient à l’étude.
    “Cela impliquerait probablement des coûts plus élevés, entre autres choses. Nous préférerions évidemment conserver l’accès que nous avons aujourd’hui” en Turquie, a-t-il conclu.
    Selon le Pentagone, l’arrêt de la coopération turque pourrait également “augmenter les délais de livraisons et les risques d’attaques des convois par les insurgés”.
    L’accès à l’espace aérien turc est crucial pour les Etats-Unis: 70% du fret aérien américain, 30% du carburant et 95% des nouveaux véhicules blindés destinés à l’Irak transitent par la base aérienne d’Incirlik (sud de la Turquie).
    Mais les rapports entre les Etats-Unis et la Turquie sont tendus par un texte adopté par une commission parlementaire américaine la semaine passée, que pourrait voter la Chambre des représentants et qui reconnaîtrait que les Arméniens ont été victimes d’un génocide au début du XXe siècle sous l’Empire ottoman.
    La Turquie, qui refuse d’entendre parler de génocide, menace désormais de représailles, prises très au sérieux par le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.
    “Les Turcs ont été assez clairs sur les mesures qu’ils prendraient si cette résolution était passée,”, déclarait-il jeudi.
    En cas de blocage turc, “l’alternative est de passer par le sud de l’Irak”, par la Jordanie ou le Koweït, explique l’expert en défense Micheal O’Hanlon, de la Brookings Institution. “Ces solutions alternatives vont juste coûter plus d’argent et vont prendre un peu de temps à se mettre en place”.
    “Pour le transport logistique par voie aérienne, il est plus facile de passer par le nord de l’Irak via la Turquie, que de devoir traverser l’espace aérien égyptien et la mer Rouge, par exemple”, reconnaît-il.
    Au final, tempère-t-il, “ce n’est pas pratique, mais pas impossible. L’armée américaine a déjà connu des problèmes bien pires” en matière d’accès.
    Toutefois, souligne Anthony Cordesman, du Centre d’études internationales stratégiques, la perte du soutien turc générerait non seulement des problèmes logistiques, mais aussi un regrettable regain de tension dans la région.
    “La Turquie est devenue un élément-clé dans la conduite des opérations en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein (…) L’impact d’une résolution sur le génocide arménien risque de créer un nouveau motif absurde de colère anti-américaine dans la région”, et “affecterait les intérêts vitaux américains”, souligne-t-il dans une note d’analyse.

  2. gregory 17 octobre 2007 à 10:27

    bonjour elisabeth
    pourriez-vous m’indiquez ou vous avez vu que 769$ etait le plus haut niveau de l’or depuis les années 80
    Je demande cela, car kitco (qui fete d’ailleurs ses 30 ans) prend ses infos sur le london fix, indique qu’en fait le record est de 850$ atteint le 21 janvier 1980

  3. gregory 17 octobre 2007 à 10:28

    oops en fait c’est l’afp qui se plante

  4. Elisabeth 17 octobre 2007 à 10:48

    C’est en fait l’AFP qui se plante , yes , en general mes sources sont sur ce sujet AFP
    Pour info, soyons , soyez vigilants !! ce n’est pas la première fois , concernant le seuil limite d’imposition pour l’IAF, l’AFP avait oublie de mettre ses tablettes à jour et ne mentionnait qu’un seuil de 300 000 Euros
    or “En octobre 2006, l’assemblée nationale a adopté un amendement relevant à 400 000 euros de chiffre d

  5. gregory 17 octobre 2007 à 14:13

    Mais les rapports entre les Etats-Unis et la Turquie sont tendus par un texte adopté par une commission parlementaire américaine la semaine passée, que pourrait voter la Chambre des représentants et qui reconnaîtrait que les Arméniens ont été victimes d’un génocide au début du XXe siècle sous l’Empire ottoman
    ——————————————
    c’est bien les américains ca, reconnaitre les torts des autres mais faire la sourde oreille lorsqu’ils s’agis des siens
    Ils y a quelques siècles de cela, les indigènes natifs de ce que l’on appelle aujourd’hui les etats unis, ne demandaient rien a personne quand un explorateur a accostés sur leur terre
    quelques generations plus tard les indiens etaient hors la loi sur leur propre terre, au mieux parqués dans des réserves au pire lapidés sur la place publique aux grands eclats des immigrés que l’on appelle aujourd’hui les américains

  6. le doigt dans l'oeil 17 octobre 2007 à 14:49

    Aucun lien bien sur entre la montée de l’or et la manipulation des cours par le gouvernement US pour proteger le USD comme monnaie de reference mondiale…
    Bien sur, nous sommes d’accord…
    http://marketwatch.nytimes.com/custom/nyt-com/html-story.asp?guid=%7b0F2D1F3F-E3FE-4474-BF64-DDB7E27E5C76%7d&symb=&sid=&siteid=NYT&dist=NYT&osymb=

  7. Elisabeth 17 octobre 2007 à 15:02

    “la manipulation des cours par le gouvernement US ” : j’en suis intimement convaincue.
    Le cours de l’or monte à cause de la flambée du petrole, laquelle flambée ne se justifie aps à ce point par les fondamentaux, estiment les spécialistes
    Effectivement , jamais risque de conflit n’avait eu autant d’impactsur les cours, mêmele dossier iranien et Liban/Israel

  8. nicobos 17 octobre 2007 à 22:20

    J’irais plus loin
    Le dollar ne vaut plus rien, l’économie US est surendettée… La fed ne sait plus et ne PEUX rien : hausse des taux et l’immobilier dévisse avec les marchés
    Baisse des taux : le dollar dévisse
    Pourquoi un baril à 100$ ? eh bien normal, car le dollar baisse mais la valeur du baril reste la même, donc son prix en $ augmente…
    La Chine, second détenteur de devises US après le Japon voit par contre son sock de $ perdre de la valeur comme la neige fond au soleil
    Solution ? Acheter de l’or… Donc l’or flambe, et ce malgré les manipulations US…
    Vers quel système on se dirige ? Vers le système de 1944 (Brettonwoods), avec, comme le préconisait Keynes, l’étalon Or.
    Les USA détenait à la fin de la guerre, les 3/4 des réserves mondiales. Mais après, il a fallu financer la guerre du Vietnam, et hop, ils ont fait fonctionner la planche à billets… facile ! mais à la fin de la guerre, de nombreux petits malins avaient profité de la parité de conversion pour convertir leurs $ en or (selon l’accord de Brettonwoods), et donc les US se sont vidés progressivement de leur stock d’or ! et hop, 1976, Accords de la Jamaique, et le dollar n’est plus convertible, il est “flottant”…
    C’est la limite du système : le japon qui a le plus gros stock de $ n’a jamais rien dit pour des raisons géopolitiques, mais maintenant… C’est au tour de la Chine, et je pense que celle-ci ne l’entend pas de la même oreille !!!
    Conclusion : l’or a de beaux jours devant lui…

  9. Elisabeth 17 octobre 2007 à 22:38

    “Pourquoi un baril à 100$ ? eh bien normal, car le dollar baisse mais la valeur du baril reste la même, donc son prix en $ augmente…” : 100 % d’accord, that’s it !!!

  10. Jean-Marie josephpi_erreGeorges 4 juin 2011 à 09:22

    d?apr