Comme quoi, il n'y a pas de fumée sans feu, et ce que nous évoquions encore hier ici-même s'est avéré ne pas être totalement irréaliste. Certes si nous attendions un accord entre le groupe nucléaire public français Areva et le gouvernement du colonel Khadafi, tel n'est pas tout à fait le cas, mais tout de même ... la France et la Libye ont signé mercredi à Tripoli un accord prévoyant d'étudier la fourniture d'un réacteur nucléaire à la Libye ... pour désaliniser l'eau de mer.
Bien évidemment, cette signature fait suite à la visite du président français Nicolas Sarkozy au lendemain de la libération des infirmières bulgares et des négociations menées – notamment – par Cécilia Sarkozy. Reste tout de même une inconnue de taille : la réaction des autres pays impliqués dans le dossier, le Fonds spécial d'aide de Benghazi, créé en 2005 par Tripoli et Sofia, sous l'égide de l'Union européenne va-t-il donc - en partie - payer pour que la France rapporte des contrats .... ?
Après s'être personnellement impliqué, avec son épouse Cécilia, dans le dénouement de cette affaire qui a empoisonné pendant huit ans les relations entre l'Union européenne et Tripoli, M. Sarkozy a effectué à Tripoli une courte visite, très officiellement "pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Visiblement la réintégration se fait selon les « usages » du nouveau Président français via des accords commerciaux, on s'en doutait un peu ...
A cette « occasion », un mémorandum d'entente sur le nucléaire civil a été signé par les chefs de la diplomatie des deux pays, Bernard Kouchner et Abderrahmane Chalgham.
"L'objectif, c'est de viser la fourniture à la Libye d'un réacteur nucléaire qui permette de répondre à un de ses besoins importants, c'est-à-dire la fourniture d'eau potable", a dit le secrétaire général de la présidence française Claude Guéant à des journalistes. « L'eau potable est rare en Libye, donc l'objectif c'est de permettre la désalination de l'eau de mer" par l'énergie nucléaire, a-t-il ajouté.
Le nucléaire uniquement pour l'eau potable... pourquoi pas ... alors que la Libye a déjà fait part d'accords possibles avec les Etats-Unis sur le nucléaire civil, et qu'Areva semblait un temps très proche de conclure avec le gouvernement libyen... Mais le chef a dit, on croit !
En tout cas, les français auront au moins appris une chose : que le nucléaire peut aussi avoir des nobles attraits, mais Google doit être engorgé de requêtes sur le sujet à l'heure actuelle, pour vérifier tout de même la chose ...
Mais au fait, notre éminent Président n'a pas mentionné semble-t-il quel était l'heureux gagnant du fabuleux contrat – humanitaire, il s'entend – qui sera à la clé, Areva peut-être ? Alors que la société est attaquée sur son activité au Niger, conjointement avec la Libye ...
M. Guéant a néanmoins souligné qu'"il reste beaucoup de travail à faire" et a indiqué qu'"il y a déjà eu un premier repérage fait par des ingénieurs français il y a trois semaines ou un mois pour étudier exactement la faisabilité de l'opération". "C'est un signal politique fort qui signifie que les pays qui respectent les règles internationales sur l'énergie nucléaire, comme la Libye, peuvent disposer d'un équipement qui leur est nécessaire pour des besoins civils", a déclaré M. Guéant.
La Libye a renoncé en 2003 à se doter d'armes de destruction massive, une décision qui a permis la levée de sa mise en ban de la communauté internationale.
Sur le livre d'or, M. Sarkozy a écrit: "je suis heureux d'être dans votre pays pour parler de l'avenir".... à savoir, la signature de plusieurs accords de coopération : "un accord-cadre de partenariat global" (santé, éducation, flux migratoire, lutte contre le terrorisme, etc) et un dans le domaine militaire. Secret défense ou pas ... les détails sur le sujet ne sont pas légion...
Dans un communiqué conjoint, les deux pays affirment "leur volonté de donner un nouvel élan aux relations bilatérales et de bâtir un partenariat stratégique".
Tripoli pour être honnête ?
Source : AFP
A lire également
. Cécilia Sarkozy en Libye pour les infirmières bulgares ... et Dassault ?
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20 Commentaires
1
Mission ECO Ambassade de France en Libye :
Les ressources en eau
La Libye dépend à plus de 95 % des eaux souterraines
La Libye dépend à plus de 95 % des eaux souterraines, non renouvelables
pour une large part.
