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Chine, 3ème trimestre : une croissance à brides abattues

Explosion_2 Quoi qu’en pensent les malheureux "mingongs", les investisseurs attirés par l’Asie pourront se frotter les mains en découvrant les chiffres que vient de publier le Bureau national des statistiques (BNS). Avec un PIB en hausse de 11,5% à la fin du 3ème trimestre, contre 11,9% au second, la croissance chinoise se poursuit à un rythme effréné. Elle devrait croître en 2007 à un rythme jamais vu depuis 1993 et la Chine se rapprocher de l’Allemagne, troisième puissance économique mondiale. Pour la première fois, la contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait même excéder cette année celle des Etats-Unis.

De tels résultats ne peuvent que satisfaire les dirigeants chinois, dont l’un des buts affichés est la poursuite de la croissance. Le président Hu Jintao a encore rappelé la semaine dernière, lors du 17ème congrès du parti communiste chinois, que l’objectif était " de quadrupler en 2020 le produit intérieur brut par habitant par rapport à 2000".

"L’industrialisation, l’urbanisation et la puissance globale du secteur manufacturier sont les trois moteurs qui continuent de pousser cette croissance très élevée", souligne Chen Xingdong, chef économiste chez BNP Paribas Peregrine à Pékin. Mais ces moteurs en état de quasi-surchauffe ne vont pas sans poser d’épineux problèmes.

Li Xiaochao, porte-parole du BNS, les a de nouveau soulignés : une inflation forte, une consommation d’énergie élevée et des dégâts préoccupants sur l’environnement. De fait, les principaux dirigeants chinois appellent à mettre l’accent sur la "qualité de la croissance", qui doit rester "harmonieuse".

Le taux d’inflation sur les 12 derniers mois est de 6,2%, à peine moins que les 6,5% en août – un niveau record en 10 ans. "L’inflation est plus basse qu’en août, mais les statistiques sur un mois ne signifient pas un retournement de la tendance. Les données sur l’économie réelle suggéreraient même le contraire", précise Chris Leung, économiste chez DBS à Hong-Kong.

Les chiffres publiés par le BNS confirment les déséquilibres d’une économie tirée par les exportations et les investissements. En neuf mois, la Chine a déjà enregistré un excédent commercial de 185,65 milliards de dollars, au-delà du record établi sur l’ensemble de l’année 2006 (177,47 milliards). Ces exportations en constante augmentation expliquent l’emballement de la production industrielle : +18,9 % en septembre, soit +18,5 % en rythme annuel sur les 9 premiers mois.

Autre composante de la croissance chinoise, l’explosion des investissements en capital fixe : après une hausse de 25,9 % au premier semestre, ils ont encore progressé de 25,7 % sur un an de janvier à septembre. Les autorités chinoises expliquent ce phénomène par l’excès de liquidités et le nombre de nouveaux projets d’investissement, ainsi que par le coût peu élevé de certains investissements et de certaines ressources. Elles appellent depuis 2003 à freiner cette croissance trop rapide des investissements en capital fixe et du crédit, mais ne semblent guère entendues. De l’avis des économistes, ces appels visent simplement à limiter les dégâts : le gouvernement chercherait en fait à éviter l’emballement sans compromettre pour autant la croissance.

En dépit de tous les succès, les mois qui viennent s’annoncent assez délicats : aux préoccupations inflationnistes, énergétiques et environnementales de la Chine vont vraisemblablement s’ajouter, sur fond de ralentissement économique mondial, des tensions commerciales et monétaires croissantes avec ses partenaires (ou concurrents) économiques.

Sources : Reuters, RTL Info

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