StatoilHydro : départ du Président suite à corruption

Hydro_cmd_reiten_061206Eivind Reiten, président du conseil d'administration du nouveau géant pétrolier norvégien StatoilHydro, a annoncé sa démission jeudi. Il est soupçonné de corruption liés à des actifs en Libye.

M. Reiten a expliqué son départ, quatre jours seulement après sa prise de fonctions, par la nécessité d'éviter tout conflit d'intérêts du fait de sa double casquette de directeur général de Norsk Hydro et d'administrateur de StatoilHydro.

"Pour l'intérêt de StatoilHydro, j'ai après une réflexion minutieuse décidé qu'il était juste de démissionner de mon poste de président du conseil d'administration de StatoilHydro", a déclaré M. Reiten dans un communiqué.

La compagnie pétrolière norvégienne Statoil a bouclé le rachat des activités hydrocarbures de sa compatriote Norsk Hydro pour former un des principaux groupes du secteur en Europe, ont annoncé les deux entreprises lundi. La nouvelle compagnie – StatoilHydro - devrait compter parmi les 10 premiers groupes pétroliers au monde et se présente comme le leader mondial de la production offshore en eaux profondes.

Le jour même de sa création officielle, StatoilHydro avait annoncé le lancement d'une enquête externe pour faire la lumière sur un possible cas de corruption lié à des avoirs libyens transférés par Norsk Hydro à la nouvelle compagnie. "L'objectif est de déterminer si certains aspects de ces activités pourraient être en conflit avec les lois internationales et norvégiennes", a indiqué StatoilHydro dans un communiqué.

L'affaire porte sur des versements d'une valeur totale proche de 7 millions de dollars réalisés par Norsk Hydro en 2000 et 2001 à un cabinet de consultants libyens.

Dans un communiqué distinct, Norsk Hydro a expliqué que, lors du processus de fusion de ses activités hydrocarbures avec Statoil, "des questions ont été soulevées sur le portefeuille libyen" du groupe, hérité de Saga Petroleum, le groupe norvégien racheté par Norsk Hydro en juin 1999 au nez et à la barbe du français Elf. Le portefeuille en question comprend une part de 25% dans le champ Mabruk et une autre de 8% dans le champ Murzuq.

Avant son rachat, Saga avait signé en Libye "des accords de consulting", relate Norsk Hydro, "dans l'optique d'obtenir des droits d'exploration, en tant qu'opérateur, sur un énorme territoire".

Norsk Hydro affirme avoir mis fin à ces engagements et rejeté des droits d'exploration qui lui étaient offerts "parce que le groupe ne pouvait s'assurer que ces accords étaient conformes à ses propres règles éthiques". Pour solder ces accords, le groupe norvégien avait toutefois versé 6,85 millions de dollars en 2000 et 2001, des versements qui vont à présent faire l'objet d'un "examen externe". Norsk Hydro précise avoir découvert qu'un paiement suspect de 300.000 dollars avait aussi été effectué en décembre 2000.

Une enquête va maintenant être ouverte à la demande de StatoilHydro, qui dit avoir pris connaissance de ces informations le 26 septembre, à quelques jours seulement du bouclage de la fusion avec Norsk Hydro. Elle sera menée par le cabinet d'avocats américain Sullivan & Cromwell et par un cabinet norvégien dont l'identité n'a pas été révélée.

Cette affaire rappelle celle qui a éclaboussé Statoil il y a quelques années et qui avait coûté son poste au directeur général d'alors, Olav Fjell. En 2004, au terme d'une enquête de la brigade financière de la police norvégienne, Statoil avait été accusé de tentative de trafic d'influence en Iran. Au coeur du scandale figurait un contrat de 15,2 millions de dollars, signé en juin 2002 entre le groupe et Horton Investments, un cabinet londonien de consultants soupçonné d'avoir fait office de société-écran.

Selon la brigade financière norvégienne, cette somme cachait en fait des pots-de-vin destinés à Mehdi Hachémi Rafsandjani, dirigeant du groupe pétrolier iranien NIOC, afin de faciliter l'accès aux réserves iraniennes d'hydrocarbures.

Statoil s'était vu infliger une amende de 20 millions de couronnes (2,4 millions d'euros à l'époque) en Norvège et avait dû en outre verser 21 millions de dollars aux autorités américaines pour mettre un terme à une procédure engagée aux Etats-Unis.

Source : AFP

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