Afin de répondre aux besoins de la population, ces nappes aquifères sont surexploitées ; leur qualité s'en trouve de fait sérieusement détériorée.
Cette situation justifie les importants transferts interbassins qui ont été mis en oeuvre depuis 1983 dans le cadre du
programme GMMR (Great Man Made River- la Grande Rivière Artificielle)
qui doit transporter à terme 6 Mm3 d’eau par jour (soit 2 Mrds m3/an).
Le projet de la Grande Rivière Artificielle est issu de la découverte d'importants gisements d'eau fossile saharienne. D'où l'idée de transférer l'eau des régions désertes du Sahara vers les régions peuplées du littoral.
Le reste des ressources en eau provient à hauteur de 2,3% des eaux de surface, de 1,4% du dessalement d’eau de mer (20 M m3 eau potable par an) et de 0,7% du traitement des eaux.
La General Electricity Company Of Libya (GECOL), entité étatique qui assure la génération, la transmission et la distribution d’électricité à travers le
pays, est maître d’ouvrage en matière de stations de dessalement d’eau de
mer.
Actuellement, 45 petites unités sont en service, produisant en moyenne 100 M m3 par an.
Une dizaine de projets a été programmée à l’horizon 2020 ce qui devrait permettre de dégager une capacité additionnelle de 910.000 m3
par jour, essentiellement pour des besoins de refroidissement.
Eau potable et eaux usées
Les populations urbaines disposent d’un bon accès à l’eau mais ce constat ne
doit pas cacher les problèmes qui existent.
Les réseaux de distribution de l’eau potable sont en effet en très mauvais état.
Les fuites, bien que non chiffrées, atteignent des niveaux très élevés.
Les besoins immédiats concernent les canalisations, leur pose ou leur
réhabilitation, la surveillance des réseaux et la lutte contre les fuites.
**************
Les usines de traitement de l’eau potable, mais également les usines de
dessalement de l’eau de mer et de recyclage des eaux usées se révèlent de
plus en plus nécessaires.
********************
Il existe très peu d’infrastructures de traitement des eaux usées à travers le pays.
http://www.missioneco.org/libye/documents_new.asp?V=7_PDF_123869
26 juillet 2007 à 00:432
Nuclear desalination
http://www.iaea.org/OurWork/ST/NE/NENP/NPTDS/Projects/nd/index.html
26 juillet 2007 à 00:483
Dossier CEA sur desalination via nucléaire : Comité Energie Atomique
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=17782435
Titre du document /
Nuclear desalination : an inter-regional, collaborative effort at CEA
Cet article résume nos études en cours sur l'application possible de l'énergie nucléaire pour le dessalement de l'eau de mer dans le cadre du programme de développement et de recherche du CEA et dans le contexte de plusieurs collaborations internationales coordonnées par le CEA : avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA),
*********
avec les pays d'Europe du Sud, avec l'Inde et avec les pays nord-africains tels que la Tunisie et la Libye. ************
Au lieu de se limiter aux études générales conventionnelles, l'objectif principal du travail entrepris est d'apporter des avancées novatrices substantielles dans l'utilisation des réacteurs nucléaires comme une source d'énergie compétitive sur le plan économique et respectant l'environnement.
Le document détaillé présente les résultats des études portant sur les aspects suivants : ■ Mise au point d'un procédé d'osmose inverse innovant avec préchauffage de l'eau alimentaire (ROph), conduisant à une réduction considérable des coûts de dessalement par rapport au procédé RO traditionnel. ■ Mise au point d'un simulateur dynamique pour le procédé de distillation à effets multiples (MED).
■ Mise au point et intégration de nouveaux modèles de calculs des coûts dans le code DEEP de l'AIEA qui est désormais devenu une référence internationale pour les évaluations des coûts de dessalement.
■ Résultats de deux évaluations techno-économiques de systèmes de dessalement nucléaire intégrés pour des sites précis en Europe du Sud et en Afrique du Nord. ■ Utilisation de la chaleur rejetée par les réacteurs nucléaires tels que le GT-MHR et le PBMR pour un dessalement " pratiquement gratuit ".
■ Développement innovant dans le domaine de l'extraction de matériaux stratégiques à partir de la saumure rejetée par les usines de dessalement et son conditionnement ultérieur pour stockage en surface.
Ce rejet est actuellement effectué dans la mer, ce qui peut présenter de graves problèmes écologiques ou peut mener à des coûts de dessalement plus élevés si le rejet est effectué plus au large.
26 juillet 2007 à 00:564
Je n'avais pas vue la "jolie" broche de Khadafi ... :)
26 juillet 2007 à 08:485
C'est quoi cette broche ?
je n'arrive pas à distinguer ce que ça représente
26 juillet 2007 à 09:046
Si je vois bien : l'Afrique
26 juillet 2007 à 10:057
L'Afrique en plus elle est noire, depuis qu'il ne croit plus au Maghreb il théorise sur l'Afrique!
26 juillet 2007 à 10:138
ce gars là, ne m'a jamais attiré la moindre once de confiance
autant castro a l'air amical, bien que dirigeant cuba depuis pres de 50, autant kadafi, rien que d'entendre son nom, ca me fait froid dans le dos
26 juillet 2007 à 11:399
d'ailleurs cela semble être même le cas de Sarkozy , qui sur toutes les photos n'a pas l'air franchement à l'aise ..
26 juillet 2007 à 12:1210
26 juillet 2007 à 14:01Si les entreprises françaises veulent que l'Etat lybien devienne un gros client , elles doivent apprendre à dire vive la Lybie !!! Et vive sa fortune surtout !!!
11
et ecrire Libye et non Lybie ... :)
26 juillet 2007 à 14:4412
Ont nous aurait menti !!
La Libye a signé jeudi un contrat d'armement avec la France pour l'achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d'euros, a indiqué à l'AFP un haut responsable libyen à Tripoli.
02 août 2007 à 22:06Ce contrat a été signé avec MBDA, le numéro un mondial des systèmes d'armes guidées, filiale d'EADS, a ajouté la même source, précisant qu'il s'agit du premier contrat d'armement signé avec un pays européen depuis la levée d'un embargo européen sur les ventes d'armes à la Libye en 2004.
Tripoli a conclu également un deuxième contrat avec le groupe européen de défense et d'aéronautique EADS pour un système Tetra de communication radio à hauteur de 128 millions d'euros, a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
13
on a "juste" oublié de nous reparler de
Voici les sites qui parlent de Libye : EADS et Dassault pour l'armée ?
rigolo que Sarko se fasse "pincer" sur des contrats negociés du temps de Chirac et Villepin, boomerang Clearstream ??
03 août 2007 à 11:0914
Pour rappel, en Octobre 2006 :
"L'accord en cours de discussion viserait surtout à permettre à la Libye de retrouver la capacité opérationnelle qu'elle avait avant l'embargo international sur les armes entre 1986 et 2004. Les discussions en cours porteraient ainsi sur la modernisation de 38 Mirage F1 achetés par la Libye entre 1978 et 1980.
Des patrouilleurs maritimes pourraient également être modernisés avec *** des missiles anti-navires Otomat de MBDA (société commune d'EADS, BAe Dynamics et Alenia).***
Aucun information n'a pu filtrée sur d'éventuelles négociations pour la vente de matériels neufs, tel l'avion de combat Rafale de Dassault ou des hélicoptères militaires (Tigre ou NH90 d'Eurocopter, autre filiale d'EADS)."
03 août 2007 à 11:1215
MBDA : français/ anglais ....
03 août 2007 à 11:1316
A méditer ...
Vers une politique de gestion des ressources en eau en Libye
Une conférence scientifique sur le secteur de l'eau organisée les 17 et 18 juillet à Tripoli sur l'initiative du comité populaire général libyen de l'Electricité, de l'Eau et du Gaz a recommandé la rationalisation de la consommation de cette ressource dans le domaine agricole, ainsi que la mise en place d'une politique nationale de gestion des ressources en eau du pays.
La conférence a, à ce propos, invité les pouvoirs publics à moderniser les textes législatifs et réglementaires relatifs à l'eau, la hausse du taux des tarifs et l'amélioration du niveau de qualité de la ressource par la promotion de stations de dessalement et de traitement de l'eau tirée des puits artésiens.
Elle a également souligné la nécessité de mettre en place une stratégie nationale de l'eau et d'augmenter le quota de consommation d'eau potable à partir du Grand fleuve artificiel à travers lequel sont transportés quotidiennement des millions de mètres cubes d'eau douce du fond du désert vers les agglomérations urbaines et les terres agricoles du nord du pays.
En ce qui concerne le traitement des eaux usées, les conférenciers ont mis l'accent sur la connexion de moyens techniques modernes aux réseaux de collecte et sur l'utilisation des eaux ainsi traitées à des fins agricoles et industrielles.
Ils ont invité à la formation d'un personnel qualifié dans les domaines de l'eau par l'organisation de sessions de formation avancée dans l'utilisation des données dans le système de mise en marche, de maintenance, d'ingénierie et de gestion des projets.
La conférence a proposé aussi l'orientation des nouveaux diplômés des institutions d'enseignement professionnel vers le marché de travail dans le secteur de l'eau et de l'assainissement, ainsi que la détermination des besoins en matière de formation et de renforcement de capacités des diplômés dans ce domaine.
La création d'un centre de recherches spécialisé dans l'élaboration d'études et recherches scientifiques dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et de promotion des procédés de mise en marche, de maintenance et de contrôle de qualité ont aussi figuré dans les recommandations de ce conclave qui a regroupé plusieurs experts et spécialistes venus d'Autriche, de France, de Turquie, d'Iran, du Danemark, d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de Serbie, d'Egypte, du Maroc et de Libye.
Tripoli - 19/07/2007
Panapress
11 août 2007 à 17:1917
24 Juillet 2007
Libération des infirmières et du médecin bulgares
S.O.S. Attentats en sa qualité de membre de la Coalition mondiale contre la peine de mort et de l'organisation française "Ensemble contre la peine de mort", se réjouit de la libération des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien, qui est intervenue ce 23 juillet 2007 après 8 années de captivité dans les prisons libyennes.
S.O.S. Attentats se félicite de la mobilisation de tous, particulièrement de l'Union européenne et de la Présidence de la République française.
Cette forte détermination a d'abord permis de commuer en prison à vie la peine capitale qui avait été prononcée et récemment confirmée à l'encontre des infirmières et du médecin bulgares, puis de permettre leur libération.
S.O.S. Attentats saisit ce moment pour rappeler sa ferme opposition, en toutes circonstances, à la peine de mort, quelle que soit la gravité du crime commis, y compris en cas de terrorisme.
Pour autant, les familles des victimes de l'attentat contre le DC 10 d'UTA, membres de S.O.S. Attentats, entendent que les six auteurs libyens de celui-ci condamnés par la justice française le 31 mars 1999, répondent enfin de leurs crimes. Ainsi l'exige le pouvoir judiciaire français qui a lancé à leur encontre des mandats d'arrêt internationaux, à ce jour non encore suivis d'effets.
14 août 2007 à 13:5218
extrait du discours
Lutte contre l'oubli
Cérémonies d'hommage
2006
19 septembre 2006
Françoise Rudetzki
Fondatrice et déléguée générale de S.O.S. Attentats
14 août 2007 à 13:58Les victimes de l’attentat commis il y a aujourd’hui 17 ans contre le DC 10 de la compagnie UTA ont pu, grâce à votre mobilisation, Monsieur le Premier ministre, alors que vous étiez ministre des Affaires étrangères, obtenir réparation ; pour autant, la condamnation par la Cour d’assises de Paris de six citoyens libyens est restée lettre morte et la justice n'a pas eu le dernier mot, les considérations politiques et diplomatiques l'emportant sur les décisions de justice…
19
Lutte contre l'oubli
Cérémonies d'hommage
2003
Discours prononcé par Monsieur Nicolas SARKOZY Ministre de l'Intérieur,
de la Sécurité Intérieure et des Libertés locales,
lors de l'hommage organisé par S.O.S. ATTENTATS, à l'Hôtel National des Invalides.
En hommage aux victimes du terrorisme.
Cérémonie sous la présidence et en présence
du Monsieur Nicolas SARKOZY.
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs,
Les mots semblent aujourd'hui faibles face à vos regards, face à la douleur du souvenir qu'ils portent. Ce monument si sobre, si beau, est lourd de signification. Il est l'expression de votre souffrance. Il est surtout l'illustration de votre volonté que jamais cette souffrance ne tombe dans l'oubli, dans la banalisation.
Je veux rendre un hommage tout particulier à Madame Françoise RUDETZKI pour l'action qu'elle accomplit avec tant de courage et de dignité. Mesdames et Messieurs, c'est votre volonté qui a permis de sortir les victimes du silence et de l'anonymat.
C'est bien la barbarie qui vous a blessée dans votre chair ou qui a emporté cet être cher sans lequel votre vie est aujourd'hui moins heureuse. Je n'ai pas vécu personnellement votre douleur. Mais sachez que je veux être auprès de vous, pour vous soutenir et vous accompagner. Votre combat contre le terrorisme et contre l'oubli des victimes est aussi le mien.
Notre première priorité a été de vous redonner la place et la dignité qui vous revient. Vous méritez plus de considération que vos bourreaux. Trop de victimes ont souffert du manque d'écoute et de respect de l'Etat. Trop de victimes ont été accablées par une double douleur : celle du terrorisme et celle du manque de considération.
Je souhaite que les victimes de demain n'aient plus le sentiment de faire peur, d'être "jetées de partout", d'être "oubliées" ou traitées avec mépris. L'Etat a été défaillant dans sa mission première qui est de protéger ses concitoyens. Et dans une singulière inversion des valeurs, il faudrait qu'en plus ces derniers s'excusent de se plaindre d'un drame inacceptable !
J'ai demandé aux policiers et aux gendarmes d'avoir constamment le regard tourné vers vous. Effectuer des procédures ne suffit pas. Il faut accueillir, écouter et soutenir. Ces femmes et ces hommes courageux, qui consacrent leur quotidien à votre protection en prenant parfois des risques pour leur propre sécurité, ont à cœur d'être à vos côtés, je peux vous l'assurer.
Au-delà, j'ai voulu engager un véritable partenariat avec l'ensemble des associations de victimes. Il faut écouter vos demandes, elles sont légitimes. Il faut tenter d'y répondre, c'est notre rôle. Si l'Etat ne s'occupe pas des victimes, qui le fera ?
Notre deuxième priorité est d'agir pour que personne ne connaisse votre souffrance. Le pire échec serait de reconnaître qu'une catastrophe aurait pu être évitée.
Les services spécialisés ont été renforcés. Des réseaux ont été démantelés. 71 terroristes ont été interpellés depuis un an. La lutte contre ce fléau est la priorité que j'ai fixée à tous les services de police et je peux vous assurer que c'est l'ensemble du Gouvernement qui est mobilisé.
Nous avons renforcé la loi pour que les services aient les moyens d'agir. Certains critiques se sont émus des atteintes aux droits de l'homme. J'affirme que nous n'avons porté atteinte à aucun des droits de l'homme. Mais, en même temps, nous considérons que ce n'est pas un droit de l'homme que de tuer des femmes, des enfants, des innocents.
Avec l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme s'est renforcée. Les résultats sont là. En cette matière, c'est l'absence de coopération internationale qui rend vulnérable. C'est ce que j'ai expliqué à mes homologues algériens, marocains et tunisiens que je suis allé voir, après l'attentat de Casablanca. La création d'un espace de sécurité n'est pas envisageable sans travail en commun et échange d'informations. C'est dans cet esprit que les services français étaient présents sur les théâtres des attentats les plus dramatiques de ces derniers mois : Karachi en mai 2002, Bali en octobre, Riyad et Casablanca en mai 2003, et encore à Djakarta en août dernier.
Notre troisième priorité est de ne jamais laisser un acte impuni.
Pas un terroriste ne trouvera la quiétude en France. Aucune raison d'Etat ne peut être supérieure à la dignité de la République.
Il y va de la crédibilité de notre lutte et surtout des valeurs qui fondent notre République. Le temps des colloques pour expliquer les motivations d'actes de barbarie est révolu. Le terrorisme n'a aucune légitimité. Le droit des peuples ne se défend pas par la haine aveugle et destructrice. Celui qui tue des innocents pour se faire entendre ne mérite qu'une seule écoute, celle des juges.
Et aujourd'hui, je peux vous assurer que l'ensemble de nos partenaires européens et américains partagent ce principe.
La procédure judiciaire n'est pas terminée. Mais je puis vous assurer que mon homologue britannique m'a confirmé son soutien et sa détermination dans cette affaire. Rachid RAMDA sera jugé en France.
Mesdames et Messieurs, je tenais particulièrement à être présent auprès de vous aujourd'hui car le terrorisme bafoue les valeurs les plus fondamentales de notre République. Nous ne devons jamais fermer les yeux, jamais laisser l'oubli éteindre votre témoignage. C'est une obligation pour l'Etat et pour la Nation de partager vos combats et de vous accompagner.
14 août 2007 à 14:0920
No comment ...
Lutte contre l'oubli
Cérémonies d'hommage
2003
Discours prononcé par Françoise Rudetzki Déléguée Générale
de S.O.S. Attentats, S.O.S. Terrorisme,
lors de l'hommage organisé par S.O.S. ATTENTATS, à l'Hôtel National des Invalides.
En hommage aux victimes du terrorisme.
Cérémonie sous la présidence et en présence
du Monsieur Nicolas SARKOZY.
Au nom des victimes du terrorisme, nous vous remercions, Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, d'avoir accepté de présider cette cérémonie d'hommage.
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Nous voici une nouvelle fois réunis autour de ce mémorial « Parole portée à la mémoire des victimes du terrorisme », que S.O.S. Attentats a fait ériger en 1998. Cette cérémonie est par votre présence, Monsieur le Ministre de l'Intérieur, l'hommage que la Nation rend aux victimes du terrorisme. Il y a 14 ans, jour pour jour, 170 personnes originaires de 17 nationalités ont été tuées dans un avion de la compagnie UTA, attentat le plus meurtrier qu'ait connu la France. C'est cette date, que nous avons alors retenue comme symbolique, pour commémorer toutes les victimes.
Le terrorisme a déjà fait dans le passé des milliers de victimes et il constitue une menace permanente.
Depuis le 11 septembre 2001, 17 attentats anti-occidentaux ont tué au moins 430 personnes. Ces actes de terrorisme ont touché des Français hors de notre territoire, à Djerba, à Karachi, à Bali, à Djakarta, au Yémen, à Riyad, à Casablanca et en Israël. Le 19 août, à Bagdad, un attentat contre le siège de l'ONU provoquait la mort de 25 personnes dont celle du Haut Commissaire aux Droits de l'homme M. Sergio Vieira de Mello.
S.O.S. Attentats regroupe près de 2000 victimes du terrorisme. Elle a, depuis 1985, beaucoup œuvré.
Nous avons fait évoluer le droit de toutes les victimes grâce au vote de six lois.
Un Fonds de garantie a été créé dès 1986 ; il a indemnisé à ce jour plus de 2 800 victimes d'attentats et des milliers de victimes d'infractions pénales.
Depuis 1990, nous avons obtenu le statut de victime civile de guerre. Le terrorisme est depuis considéré comme une nouvelle forme de guerre.
Nous avons aussi œuvré pour que les victimes ne tombent pas dans l'oubli ; ce mémorial en est un témoignage.
Nous sommes partie civile dans tous les procès et les procédures en cours, de l'attentat du Drugstore Saint Germain à Paris en 1974, jusqu'aux derniers attentats de cette année. Nous avons participé en particulier au procès qui s'est tenu avec 212 victimes, en octobre 2002, devant la Cour d'assises de Paris qui a condamné deux des auteurs, des attentats commis à Paris en 1995 dans le RER Saint Michel, à la station de métro Maison Blanche et dans le RER musée d'Orsay. En novembre, nous devrons encore mobiliser les victimes puisque nous serons présents au procès en appel.
Mais ce procès sera tronqué puisque depuis 9 ans les victimes de ces attentats attendent désespérément l'extradition de Rachid Ramda, refusée par la Grande-Bretagne sous différents prétextes. La décision revient désormais à M. David Blunkett, votre homologue britannique, M. le ministre. Soyez notre interprète auprès de lui pour que celui qui est soupçonné d'avoir financé les attentats de 1995, à Paris, puisse enfin être jugé en France.
Nous sommes plus que jamais persuadés que la justice, lorsque la prévention a échoué, reste la seule réponse digne des Etats démocratiques.
Hostiles à la peine de mort, nous voulons cependant que justice soit rendue, que tous les auteurs de crimes graves soient poursuivis et jugés, y compris les Chefs d'Etat en exercice. La raison d'Etat et la logique économique ne doivent plus être opposées aux victimes.
Ainsi, aujourd'hui, 19 septembre, 14 ans après, sont réunies des familles de l'attentat du DC 10 d'UTA. Elles ont souffert et souffrent encore.
Pour S.O.S. Attentats et la plupart des familles, la lutte contre le terrorisme passe par la fin de l'impunité. Dans le dossier de l'attentat de Lockerbie, seul un maillon a été condamné, sans que la justice écossaise puisse remonter la chaîne des responsabilités.
Dans l'affaire du DC 10, la justice française a mis en exergue quasiment toutes les responsabilités. La Cour d'assises de Paris a prononcé six condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité contre des citoyens libyens. Malheureusement sa décision n'est pas effective. C'est notre plus grand regret. Certains d'entre nous ont pensé que la Libye devait réparer. Des négociations ont lieu et nous espérons qu'elles aboutiront comme prévu dans un mois, soit avant le 10 octobre, comme la Libye s'y est engagée.
Nous remercions le Gouvernement français et plus particulièrement le ministre des Affaires étrangères pour son soutien moral et matériel.
Mais cet accord, si nous le souhaitons, ne saurait en aucun cas être interprété comme une renonciation de notre part à ce que la justice soit effective. Nous n'avons pas l'intention de brader la mémoire de nos morts.
Tels sont nos combats, mais nous devons aller plus loin encore.
En effet, au-delà de ces tragédies et face aux multiples menaces, nous sommes très préoccupés. Il faut maintenant œuvrer pour l'avenir, pour prévenir et pour guérir. La lutte contre le terrorisme présente beaucoup trop de lacunes et de retards.
S.O.S. Attentats constate, malgré la volonté des Etats, le manque d'efficacité de la coopération policière et judiciaire au plan international. Face à la mondialisation du terrorisme, il faut harmoniser les réponses.
En Europe, l'existence de frontières judiciaires s'oppose au bon fonctionnement de la justice, à la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité ; elle favorise l'impunité en créant des sanctuaires.
Nous espérons que le mandat d'arrêt européen qui sera mis en place à partir de janvier 2004 sera effectif et appliqué dans tous les pays de l'Union européenne.
Au plan international :
la Cour pénale internationale enfin opérationnelle, doit être un instrument de lutte contre tous les crimes internationaux graves y compris le terrorisme qui doit absolument entrer dans la compétence de cette juridiction.
S.O.S. Attentats participe à tous ces débats internationaux.
Suite à la publication du Livre noir en février 2002, notre association publiera en novembre 2003, grâce à un co-financement de la Commission européenne dans le cadre du programme Grotius pénal, un nouvel ouvrage intitulé « terrorisme, victimes et responsabilité pénale internationale ». Ce livre sera publié en français par Calmann-Levy et en anglais. Des extraits en italien et en espagnol seront également mis en ligne sur notre site Internet. Cet ouvrage collectif qui réunit 38 contributions émanant d'experts, de juristes et d'universitaires, fait notamment le point sur les législations pénales de chaque Etat membre de l'Union européenne. Il s'interroge aussi sur les perspectives en vue de parvenir, un jour, à une harmonisation internationale de la réponse au terrorisme et au traitement des victimes. Il devrait enfin permettre de faire avancer la justice pénale internationale dans le plein respect des droits de l'homme.
Sur la base de ces travaux, nous ferons des propositions à l'ONU puisque S.O.S. Attentats a obtenu la qualité d'Organisation Non Gouvernementale avec statut consultatif afin de faire entendre la voix de toutes les victimes au niveau international.
Mais pour continuer à mener son combat contre le terrorisme, S.O.S. Attentats a besoin du soutien des entreprises françaises, privées et publiques. Les cotisations des victimes et les dons des particuliers ne suffisent plus à poursuivre notre mission de service public. Il nous sera difficile, sans aides conséquentes de continuer à défendre les intérêts des victimes du terrorisme.
En France, les Pouvoirs publics sont les garants de la sécurité des citoyens, première des libertés. Nous attendons d'eux qu'ils comprennent mieux nos difficultés au quotidien en inscrivant, dans la durée, les subventions qu'ils nous accordent. En effet, nous ne pouvons anticiper sur les événements, il nous faut donc pouvoir nous appuyer sur une aide pérenne de l'Etat.
Ainsi, S.O.S. Attentats pourra développer ses activités et ses objectifs pour continuer à assurer la défense de la société face à la menace terroriste.
Pouvoirs publics et société civile doivent travailler ensemble M. le ministre de l'Intérieur, aidez-nous à poursuivre notre tâche.
14 août 2007 à 14:12Ajoutez un commentaire
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